LICENCIEMENTS

Un conflit du travail agite les transports publics morgiens

Par LISE BOURGEOIS le 09.09.2010 à 00:01

Trois chauffeurs de bus viennent d’être licenciés. Ils jugent détestable le climat de travail et veulent le dénoncer sur la place publique. La direction réfute toutes les accusations. Le Tribunal des prud’hommes tranchera.

Au départ, il s’est battu pour recevoir des indemnités de repas auxquelles l’article trois de l’annexe six de la CCT (Convention collective de travail) lui donne droit. A l’arrivée, il est licencié pour incitation à la rupture de la paix du travail, utilisation illicite des canaux de distribution de l’entreprise, rupture du devoir de loyauté et diffamation.

Avec lui, deux autres chauffeurs ont reçu leur congé, pour des raisons différentes. Que se passe-t-il dans la maison MBC, à savoir la compagnie de transports Morges-Bière-Cossonay?

Les trois licenciés ne veulent pas que leur nom apparaisse: «Nous ne sommes pas là pour témoigner de notre cas, mais pour dire que ces licenciements représentent la pointe de l’iceberg.» L’iceberg immergé, ce serait une ambiance de travail calamiteuse avec une défense syndicale toute dévouée à la direction.

Ainsi, le représentant morgien du syndicat des transports SEV auxquel est affiliée une partie des chauffeurs a été d’accord de réécrire le fameux article contenu dans l’annexe de la CCT parce qu’il prêtait à interprétation. Au bout du compte, le nouvel article restreint les droits aux indemnités de repas.

Manque d’effectifs
Plus globalement, les insurgés dénoncent une pénibilité du travail due à un manque d’effectifs permanent. Cette pénurie induit des heures supplémentaires en nombre et la multiplication des services de grande amplitude, autrement dit d’un temps de disponibilité dépassant les 12?heures. Enfin, l’un des responsables du secteur routes terroriserait tout le monde, ajoutant ainsi au stress du travail. Des plaintes sont désormais déposées et l’instruction du Tribunal des prud’hommes va démarrer à la fin du mois.

Le directeur, Michel Pernet, reconnaît que le chauffeur licencié en tant que fauteur de troubles était légitimé au départ dans ses revendications: «Mais les moyens qu’il a employés par la suite sont sortis du cadre légal.» Sur la question des sous-effectifs, le directeur fait valoir un problème conjoncturel: «Nous avons eu de nombreux malades, dont certains très graves, durant ce printemps et cet été. Avec les trois licenciements nous manquons désormais d’un employé à 100%.»

Le directeur précise encore que le nombre de tours de service avec grande amplitude a été fortement diminué lors du nouvel horaire de décembre passé. Quant au responsable du secteur route accusé de mobbing par les licenciés, Michel Pernet se montre nuancé: «Je comprends qu’ils lui en veuillent pour n’avoir pas accédé à leurs demandes, mais pas au point d’éprouver de la haine.»

Le directeur se montre serein quant à la perspective d’en découdre devant les Prud’hommes: «Je ne suis pas inquiet car j’ai le soutien du syndicat.»

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