A quand un débat de fond sur la votation Métamorphose? «En trente-cinq ans de vie politique, vrombit le syndic Daniel Brélaz, je n’ai jamais vu autant d’amalgames et de mensonges proférés par un comité, qu’il soit d’opposition ou d’initiative. Les initiants ne mènent plus une campagne de votation, mais d’intoxication.»
A dix-sept jours du scrutin, la campagne sur l’initiative dite «des deux stades» se crispe radicalement. Du côté des pro-Métamorphose, l’exaspération est à son comble. Hier, les principaux partis politiques lausannois ont dénoncé les «propos variables et fallacieux (qui) rendent délicate la tenue d’un débat démocratique sain».
De leur côté, les opposants au déplacement du stade de football vers le sud s’estiment abusés par la ville et le canton. Ils multiplient les recours juridiques. De quoi permettre, surtout, une annulation du résultat des urnes, en cas de défaite serrée.
UN PHOTOMONTAGE QUI FÂCHE Par voies de communiqués et de publicité dans la presse, les Libéraux-radicaux, Socialistes, Verts et Démocrates du centre, convaincus du projet municipal lausannois, ont regretté, hier, «de voir une campagne essentielle pour Lausanne avoir lieu dans un climat aussi délétère. Comment décoder les vraies intentions des initiants, et surtout avoir confiance en eux, puisqu’ils proposent tout et son contraire?»
La goutte qui a fait déborder le vase? Le photomontage envoyé à tous les habitants. Au centre des Prés-de-Vidy, s’énervent les partis qui osent le mot de «mensonge», «un énorme cube gris laisse croire que le stade sera construit sans le moindre égard pour l’environnement immédiat».
L’image est choc. Sur quelle base a-t-elle été élaborée, puisqu’aucun projet de stade n’est, à ce jour, sorti des planches à dessins des spécialistes de la construction? «Cette image n’est pas si malhonnête que ça, se défend l’architecte Jean-Lou Rivier, membre du comité d’initiative. Il s’agit d’une simulation volumétrique du programme – avec parking, piscine, stade et commerces empilés – tel qu’annoncé par la Municipalité.»
DES RECOURS JURIDIQUES Depuis dix jours, le comité d’initiative a sorti une autre arme, juridique cette fois-ci. Fâchés de voir sur tous les supports d’information du comité officiel pro-Métamorphose un logo jugé un peu trop ressemblant à celui de la ville de Lausanne – interdite de campagne pour une votation communale –, les initiants ont saisi la préfecture. «Nous avons choisi de jouer, en toute bonne foi, la carte de la capitale olympique, car le sport est au cœur de la votation, assure Christian Masserey, coordinateur de la campagne. Ce logo, utilisable par tout le monde d’ailleurs, ne représente pas du tout la ville.» Une information confirmée par le secrétaire municipal Philippe Meystre, qui rappelle que «dès qu’il y a les anneaux olympiques, il ne s’agit plus du logo officiel qui, quant à lui, comporte sept boules rouges, qui symbolisent les dicastères.»
Hier, c’est le canton, censé rester neutre, qui est arrivé au cœur des attaques des opposants. Un deuxième recours dénonce, cette fois-ci, l’utilisation, en début de semaine, du Bureau d’information étatique afin de diffuser un communiqué «non à l’initiative», signé par la Commission consultative d’éducation physique. Une nouvelle démarche qui pourrait permettre, au lendemain de la votation, une annulation du résultat du scrutin. «Une telle prise en otage du débat est inacceptable, s’insurge Christian Masserey. Je dois avouer que je ne comprends plus où est la démocratie tant réclamée par le comité d’initiative!»
Les logos de la discorde
