BANDE DESSINÉE

Pour Derib et Cosey, pas question d’interdire Tintin au Congo

Par Gilles Biéler le 14.05.2010 à 00:02

Alors qu’en Belgique, les tribunaux n’ont toujours pas statué sur l’interdiction ou non du second épisode des aventures du petit reporter, Cosey et Derib expriment leur inquiétude.

Il y a dans certaines rencontres de jouissifs retours en enfance. Qui plus est si c’est pour parler bande dessinée. Qui plus est avec deux bédéistes passionnés. Et tant pis si le sujet abordé ici passe certainement à des kilomètres des préoccupations enfantines.

Faut-il ou non interdire Tintin au Congo? Du vivant d’Hergé, le débat déjà faisait rage. Il rebondit aujourd’hui, alors qu’un tribunal bruxellois examine la demande de retrait déposée par un Congolais blessé par l’image «colonialiste et paternaliste» (Hergé le disait lui-même) donnée par ce second épisode des aventures de Tintin.

Réunis pour débattre de la question, Cosey et Derib, nos deux stars vaudoises des petites bulles, ne cachent pas leur agacement. «Lorsque je croise un croque-mort, je ne pense pas qu’il va prendre mes mesures à peine j’ai le dos tourné, note le papa de Jonathan. Malgré le fait que j’aie dévoré Lucky Luke quand j’étais enfant. Penser à interdire Tintin au Congo, c’est faire bien peu confiance à l’intelligence du lecteur…»

«Hergé n’était pas raciste»
Derib, qui nous accueillait dans sa maison des hauts de La Tour-de-Peilz, y voit, lui, le fait d’une minorité. «Il faut remettre les choses dans leur contexte. Hergé n’était pas raciste, mais il baignait dans une époque qui est aujourd’hui révolue. Et cette bande dessinée, je ne pense pas qu’elle heurte vraiment les gens! C’est quelqu’un qui a estimé qu’elle pourrait heurter et qui joue maintenant là-dessus.»

Reste qu’au-delà du débat, il y a, donc, cette rencontre. Ce retour aux sources pour Cosey, qui avait débuté dans la maison de Derib et qui n’y était plus revenu «depuis longtemps» (on n’en saura pas plus). Dans ces murs les deux compères ont passé sept ans à s’observer enfanter Buddy Longway pour l’un et Jonathan pour l’autre. Et malgré le temps qui passe, les deux amis n’ont rien perdu de leur enthousiasme pour la bande dessinée.

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