Economie domestique

Les femmes de ménages enlisées dans le travail au noir

Par Pascale Burnier le 21.08.2011 à 23:00

En Suisse, quelque 80?000 femmes de ménage ne seraient pas déclarées. Une entreprise, sise sur Vaud, veut contrer cette tendance.

Crisitina se confie sans lâcher son chiffon. Elle astique l’évier, s’empare énergiquement de l’aspirateur, et déplace aussi vite son bébé de 6?mois dans une autre pièce. Deux heures de ménage par semaine dans cet appartement, et quatre dans un autre foyer lausannois permettent à cette Portugaise de 25?ans de gagner le minimum avant de trouver un meilleur emploi. «Je suis déclarée par un seul de mes patrons. Les deux me paient 25?fr. de l’heure, mais quand je suis déclarée, il ne
me reste que 20?fr. Alors je préfère être au noir.»

Placardées dans les rues lausannoises, des affiches au nom de putzfrau.ch annoncent une nouvelle venue dans le milieu. Cette entreprise entend contrer le travail illégal en mettant à disposition des femmes de ménage formées, titulaires d’un titre de séjour, tout en gérant les démarches administratives pour les déclarer.

Un carton en Suisse allemande puisque 10?000?foyers ont déjà adhéré au concept. «Nous voulons créer des conditions acceptables pour ces femmes de ménage et lutter contre le travail au noir, explique Marc Espirito, responsable romand. Les gens ne se rendent pas compte des risques qu’ils prennent à ne pas les déclarer. Et ils ne leur rendent pas service puisqu’elles n’ont droit à aucune assurance sociale.» Mais la légalité et le service sur-mesure de putzfrau.ch ont un prix: 39?fr. de l’heure. En moins de six mois, l’entreprise a quand même convaincu 120 clients vaudois et genevois.

Déclarées, une minorité
En Suisse, sur les 125?000 femmes de ménages actives, 65% travailleraient au noir. Une estimation réalisée par le syndicat Unia après recoupement de plusieurs études sur le sujet. Depuis le 1er janvier 2008 et l’entrée en vigueur de la loi sur le travail au noir, la lutte s’est, certes, renforcée. Mais les contrôles restent délicats (lire encadré) etle travail au noir bien implanté dans les mentalités. L’utilisation des chèques emplois, qui facilitent le paiement des assurances sociales par l’employeur, a augmenté dans le canton de Vaud.

L’an dernier, 3400?employeurs utilisaient ce système. «La lutte contre le travail au noir des femmes de ménage fait son chemin», constate Clotilde Fischer, responsable vaudoise du projet chèques emplois à l’Entraide protestante (EPER). Mais les employées de maison déclarées restent une minorité.»

Dans les petites annonces, les offres de femmes de ménage pullulent. Sur une dizaine contactée, la moitié se révèle sans-papiers. Neuf sur dix affirment travailler au noir. Maria, Portugaise de 43?ans, n’a que ce job pour survivre. «Je ne peux pas travailler à la Migros parce que je ne sais pas calculer. C’est la honte. Alors je fais le ménage. Je préfère être déclarée, mais si je n’ai pas assez de travail, j’accepte aussi au noir. Ce qui est bien quand le travail est légal, c’est qu’on est plus cool, on n’a pas peur que les voisins nous repèrent. Les patrons, eux, ils préfèrent qu’on soit au noir. Souvent, ils disent: «c’est plus simple pour tout le monde.»

Travail au noir par peur
Des employeurs sans scrupule, mais pas seulement. Plusieurs femmes confieront clairement préférer travailler au noir par appât du gain. Parfois par peur. Un
sentiment qui règne dans la discrète nébuleuse des femmes de ménage sans-papiers.

Pour Clotilde Fischer, c’est toute l’importance de la formation. «Il faut sensibiliser au maximum les femmes de ménage et leur expliquer pourquoi elles doivent avoir une couverture sociale et l’AVS. Y compris pour les sans-papiers. C’est pour cela que nous organisons des cours.» Un calcul avantageux sur le long terme, mais parfois difficile à percevoir au jour le jour. «Certains employeurs râlent car ils doivent payer les charges sociales. Alors il paie moins l’employée de maison, pour qu’elle participe aux cotisations.»

