Le ciel se dégage au-dessus des écuries du Chalet-à-Gobet, ravagées par un terrible incendie en janvier 2007. Et pas qu’un peu: la ville de Lausanne vient de constituer une fondation afin de placer sur orbite son ambitieux projet de Porte des Etoiles, à l’orée 2013. Son objectif: créer, financer et exploiter un centre scientifique populaire dans les hauts de Lausanne. Un projet estimé à 8 millions de francs. Lausanne amènera dans la corbeille le terrain, ainsi qu’une somme de 1,5 million de francs pour la rénovation du bâtiment incendié. A charge de la fondation de récolter le solde. «Le but est de trouver la moitié de la somme globale durant les deux ans à venir», explique Oscar Tosato, municipal de l’Enfance, de la Jeunesse et de l’Education.
Un planétarium de 60?places
Ce sont différents concours de circonstances, qu’on pourrait comparer à un alignement de planètes favorable, qui a conduit au projet Porte des Etoiles au Chalet-à-Gobet: l’incendie des écuries, la nécessité de déménager l’observatoire de la Pontaise en raison du programme Métamorphose et la volonté de développer l’Espace des Inventions, trop à l’étroit à la Vallée de la Jeunesse. Un nouvel observatoire sera donc construit à proximité des écuries, tandis que l’Espace des Inventions investira les locaux. Mais ce n’est pas tout. Toujours dans les anciennes écuries, un planétarium de 60?places avec salles de cours et d’expositions verra le jour, ainsi qu’un bureau d’accueil et d’information au public. Un véritable parc d’attractions? Oscar Tosato: «Surtout pas! Nous prenons plutôt l’optique d’un véritable lieu d’éveil à la science, un lieu pour explorer les mystères du quotidien et du ciel.»
Dans sa conquête de l’espace, Lausanne a été rejointe par six partenaires institutionnels: la Société vaudoise d’astronomie, l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, l’Université de Lausanne, la Haute Ecole d’ingénierie et de gestion du canton de Vaud, la Fondation de l’Espace des Inventions et la société Galileo Planet. La fondation est présidée par Georges Meylan, directeur du Laboratoire d’astrophysique de l’EPFL. A noter que la Porte des Etoiles sera également celle donnant sur le futur Parc naturel périurbain du Jorat.
«J’espère que la Porte des Etoiles créera des vocations»
INTERVIEW EXPRESS?de Claude Nicollier,?astronaute vaudois et membre du comité de pilotage
– Quelle est votre mission?
– Pour l’instant, mon travail avec Solar Impulse en qualité de responsable des essais en vol m’accapare beaucoup. Mais dès que le projet de Porte des Etoiles se concrétisera un peu plus, je répondrai présent pour apporter mes conseils. J’ai toujours soutenu l’idée d’une telle réalisation à Lausanne.
– Les étoiles fascinent-elles toujours les gens?
– Vous savez, les bonus et le secret bancaire sont des choses tellement ennuyeuses… Mais l’espace et les étoiles, c’est fabuleux. Je crois que l’attrait qu’ils exercent est en constante augmentation. Et cela même si Obama a annoncé que les Américains ne retourneraient pas sur la Lune avant 2020. Il faut d’abord terminer la station orbitale. A mon avis, ils préparent quelque chose d’encore plus grand et de plus fantastique encore. L’intérêt pour l’espace est toujours présent.
– Et peut-être que la Porte des Etoiles assurera votre relève?
– Il n’y a pas beaucoup d’astronautes. Les places sont rares, même si les talents sont nombreux dans notre pays. Il n’y a pas eu de Suisse recruté par l’Agence spatiale européenne en 2009, mais il faut aussi des techniciens et des ingénieurs de qualité. Alors oui: j’espère que la Porte des Etoiles suscitera des vocations parmi les Vaudois.
LAURENT CROTTET
Le comité de patronage
Josiane Aubert, conseillère nationale
Yvette Jaggi, ancienne syndique de Lausanne
Charles Kleiber, ancien secrétaire d’Etat à l’Education et à la Recherche
Claude Nicollier, astronaute
André Maeder, professeur d’astronomie émérite à l’Observatoire astronomique de l’Université de Genève
Georges Meynet, professeur à l’Observatoire astronomique de l’Université de Genève
Georges Meylan, professeur à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, directeur du Laboratoire d’astrophysique de l’EPFL.
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