Pas de pitié pour le Haras national d’Avenches! Berne a confirmé mercredi son intention de couper la contribution de 6 millions de francs allouée chaque année à la Mecque du cheval (24?heures d’hier). Pourtant, dans le milieu équestre, l’annonce suscite plus d’espoir que de découragement. «On ne peut qu’être déçus que le Conseil fédéral campe sur ses positions, mais le message comporte une nouvelle ouverture qui nous réjouit», commente Stéphane Klopfenstein, président de la Fédération d’élevage du cheval franches-montagnes. Car dans son annonce, le gouvernement précise qu’il soumettra aussi au parlement «une proposition modifiée concernant cette mesure, sur la base d’une solution élaborée en commun avec la branche». Concrètement: aux différents acteurs de la filière cheval de se mettre d’accord sur un autre projet, s’ils veulent éviter la fermeture ou la privatisation totale vers laquelle se dirige le seul haras du pays.
Action symbolique
A la tête de la Fédération suisse des sports équestres, Charles Troillet pense que le salut du haras se trouvera dans une version allégée de l’institution. «Par exemple, en maintenant le haras au sein d’Agroscope Liebefeld-Posieux ( ndlr: la station fédérale spécialisée dans la production animale), mais en déléguant ou supprimant certaines tâches.» Mais pas question de sabrer sans discernement dans les activités. «Il faut absolument maintenir le soutien à la race franches-montagnes, ainsi que la recherche et la formation», souligne ainsi Charles Troillet. Un avis partagé par les éleveurs. «Le haras ne doit pas réduire ses prestations. Par contre, il pourrait augmenter ses tarifs et rechercher de nouveaux fonds», estime Stéphane Klopfenstein.
Le projet est en cours d’élaboration entre les différents acteurs de la branche et l’Office fédéral de l’agriculture. Il sera ensuite transmis aux commissions parlementaires. Pendant ce temps, les amis du cheval comptent bien intensifier leur campagne de sensibilisation. «S’il le faut, nos syndicats d’élevages pourraient intervenir lors d’une action symbolique», prévient Stéphane Klopfenstein.
La grande bataille des petites lignes de bus continue
Point le plus controversé du programme d’économies du gouvernement, les coupes dans les subventions pour le trafic régional touchent durement le canton. Sur les 80?lignes menacées en Suisse, 26 sont vaudoises. Il s’agit de liaisons par bus, principalement des bus postaux. Chef du Département des infrastructures, François Marthaler ne s’attendait pas à un miracle. «Le Conseil fédéral ne pouvait pas se désavouer sur un point, sans céder sur les autres. La vraie bataille va avoir lieu devant les Chambres fédérales.»
Les cantons, Vaud et Valais en particulier, ont commencé un intense lobbying depuis plusieurs semaines pour convaincre les parlementaires de dire non aux économies sur le dos du trafic régional. «On va se battre de manière féroce», annonce François Marthaler. L’enjeu est de taille. Après les bus, beaucoup suspectent le Conseil fédéral de vouloir s’attaquer, une fois de plus, aux petits trains.
M.-S. P.
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