Transport

TL: un différend syndical se mue en conflit politique

Par Justin Favrod le 28.07.2011 à 23:00

Un chauffeur a reçu un blâme de la direction des TL. Les actions de soutien s’enchaînent.

Il se peut que la direction des Transports publics de la région lausannoise (TL) s’en morde les doigts. Mais elle ne pipe mot. Cela commence en décembre 2010. Un membre du SEV, syndicat du personnel des transports, Aïssam Echchorfi, se voit reprocher ses actions de mobilisation par SMS, par courriers électroniques et par Facebook. Il reçoit un blâme avec menace de licenciement et ne bénéficie pas d’une augmentation à laquelle il avait droit en raison de son ancienneté.

Alors que le chauffeur TL recourt aux Prud’hommes, l’affaire prend une tournure politique: le SEV entend protéger son délégué, réputé pour sa pugnacité et populaire dans l’entreprise. Les premières négociations internes ne donnent rien. Le syndicat demande en vain et constamment l’intervention du comité directeur où siègent des élus de gauche.

Depuis, les actions publiques se multiplient. La dernière en date remonte à la semaine passée: chacun peut aller chercher une lettre sur le site du SEV et l’envoyer à son destinataire: le président du Conseil d’Etat, Pascal Broulis. La missive lui demande d’intervenir auprès des TL pour défendre la liberté syndicale. Ce n’est qu’un épisode.

Cascade d’actions
Le 1er mai, une banderole du cortège de la Fête du travail à Lausanne est dédiée à Aïssam Echchorfi. Peu après une pétition munie de 1020 signatures est remise à Anne-Marie Depoisier, présidente du conseil d’administration des TL et députée socialiste. Le 10 mai, une interpellation urgente suivie d’une résolution au Conseil communal de Lausanne est développée par deux élus syndicalistes. Le 12 mai, des tracts sont remis aux actionnaires des TL à la sortie de leur assemblée. Le 23 juin, séance de conciliation et petite manifestation sur la place Saint-François avec affichettes dans les bus.

Et ça continue le 27 juin: rassemblement devant le Tribunal des Prud’hommes. Début juillet, une grande affiche de soutien est collée près du dépôt TL de Perrelet. Enfin, le syndicat organise une manifestation à Malley le 14 juillet dans le cadre de la Gymnaestrada, avec distribution de tracts. Et le président de la section TL du SEV, Johan Pain, promet des actions «plus musclées» à la rentrée.

Au TL, la porte-parole Michelle Bohin insiste: «Il ne s’agit nullement d’un conflit avec le syndicat, mais bien d’une affaire de personnel et nous ne communiquons pas sur ces questions, d’autant moins lorsqu’elles font l’objet d’une procédure judiciaire. C’est aux juges de trancher.» Anne-Marie Depoisier dit en écho: «Laissons donc faire la justice.»

Le syndic de Lausanne, Daniel Brélaz, a défendu les TL en mai au Conseil communal: «Les droits des activités syndicales doivent être possibles en toute liberté. Mais cela implique des comportements corrects à l’égard de ses collègues.» Contrecoup de cette politisation ou rejet des méthodes d’Aïssam Echchorfi? Une dizaine de membres du syndicat ont démissionné ces derniers temps.

Cela ne décourage pas le moins du monde le syndicat SEV. Pour lui, les TL reprochent au chauffeur d’être un syndicaliste trop actif. Cette affaire est clairement politique, pas judiciaire. L’avocat du syndicaliste et député d’A Gauche toute!, Jean-Michel Dolivo, interprète: «A mon sens, c’est un nouvel épisode du long bras de fer entre les TL et le SEV.»

La décision du tribunal pourrait tomber comme un message. A supposer que le syndicaliste gagne, il apparaîtrait que les TL ont été trop restrictifs sur la portée à donner à la liberté syndicale. Et s’il perd? Le principal intéressé, Aïssam Echchorfi, promet que ce n’est pas fini: «J’irai jusqu’au Tribunal à Strasbourg et dénoncerai les TL pour entrave à la liberté syndicale auprès de l’Organisation internationale du travail.» Judiciaire et politique ne sont pas prêts d’être démêlés.

