«Un désir de musée.» La phrase a tout du slogan. Lâchée au détour d’une interview avec 24?heures, début janvier, par la ministre vaudoise de la Culture, Anne-Catherine Lyon, la phrase tenait-elle de la réalité ou du… désir? L’amer échec du projet de Bellerive, le 30 novembre 2008, devait-il engendrer rapidement un nouveau dessein, ou, au contraire, sceller la fin de vingt ans de réflexion inaboutie? Désireuse d’aller de l’avant, et d’apprendre de certaines erreurs du passé, la conseillère d’Etat socialiste a mis sur pied un programme complet de consultation et de discussions pour que renaisse très vite l’ambition d’un nouveau Musée cantonal des beaux-arts.
Premier grand rendez-vous: ce soir, dès 19?h, à l’Aula des Cèdres de Lausanne, dont les 400?places devraient être bien garnies. Anne-Catherine Lyon invite en effet le public à un débat sur «les raisons du refus et les conditions du succès», qui verra une douzaine de personnalités disc
uter de l’opportunité de lancer un nouveau projet. A cette occasion, les résultats du vaste sondage que le canton a commandé pour comprendre l’échec du 30 novembre seront dévoilés. Anne-Catherine Lyon est soulagée: ils confirment qu’une grande majorité de Vaudois «désirent» un nouveau musée…
60% des Vaudois veulent une nouvelle proposition
La semaine dernière, avant mercredi, la ministre de la Culture était un rien nerveuse. Elle ne connaissait rien de l’enquête menée par l’institut GfS, et analysée par l’Institut des hautes études en administration publique (IDHEAP), qu’elle avait commanditée juste après le non au Musée de Bellerive, pour en connaître les raisons profondes. Mercredi, ses résultats ont été présentés au Conseil d’Etat. Anne-Catherine Lyon veut préserver la surprise aux participants au débat de ce soir. Mais, dans un sourire, elle lâche: «Nous pouvons aller de l’avant. Le désir de musée est bien réel.»
En chiffres, les 1509?personnes interrogées, représentatives de la population vaudoise, estiment à quelque 60% que les autorités cantonales doivent lancer une nouvelle proposition – une petite moitié de ces opinions positives estimant que cette relance est soumise à certaines conditions.
Un débat le plus ouvert possible
Du coup, on peut en déduire que c’est bien le projet de Bellerive qui a cristallisé les opinions, et pas l’idée qu’un nouveau Musée des beaux-arts est nécessaire au canton. Mais comment faire, désormais? Où situer le nouveau projet? Quelle philosophie architecturale lui conférer? Comment fédérer le canton autour d’une nouvelle proposition? Comment financer cet objet culturel? Autant de questions pour lesquelles Anne-Catherine Lyon sollicite un débat le plus ouvert possible. Ce soir, des représentants des quatre premières Municipalités qui ont fait acte de candidature (Lausanne, Yverdon, Montreux et Ollon), des personnalités de l’architecture et de l’urbanisme, des intellectuels engagés (Yvette Jaggi, Christophe Gallaz, entre autres) et le porte-parole des référendaires, l’écologiste Pierre Santschi, tenteront d’apporter les premiers éléments de réponse.
PRATIQUE
«Raisons du refus et conditions du succès», grand débat public ce soir, de 19?h à 22?h, Aula des Cèdres, avenue de Cour 33, Lausanne.Analyse du vote du 30 novembre dernier et du sondage de l’IDHEAP. Entrée libre.
PARTICIPANTS Table ronde animée par Thierry Meyer, rédacteur en chef de 24?heures, avec Yvette Jaggi (ancienne syndique, Lausanne), Ariane Widmer (cheffe de projet du Schéma directeur de l’Ouest lausannois), Bernard Attinger (ancien architecte cantonal du Valais), Francesco Della Casa (rédacteur en chef de la revue Tracés), Christophe Gallaz (écrivain), Philippe Kaenel (professeur d’histoire de l’art à l’Université de Lausanne), Jean-Bernard Racine (professeur honoraire de géographie urbaine à l’Université de Lausanne), Pierre Santschi (président du comité «Pas au bord du lac»), Silvia Zamora (municipale, Lausanne), Alain Mottier (président de l’Association des intérêts de Saint-Triphon, pour la commune d’Ollon), Pierre Salvi (syndic, Montreux) et Paul-Arthur Treyvaud (municipal, Yverdon-les-Bains).
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