Cumuler les employeurs
Le travail au noir, une sombre et discrète économie qui pousse certaines vers l’esclavagisme. Tatiana l’a vécu: un salaire de 800?fr. par mois pour un poste à 100% chez une famille. Dans un parc lausannois, la Moldave de 37?ans confie devoir cumuler les patrons pour arriver à 8?heures de nettoyage jour, 5?journées par semaine.

Etre déclarée? Elle y a à peine songé. «Comme beaucoup d’autres», glisse-t-elle. «Moi, quand j’ai besoin d’argent, je viens quelques mois en Suisse. Ensuite, je repars. Tout le monde fait ça dans les pays de l’Est.» Tatiana n’est plus dupe, elle ne travaille pas à moins de 25?fr. de l’heure. Mais elle connaît l’âpre guerre entre les pros du nettoyage. «Il faut être très douée et rapide, parce qu’il y a beaucoup de concurrence. Certaines cassent les prix, jusqu’à 10?fr. de l’heure.»

Cette année, Tatiana a décidé de raccrocher. «Les Suisses ne veulent pas faire ce travail, mais nous, on le paie avec notre santé.»


Grands risques, maigres contrôles

Le travail au noir est illégal, mais comment appliquer les lois au cœur des foyers? «Nous contrôlons environ 1600 entreprises par an, explique François Vodoz, adjoint au Service de l’emploi. Mais il y a des limites à l’application des lois dans le secteur de l’économie domestique. Nous ne pouvons pas rentrer chez les gens, sous peine d’une violation de domicile. Les contrôles sont donc difficilement réalisables.» Et de préciser que la chasse au travail au noir au sein des foyers vaudois ne fait pas partie de leurs objectifs assignés. «Nous réagissons aux dénonciations. S’il y a suspicion, nous ouvrons donc une instruction.»

Pour l’employeur qui se ferait pincer, les conséquences peuvent pourtant être lourdes. Si l’employée n’a pas de permis de séjour, l’employeur peut être dénoncé pénalement par le Service de l’emploi. Il peut également recevoir des amendes importantes. «Comme nous transmettons ce type de cas à la caisse AVS et à l’administration fiscale, l’employeur risque également d’avoir des amendes et des plaintes pénales émanant de ces autorités.» Ces sanctions ne concernent pas le travailleur au noir. Toutefois, s’il n’a pas de titre de séjour valable, il risque le renvoi. Ainsi qu’une amende.

quelles etudes ont-elles faites pour avopir un salaire pareil???
Meme une simple employee de bureau n'a pas ce salaire..
de qui se moque-t-on ????

Parce que pour vous 25 CHF de l'heure est un gros salaire ?
En Europe de l'Est c'est peut-être un bon salaire mais en Suisse certainement pas, ouvrez les yeux !

Je confirme. Sur Vaud, une employée de commerce CFC de 35 ans n'a pas ce salaire net.

Réceptionniste junior, 100%, Genève, trilingue, 3500 brut. Je vous laisse faire le calcul pour le salaire horaire! Et ce n'est pas du noir, donc n'oubliez pas les impôts.

J'ai travaillé durant plusieurs années en temporaire après l'obtention de mon CFC (donc qualifié) faute de trouver un poste fixe dans ma branche, bien que sorti dans les 3 premiers du canton aux examens finaux. Mon salaire horaire oscillait entre 23-27 chf brut de l'heure vacances et 13ème salaire inclus.
Après cela, durant mes études, j'ai travaillé comme vendeur auxiliaire dans un grand magasin payé 18chf brut de l'heure.
Bienvenue sur terre Djib!!!

Il faut comparer ce qui est comparable. Une femme de ménage travail 2 heures chez monsieur X avant de se déplacer chez madame Y pour une heure de travail et ainsi de suite. Dans ces conditions, il est quasi impossible de faire un 40 heures par semaine. Et au noir, c’est rien pour la retraite, rien en cas de maladie ou accident.
Mais si votre 8h-17h dans votre petit bureau devant un ordi ou un téléphone ne vous convient pas, vous pouvez toujours vous lancez dans une carrière de femme de ménage ! Je parie qu’après un jour vous serez de retour à votre petit bureau !