Pitié, ne tombons pas dans les excès d'autres pays où les syndicats ruinent les entreprises par leur manque crasse de sens de la gestion d'entreprise.

C'est exactement le genre d' "argument" que les patrons les plus ultralibéraux (= 90% des patrons), aiment entendre pour tenter d'obtenir des restrictions drastiques aux droits légitimes des Travailleurs ; ce sont les faux arguments qu'avancent ceux qui, justement n'en n'ont pas, genre UDC et autres mouvements liberticides.

Bel exemple d'intégration ! Maintenant la gauche contre la gauche.MDR "Aïssam Echchorfi, promet que ce n’est pas fini: «J’irai jusqu’au Tribunal à Strasbourg et dénoncerai les TL pour entrave à la liberté syndicale auprès de l’Organisation internationale du travail.»"

Contrairement à vous, Cher 3d6, ce monsieur a eu au moins le courage de ses opinions, que je partage. L'entreprise qui l'occupe est-elle bien dirigée ? >Posez-vous la question !

La liberté syndicale s'arrête aussi là ou la liberté des autres commence. Ce n'est pas parce que l'on est syndicaliste que l'on peut faire ch*** ses collègues en envoyant des sms et en les harcelant pour une cause qui est plus sienne que celle de l'ensemble des employés TL !

Vous me semblez être à la botte de votre dirlo. Je ne sais si vous vous rendez-vraiment compte de la situation. C'est Grâce à ce genre de démarche, peut-être à cette personne que vous aurez un jour un petit peu d'avancement. Mais probablement qu'en étant déjà un vieux, c'est fini pour ce genre "d'avantage".

L'article ne mentionne pas l'élément essentiel pour la compréhension du lecteur : l'objet concret et initial des revendications du SEV, et plus particulièrement de M.Echchorfi.
Apprendre qu'il ameute tout le monde sans qu'on sache pourquoi n'est pas vraiment utile pour se faire une idée...

Vous avez tout à fait raison, mais c'est malheureusement ce à cela que les journalistes pressé(e)s d'aujourd'hui ont prit la mauvaise habitude. Quand ce n'est pas de carrément copier-coller une info pas vérifiée d'une agence de presse ou d'autre journal.
Perso, je n'ai pas plus d'information utile maintenant qu'avant d'avoir lu l'article.

"ne bénéficie pas d’une augmentation à laquelle il avait droit en raison de son ancienneté": voilà bien un vieux mythe qu'il faudra abolir: pourquoi devrait être payé chaque année plus alors qu'au-delà d'un certain âge, pour beaucoup, nos forces et notre productivité baisse ? Et alors que c'est surtout jusque vers la cinquantaine, tant qu'on a des enfants à charge, qu'on a des besoins financiers importants ? En rétribuant selon la productivité et non selon le degré de vieillesse, on suit mieux la nature, qui donne plus d'énergie quand on en a besoin !

Juste pour "allumer" un peu: après 20 ans de services, ne serait-ce pas l'employé qui pourrait remercier l'employeur pour sa fidélité ?

Votre point de vu c'est un parmi d'autres qui pourraient en être discutés en démocratie. Personnellement, je ne suis pas en accord avec vous. Maintenant il faudrait voir de qu'elle augmentation ont parle, et dans quel secteur de l'activité économique. Si en moyenne après 50 ans les personnes sont moins 'explosives' en énergie, en moyenne aussi elles ont bien plus de connaissances et d'expérience pour faire progresser l'activité et/ou former les jeunes qui permettront la continuité donc, votre argument pourrait être assez faible.

Je suis d'accord que c'est un point de vue (et un point de vue que je n'aurais peut-être pas si j'étais employé). C'est vrai qu'il ne faut pas généraliser, l'expérience acquise après des années (j'ai bientôt 50 balais) est précieuse, elle peut compenser la perte d'énergie. Mais le "droit" a une augmentation pour le seul motif de l'ancienneté, je ne suis pas d'accord !

