Il ne faut pas s’imaginer que les gens qui pratiquent le covoiturage se rendent à pied jusqu’à l’endroit où les attend la voiture du voisin ou du collègue qui va les amener sur leur lieu de travail. Venant souvent de villages éloignés du point de rencontre, ceux qui font l’effort de s’organiser pour n’utiliser qu’une voiture à plusieurs ont besoin de déposer la leur durant toute la journée dans un endroit où personne ne va leur chercher des noises.
La députée d’Ecologie libérale Isabelle Chevalley, membre fondatrice du dispositif e-covoiturage.ch, a approché la Coop qui dispose d’un superbe parking à Allaman, tout près de la gare, dans une région où les places non réglementées sont aussi rares que les morilles.
Flairant la bonne affaire en matière d’image et se munissant, dans la foulée, de quelques cartouches au moment où il faudra demander des places à l’Etat, le directeur de Coop Suisse romande, Raymond Léchaire, a tout de suite dit oui. «Notre action démontre qu’il est facile de développer des projets d’intérêt public et écologiques sans taxe, ni règlement, ni lenteur administrative», assène le directeur.
«Leur dire merci»
«Sur l’A1, une majorité de conducteurs roulent seuls, observe Isabelle Chevalley. Et ceux qui veulent laisser leur voiture aux parkings des gares CFF doivent payer sans être sûrs, au demeurant, de trouver une place. Or, lorsqu’un conducteur est d’accord de poser sa voiture, il faut lui dire merci et cesser de le traire!»
Depuis hier, dix-huit?places sont donc libérées, à disposition des covoitureurs dans le parking du centre commercial d’Allaman. Il leur suffit de s’inscrire sur www.e-covoiturage.ch et d’aller demander un macaron à la réception de la Coop, sur lequel ils inscriront le numéro de leur plaque minéralogique. Président de l’association e-covoiturage.ch, née en 2005, Jean-François Wahlen précise que c’est une expérience pilote qui pourrait faire école auprès d’autres centres commerciaux. Pour l’heure, 6000?personnes en Suisse sont inscrites à l’association écolo, se répartissant à 50/50 entre la Suisse romande et la Suisse allemande.
Le cas de Cossonay
Ce genre de parking reste une rareté. A l’Etat, ils ne sont pas recensés pour l’heure. Mais au Service des routes, le chef de la section signalisation, Franck Rolland, relève qu’il en existe au moins un à la jonction de Cossonay. «Le voyer avait remarqué que des voitures stationnaient tous les jours sur une aire non aménagée. Réalisant que les gens y laissaient leur voiture pour continuer à plusieurs dans une seule, nous avons agrandi le parking et mis un revêtement.» Après une petite enquête du service, il s’avère que ce parking gratuit d’une trentaine de places fait économiser quelque 340?000 kilomètres par an! Ce qui correspond à une non-émanation de 87?tonnes de CO2.
Franck Rolland fait toutefois valoir que ce type d’opportunité ne se présente pas souvent, a fortiori en ville: «Il n’est pas facile d’organiser ça en région urbaine. On ne peut pas vérifier si les gens font vraiment du covoiturage et des contrôles iraient à l’encontre de la spontanéité de la démarche.»