LAUSANNE

L’auteur des coups de couteau laissé en liberté

Par Laurent Antonoff le 12.02.2010 à 00:03

L’homme qui avait poignardé deux jeunes au sortir d’une discothèque en janvier conteste avoir voulu les tuer. «Je voulais juste les piquer», assure-t-il. Les familles ne décolèrent pas.

Il ne sera pas placé en détention préventive en attendant son jugement. L’homme qui avait poignardé deux jeunes de 18?ans, à Lausanne, alors qu’ils sortaient de discothèque en janvier, a été entendu par le nouveau juge d’instruction chargé de l’affaire. Il a néanmoins été inculpé de tentative de meurtre, d’agression, de lésions corporelles graves et, accessoirement, de dommages à la propriété. «Il a confirmé ses aveux et ne nie pas ses responsabilités», explique Jean Treccani, juge d’instruction cantonal.

En se présentant à la convocation du juge d’instruction, l’auteur des coups de couteau a visiblement marqué des points. C’était le 2 février dernier. Jean Treccani: «Il a clairement la volonté de s’expliquer devant la justice. Les risques de fuite et de collusion sont écartés. Il conteste avoir eu la volonté de tuer. Ce qu’il dit, c’est qu’il a seulement voulu piquer ses victimes au niveau des cuisses.»

Pour le juge donc, il n’y a aucune raison de le placer en préventive. Le magistrat a également entendu les deux victimes, ce que n’avait pas encore fait le premier juge chargé du dossier. On se souvient que celui-ci avait été dessaisi de l’affaire après la polémique soulevée par sa décision de ne pas placer l’agresseur en préventive aussitôt les faits commis.

«Il était là pour faire du mal»
Du côté des familles des victimes, l’annonce d’une inculpation de tentative de meurtre ne suffit pas à faire tomber la colère. «Je reste persuadée que cet homme avait prémédité son geste. Il était là pour faire du mal. Cela me dépasse. Pour moi, il y a tentative d’assassinat et non pas seulement de meurtre», estime la mère d’une des victimes, des sanglots dans la voix.

Son fils a reçu cinq coups de couteau. Il peine toujours à se remettre du traumatisme, physiquement et mentalement. «Ses plaies ont de la peine à cicatriser. Et récemment, il a croisé un de ses agresseurs au centre-ville. Pas celui qui l’a poignardé, mais celui qui a commencé la bagarre. Ils ne se sont pas parlés. Mon fils a repris son bus et il est rentré à la maison. Il n’ose plus sortir.»

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