Les familles qui portent ces noms ont un boulanger parmi leurs lointains ancêtres. Au moyen âge le fournier (en français) ou le fornâi (en patois) était l’homme qui mettait les miches à cuire dans le four communal. Le terme boulanger, lui, dérive d’un mot limité au nord de la France (Picardie, Normandie). C’était celui qui cuisait les boules (boles) de pâte et qu’on nommait le bolenc. Par analogie aux autres noms de métier on lui a ajouté la terminaison –ER, qui est en fait un pléonasme.
Le fornâi dialectal est à l’origine des Forney de Bex, Lavaux et Romont. Des variantes diminutives ou ironiques expliquent les Fornet genevois, les Fornerod et Fornallaz vaudois et fribourgeois ainsi que les Fornachon surtout neuchâtelois.
Ces noms issus du patois n’existent pas en Valais, où jusqu’à très tard les curés et notaires ont écrit exclusivement en latin. Ils ont dû traduire votre nom en Pistor. Et lorsqu’ils ont abandonné le latin, ils se ont alignés sur l’Hexagone et ont francisé votre nom en Fournier.
Comme mot commun fornyé n’existe plus dans le dialecte de Nendaz. Il est remplacé par un bouandjyé refait sur le boulanger parisien. Les rares Forny du Haut-Valais descendent sans doute d’un ancien fournier de la région de Loèche, encore romande à la fin du moyen âge. Les Pannatier valaisans ont la même signification.
Certaines familles Dufour peuvent aussi descendre de boulangers. Mais la plupart ont sans doute un ancêtre qui, dans son village, habitait à côté du four banal.
Quant aux rares Fornage valaisans, ils descendent d’un homme chargé de percevoir les taxes pour l’usage du four banal et de les transmettre au seigneur. Il devait souvent être identique au fournier.
Les pendants allemands sont notamment Beck, Becker et Pfister(du latin pistor), auxquels font écho les Forni italiens et les Baker anglo-saxons.
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