Cher Bibick, la jalousie est mauvaise conseillère. Avez-vous déjà, de près ou de loin, travaillé pour les TL ? La fidélité est une force pour une entreprise, c'est aujourd'hui de plus en plus rare. Et pour pour les employés de cette entreprise, c'est certainement difficile d'arriver à tenir sur la durée. Je vous assure, c'est pas la "JOYE".

Cher ProLEB, moi, jaloux ? Je ne crois pas. Indigné ? Oui. Non, je n'ai jamais travaillé aux TL, juste transporté des soldat en camion quand j'étais chauffeur militaire ;-) Trouvez-vous normal qu'une femme, à travail égal, gagne la même chose qu'un homme ? Oui ? Moi aussi. Alors je trouve aussi normal qu'un jeune, une fois qu'il connait son métier, gagne la même chose qu'un aîné. Le budget "salaires" d'une entreprise n'est pas extensible à souhait (hélas!). Il faut faire tourner la boîte avec une masse salariale donnée. Ce qui est donné en bonus aux anciens est donc en quelque sorte retenu aux jeunes. Ce que je trouverais juste: salaire identique pour tous et toutes dès quelques années de pratique, et une petite réduction de temps de travail pour les années précédant la retraite. Surtout qu'aux TL, on est dans une situation modèle où la prestation est quasi identique qu'on soit jeune ou grand-papa, ni l'un ni l'autre ne peut aller plus vite que l'horaire ! Une petite question pour finir (je ne veux vraiment pas être blessant): quelle est réellement la motivation à rester dans une entreprise qu'on estime (probablement avec raison) peu JOYEuse ? C'est vraiment un esprit de fidélité ? Bien amicalement, Bibick

Cette situation, sans en connaître la nature et le fond permet d'exprimer divers sentiments:
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le premier, un sentiment d'inquiétude. Faut-il toujours partager l'avis et suivre l'opinion de la majorité en place? Sans quoi, des représailles de toutes natures et en sous-oeuvre sont diligentées,
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le deuxième, un sentiment de ras-le-bol. Pourquoi le pouvoir en place exerce-t-il toujours des pressions pour faire taire ?
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Le troisième, un sentiment d'exaspération. Souvent ces pressions aboutissent. Les plaignants s'écrasent.
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Vive les démocrates!
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le....liste non exhaustive!

1. il suffit de connaître les barêmes et autres pratiques salariales de l'entreprise.

2. 20 ans dans une boîte c'est devenu rare aujourd'hui, donc l'employé mérite que sa fidélité soit récompensée par son employeur. Trop de sociétés n'en ont plus rien à F....E des collaborateurs fidèles et s'empressent de les virer lorsque l'occasion se présente afin de faire des "économies"

3. Il faudrait de plus savoir si cet employé harcelait ses collègues membres ou non du syndicat par ses messages. Si c'est le cas, je peux comprendre que la direction s'emmèle mais de là a allez au blâme...

La Direction tl veut tout contrôler, filmer, photographier et ficher son personnel! Elle encourage la délation entre les employés de l'entreprise. Mais, ce délégué syndical a été le meilleur élu à la dernière élection de la Commission du Personnel tl dans le secteur des conducteurs avec 75% des voix ! Le résultat est sans appel sur le soutien de ses collègues. Evidemment, il y a peut-être quelques employés à la solde de le direction de l'entreprise qui se sont plaints avec des sentiments islamophobe.

+-=

Je ne suis pas étonné du comportement de cette entreprise. Ce n'est vraiment pas la "JOYE" d'être traité de la sorte par une société qui se devrait de respecter ses employés. Le malaise est plus profond qu'il n'y parait. Après avoir essayé en vain de contacter à plusieurs reprises les TL pour les informer de diverses "annomalies", cette entreprise, par leur Directeur, n'a jamais daigné répondre. Donc il ne respecte personne, même pas son personnel. Cela me donne la nausée, que je nommerais JOYE! JOYE! JOYE!

Un employé a des droits...et des devoirs, les patrons égalements...il y a des failles des 2 côtés...

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