L'article décrit bien les ménages comme des employeurs... Sauf les ménages sont les seules créateurs d'emplois qui ne sont pas autorisés a déduire ces dépenses de leur revenu! Si ont introduisait ceci, comme en Allemagne, non seulement cette situation mauvaise serait résolu, mais beaucoup plus d'emplois seraient disponible dans les foyers. Comme c'est aujourd'hui pour payer une femme de ménages ou un jardinier 100, il faut soit même en gagner 150 chf... Et le fisc impose deux fois ce montant. C'était quoi déjà l'excès du canton de M. Broulis? 500 mio?

Ce qui devient complètement débile, c'est qu'il faudra bientôt un CFC pour se faire engager comme femme de ménage, concierge ou maman de jour... une FORMATION pour poutzer le caca, faut arrêter le délire !

Surtout maman de jour! Il faudra bientôt qu'une grand mère passe des examens pour qu'elle ait le droit de garder ses petits enfants.
Comme quoi le business des crèches avec ses 1 éducatrice pour 2 enfants et 1 directrice pour 2 éducatrices est un sacré bon business pour certains...

Il est intéressant de noter que ceux qui réclament toujours plus de cotisations en tout genre sur les salaires, sont les mêmes qui ensuite se plaignent qu'un trop grand nombre de personnes ne déclarent pas leur travail.

Encore un article partial fait à la va vite. La plupart des femmes de ménage au noir y trouvent leur compte : pas d'impôts à payer ... Les 39 fr. de l'heure n'iront certainement pas à la femme de ménage, mais à la société qui va encaisser la différence. Faire travailler les autres a toujours été lucratif (v. Adia Interim et la richesse emmaagasinée par son fondateur sieur Lavanchy ...).

En tant que fiduciaire je reste estomaqué! 1: si l'Etat veut faire des contôles qu'il commence (et je l'ai fait un temps...) par les sociétés de nettoyage. Le salaire brut oscille entre FS 18.00 et FS 30.00 /heure. Oui, l'AVS, la LAA et tout le reste ne bougent pas en voyant de tels salaires horaires. C'est pourtant d'abord vers les "professionnels" qu'il faut pêcher?! Car comme "Franci" l'explique très bien, ces sociétés peuvent déduire les charges salariales. Pas le pékin ordinaire. 2: FS 39.00 de l'heure? Combien de gens avec CFC aimerait gagner un tel salaire horaire? Je ne dis pas que ce salaire est indécent, mais il doit être cohérent avec les salaires, hélas souvent faibles, accordés à bien des personnes qui ont des CFC, des familles à nourrir.
3: trouver une femme de ménage qui veut être déclarée? Cela fait des années que nous en cherchons pour certains clients. Et à FS 33.00 brut/heures.

Légalisons plutôt la possibilité de travailler sans taxes ni cotisations jusqu'à x milliers de francs par an. Faire des formalités pour par exemple 4 heures par mois est une imbécilité. Quant à payer 39.- l'heure à une entreprise qui ne reversera probablement même pas 25 à la femme de ménage, simplement pour quelques minutes de formalités standardlsées sur ordinateur, c'est du parasitisme. Cherchons plutôt le travail au noir institutionalisé à grande échelle sur les chantiers et dans les hôtels.

Le jour oú j'ai averti ma femme de ménage que j'avais l'intention de la déclarer, elle m'a tout de suite répondu qu'elle préférait démissionner.

ça me dégoute moi qui suis taxé aux impôts un maximum car marié sans enfants, ces gens font peut être un sale boulot, mais y faut arrêter cette >Suisse, j'en ai ras le bol de ces magouilles , ce travail au noir et ces profiteurs qui touchent encore le chômage, le social etcc... , ça suffit y en a marre !!!!

La seule solution, c'est la dénonciation.

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