SÉCURITÉ

Sous le feu des critiques, la police de Morges réagit

Par Laurence Arthur le 10.03.2010 à 00:03

A l’heure du rapport annuel de la police municipale, le commandant Philippe Desarzens a évoqué les sous-effectifs persistants de la police et la mission régionale de plus en plus complexe.

Il y a une semaine, la police et son chef ont subi un tir de barrage des conseillers communaux. Ces derniers insistaient pour obtenir des détails sur les interventions des forces de l’ordre et ont fixé un délai au mois de septembre pour avoir ces informations.

Hier soir, face à ses hommes, le commandant Philippe Desarzens commentait son rapport annuel. Comme à l’accoutumée ou presque, vu le contexte politique tendu. En effet, les élus reprochent à la police un manque de présence sur le terrain. Dans son discours, le commandant a conclu en un cri de défense: «La vox populi, c’est elle qui a raison ou qui croit avoir raison, c’est elle qui nous critique, c’est elle qui blesse, c’est elle qui nous encense, c’est elle qui nous paie… et c’est à elle que nous devons des prestations de qualité, de la proportionnalité dans nos actions, du bon sens et du fair-play, des interventions gérées avec rigueur et droiture.»

Méconnaissance du terrain
A l’heure de l’apéritif, les agents ont regretté la méconnaissance des politiciens. «Nous n’avons pas de contact avec les élus. En revanche, j’ai le sentiment que la population, témoin de nos interventions, nous comprend», relève le sergent Christian Tamagni.

La difficulté du métier et le manque d’effectif sont unanimement invoqués comme réponse aux reproches du Conseil communal: trop de patrouilles en voiture et pas assez à pied ou à vélo. L’appointé Joël Adenot, responsable de la brigade à vélo, précise: «On nous accoste dans la rue, nous accusant d’être des flemmards. Mais il faut savoir qu’à Lausanne la brigade spécialisée à deux-roues ne fait que ça. Ce qui n’est pas notre cas. Personnellement, la patrouille à vélo me plaît, car les passants nous arrêtent pour bavarder, ce qu’ils ne font pas lorsque nous sommes à pied. Sur la plage de Préverenges, cela fonctionne particulièrement bien, surtout auprès des jeunes. Mais parfois, comme en cas d’accident, on doit être en voiture, car il faut être rapide et disposer du matériel.»

Le sentiment d’insécurité? «Il est flou...» Faudrait-il mieux communiquer? «Sans doute», approuvent les agents. Les policiers se rallient même aux conclusions du Conseil communal, qui avait jugé superflue la dépense de 69?000?francs pour une enquête téléphonique auprès de 800 habitants. «Mais, bien sûr, nous avons toutes les informations concernant les préoccupations de la population. Nous pouvons répondre aux questions que pose le milieu politique», rassure le sergent Christian Tamagni. Rendez-vous en septembre.

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