Tous les arguments sont bons pour vendre aux Vaudois le projet du nouveau Musée cantonal des beaux-arts à Bellerive. Après une série de visuels alléchants, de présentation de toiles pour l’heure «cachées» et de débats, c’est au tour de la crise mondiale d’être appelée par le Conseil d’Etat au secours du projet de Bellerive.
Le ministre des Finances, Pascal Broulis, et sa collègue en charge de la culture, Anne-Catherine Lyon, l’ont martelé hier: économie et art sont intimement liés. Dire oui le 30 novembre au crédit d’étude de 390?000 francs pour la construction d’un nouveau musée à Bellerive, c’est participer à relancer une économie en perte de vitesse. «En période de crise il faut faire circuler l’argent, avertit Pascal Broulis. Investir dans un nouveau musée tombe à pic.» Et Anne-Catherine Lyon de rappeler que «du point de vue investissement et gestion, l’objet musée est totalement intégré dans la planification financière du Conseil d’Etat.»
Une certaine nervosité
Un argument appelé à rassurer les Vaudois qui craindraient que les 34 millions de francs promis par le canton pour la construction du musée (l’autre moitié provenant de fonds privés) ne plombent les finances. Mais aussi à convaincre de précieuses voix encore indécises. Car ce n’est un secret pour personne: l’issue du vote est incertaine. Le gouvernement le sait, et multiplie les actions en faveur de son projet, quitte à trahir une certaine nervosité dans sa communication.
La semaine dernière, par exemple, il jugeait, via un communiqué, «indispensable un rappel des réalités». En cause, la proposition des opposants de créer un musée Grand Rumine, place de la Riponne. «Ils veulent croire qu’il serait possible d’y construire des blocs à côté desquels la caricature qu’ils ont faite du projet de Bellerive est un modèle de légèreté», pouvait-on lire.
L’ambiance n’était pas meilleure quelques jours plus tôt, au bord du lac. Installée à l’emplacement du futur musée, la roulotte mise à disposition par la ville de Lausanne pour présenter le projet était saccagée (24 heures du 12 novembre).
C’est que le sujet est hautement émotionnel. Entre des Lausannois «traumatisés» par les divers ratages architecturaux de leur ville, des Vaudois «jaloux» du «tout pour la capitale» et une partie non négligeable d’indifférents, la pêche aux voix est ardue.
Une tournée peu suivie
Pas un hasard si les conseillers d’Etat, Anne-Catherine Lyon en tête, quadrillent le canton pour apporter la bonne parole et faire admirer aux Vaudois quelques-uns des chefs-d’œuvre qui seront exposés une fois le musée construit. La démarche ne semble toutefois pas attirer les foules. Jeudi dernier, seule une petite quarantaine d’Yverdonnois avait fait le déplacement pour écouter la ministre de la Culture et son collègue François Marthaler. «Les milieux culturels n’étaient quasi pas représentés, tout comme la Municipalité», regrette la présidente du Parti socialiste vaudois, Cesla Amarelle.
«Ce ne sont peut-être pas des auditoires pleins, mais cela permet d’amener un éclairage, contre Anne-Catherine Lyon. Les gens découvrent ensuite durant deux jours la maquette du musée et en parlent. L’important, c’est que tout le monde sait que nous nous rendons partout dans le canton.» Hier soir, la ministre terminait sa tournée à Aigle.
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