MÉTAMORPHOSE

Un écoquartier pour résoudre la crise du logement

Par Julien Pidoux le 27.08.2009 à 00:02

Sur le plateau de la Blécherette, Lausanne veut implanter un quartier durable de 2500 logements. De quoi attirer au nord de la ville près de 6000 nouveaux habitants. Suffisant pour juguler la crise immobilière?

S’il y a bien un terme que le Service du logement ne veut plus voir associé au futur écoquartier prévu le long des Plaines-du-Loup, c’est celui de bobo, ou bourgeois bohème. Que cela soit clair, la ville le crie haut et fort, elle ne veut pas en faire un «ghetto doré». Entre la Pontaise et la Blécherette, les autorités veulent certes un quartier à haute valeur environnementale, mais qui soit aussi exemplaire au niveau de la mixité sociale et culturelle.

«Nous allons tout faire pour que la classe moyenne puisse venir ici», assène Elinora Krebs, la cheffe du Service du logement et des gérances, grand pilote du projet d’écoquartier.

En clair, les familles gagnant moins de 100?000?francs par an seront les bienvenues. Idéalement, ils devront même composer les 40% des futurs habitants. Un chiffre ambitieux, lorsque l’on sait que, dans le centre-ville, on atteint avec peine les 30%.

C’est que cette catégorie d’habitants – et de contribuables – a tendance à fuir la ville, qui n’offre aujourd’hui quasiment plus de logements leur convenant. Et la crise immobilière n’a fait qu’accélérer le phénomène.

Une pénurie «trop forte»
En mettant rapidement sur le marché près de 2500 logements, la ville entend ainsi résorber une partie de cette pénurie aiguë. «Avec des projets immobiliers actuels, comme à Victor-Ruffy, avec 64?logements, ou à Provence, avec 115?logements, on n’y arrive pas, la pénurie est trop forte, car l’arc lémanique reste une région intéressante, explique Elinora Krebs. Avec cette opération, c’est la première fois que l’on va mettre autant de logements en même temps sur le marché.»

Mais le futur quartier durable ne va pas se faire en un seul temps. Si l’initiative échoue, le concours d’urbanisme devrait être lancé avant la fin de l’année, avant l’établissement d’un plan partiel d’affectation (PPA), puis de divers concours d’architecture.

En clair, les premières constructions pourraient démarrer en 2012 déjà. Un premier noyau de quartier – environ 300 logements – verrait ainsi rapidement le jour. Le stade de la Pontaise ne serait pour sa part pas touché avant 2015.

Réhabiliter l’existant
Le principe d’écoquartier n’est pas remis en cause par les initiants, même s’ils prônent davantage une réhabilitation des quartiers existants, comme à Bois-Gentil, ou davantage de logements au sud, à la place du stade de foot voulu par la ville. «Des quartiers écologiques, quelle que soit la forme qu’ils prennent, peuvent et doivent trouver leur place à Lausanne», a rappelé Axel Marion, conseiller communal PDC, qui a rejoint les rangs du comité de soutien à l’initiative.

Mais la ville a déjà prévenu: avec moins de logements, un tramway comme certaines installations publiques (une école notamment) seraient plus difficilement justifiables.

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