CONFUSION

Un «oui» pour dire «non» et un «non» qui dit «oui»

Par GÉRALD CORDONIER le 24.09.2009 à 00:01

De nombreux électeurs semblent se tromper pour défendre, dimanche, leur intention de vote sur l’initiative dite «des deux stades». Le résultat des urnes, quel qu’il soit, s’annonce très difficile à décoder.

«En tenant nos stands au marché, on s’est rendu compte que beaucoup de gens qui souhaitent sauver la Pontaise ont glissé un «non» dans leur enveloppe de vote, remarque le passionné de football Julien Frutig. C’est très bien pour nous parce qu’en réalité cette réponse appuie le projet municipal.» Mais, à l’inverse, reconnaît le Lausannois très investi pour encourager la construction d’un nouveau stade de football au sud de la ville, «beaucoup souhaitent dire «oui» à Métamorphose, sans se rendre compte qu’ils soutiennent en fait l’initiative pour tout garder au nord.»

C’est dans la plus grande confusion que les contours de la révolution urbanistique prévue pour la ville pourraient se décider. Une réalité qui, depuis le début de la campagne, inquiète grandement la classe politique lausannoise. Un brouillamini qui pourrait, surtout, renverser d’un côté ou de l’autre le résultat d’un vote annoncé déjà comme très serré.

De son côté, Daniel Brélaz n’hésite pas à avancer le chiffre de 25% d’erreurs, avec un quart d’électeurs qui, au final, se tromperaient par rapport à leur véritable intention de vote. «En la matière, je n’ai ni les compétences ni la longue expérience du syndic, avance le secrétaire municipal Philippe Meystre. Mais c’est vrai qu’après le 27, on ne saura peut-être jamais ce que souhaitaient exactement les Lausannois. Il faudrait sondage d’opinion au sortir des urnes pour éclaircir cette question.»

Seule certitude, à trois jours du scrutin: le petit taux de participation par correspondance déjà comptabilisé par le greffe municipal. Mardi soir, à peine un quart des électeurs avaient déjà renvoyé leur matériel de vote. «Il s’agit d’une votation communale à laquelle les étrangers peuvent participer. Par manque de comparaison, je ne peux en tirer aucune conclusion, relativise Philippe Meystre. Si retard il y a, le nombre d’enjeux – communaux, cantonaux et fédéraux – l’explique peut-être.»

Des initiants très sereins
Le comité d’initiative, pour sa part, reste très serein face à l’ambiguïté qui règne autour de la votation. «Il semble quand même que les gens réfléchissent avant de voter et ceux qui ne savent pas quoi répondre nous appellent, assure Jacqueline Audemars. Je leur explique que s’ils veulent sauver la Pontaise, ils doivent répondre oui.» Une simplification qui – si elle a l’avantage de préciser le point de vue des initiants – irrite fortement la Municipalité: le texte précis soumis dimanche ne porte pas sur une rénovation de l’arène sportive. Le sort des urnes sera, quoi qu’il en soit, un signal fort pour montrer ou non l’attachement des Lausannois à leur stade olympique.

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