CIRCULATION

Les commerçants inquiets face à un centre-ville piéton

Par GÉRALD CORDONIER le 10.10.2009 à 00:08

La Municipalité a présenté son prochain grand chantier: rendre l’axe Chauderon - Saint-François accessible uniquement aux trolleys, vélos et piétons. Réactions mitigées du côté des gérants de boutiques, de centres commerciaux et d’hôtels.

«Vous me demandez si les commerçants sont ravis d’apprendre que la Municipalité compte chasser complètement la bagnole du centre-ville? Cette décision va couper totalement Lausanne en deux! Pourquoi veut-elle faire mourir la ville et les commerces qui sont le nerf de la vie économique du centre?» La présidente de l’Association des commerçants lausannois (ACL) est hors d’elle. Au point de prévoir déjà un référendum si le nouveau plan municipal d’aménagement piéton de l’axe Chauderon – Saint-François passe toutes les étapes politiques? Martine Fiora ne connaît pas encore la riposte qui sera faite au chamboulement de circulation prévu par Daniel Brélaz et ses collègues. Elle attend d’en discuter avec son comité. Sans parler qu’aucune information officielle n’a encore été faite aux boutiquiers, hôteliers et gérants de magasins: la première rencontre n’est pas agendée avant mercredi prochain.

«Personnellement, je n’ai reçu aucune invitation, et nous n’avons encore jamais été consultés ni informés de ce qui se préparait», regrette, lui aussi, Jean-Jacques Gauer, directeur du palace installé à la rue du Grand-Chêne, qui restera le seul axe automobile est-ouest autorisé à travers le centre-ville ( 24?heures d’hier). J’attends d’en savoir plus, mais en tant qu’enseigne touristique importante, c’est clair que je ne me réjouis pas d’avoir une autoroute devant la maison. Faudra-t-il transformer le palace en restoroute?»

Engorgements de trafic annoncés?
La plupart des marchands lausannois ont découvert, hier dans la presse et avec plus ou moins d’inquiétude, le projet municipal de dédier le cœur de la cité essentiellement aux piétons, aux trolleys et aux vélos. Au centre de la préoccupation? L’engorgement inévitable que ce report de circulation risque de provoquer. «Tel que présenté, le projet va renvoyer les gens vers l’extérieur de la ville. Il nous a fallu dix ans pour contrer enfin la concurrence des centres commerciaux de la périphérie, j’espère aujourd’hui que tous nos efforts ne seront pas anéantis», s’inquiète Michel Bratschi, directeur de Globus et président du Trade Club, qui regroupe treize des plus grosses enseignes de la ville représentant ensemble 500 millions de chiffres d’affaires annuels.

Une solution moins extrême
Est-ce à dire que le groupement s’opposera à un méga-centre dédié seulement aux bipèdes? «A priori, les rues piétonnes ne nous empêchent pas de travailler, elles peuvent même attirer des clients supplémentaires, reconnaît Michel Bratschi. Mais il faut absolument garantir l’accessibilité des parkings et proposer des transports en commun ultraperformants. La proposition de fermer entièrement le Grand-Pont à la circulation est quand même trop extrême. Nous allons voir dans quelle mesure la Municipalité fera preuve de souplesse.» Réponses attendues lors du premier face-à-face de mercredi.

Sondage

Tarifs CFF: la nouvelle hausse annoncée est-elle acceptable?