INCIDENT

Anne-Catherine Lyon huée au Théâtre de Vevey

Par JOËLLE FABRE le 20.02.2010 à 00:04

La conseillère d’Etat a été chahutée par un groupe d’enseignants, mardi dernier, dans le cadre de sa tournée de présentation de l’avant-projet de loi scolaire.

C’est sa deuxième tournée cantonale. Vingt dates, neuf villes. Huit mille spectateurs. Et parfois deux représentations par jour. Anne-Catherine Lyon n’a pas la réputation d’une bête de scène. Mais en marathonienne démocrate, elle tenait à présenter, en personne, à tous les enseignants du canton les grandes lignes de son avant-projet de loi scolaire – comme elle l’avait fait, en 2005, avec le nouveau cadre d’évaluation.

Entrée libre. Présence obligatoire. La démarche de la ministre de la Formation et de la Jeunesse est diversement appréciée. Certains profs s’estiment «baratinés de force» et regrettent la place minimum réservée au débat en fin de présentation. D’autres sont sensibles à l’honneur que leur fait la conseillère d’Etat en venant les informer en personne, qu’ils soient ou non d’accord avec la réforme envisagée.

Désarçonnée
Mais au Théâtre de Vevey, mardi dernier, la première rencontre de la journée a failli tourner court, comme le rapportent plusieurs témoins. A peine Daniel Christen, directeur général de la scolarité obligatoire, avait-il introduit le propos de la ministre, qu’un enseignant de La Tour-de-Peilz s’est levé pour réclamer qu’elle leur épargne la case «propagande» pour passer directement aux questions de la salle. Applaudissements. Ebranlée, Anne-Catherine Lyon aurait réagi assez maladroitement. Un groupe d’enseignants, très remonté, s’est alors mis à la huer. Jusqu’à ce qu’un membre du public se lève pour demander qu’elle fasse son exposé, comme prévu. Nouveaux applaudissements.

Ce manque de respect pour la conseillère d’Etat a fâché la Société pédagogique vaudoise. «Quand on n’est pas d’accord, on argumente, on débat, on prend de la distance. A l’inverse, conspuer et ricaner est irresponsable et totalement contre-productif. Il serait temps que certains s’interrogent sur l’image qu’ils entendent donner de la profession», réagit le comité du syndicat d’enseignants dans une lettre qui sera publiée dans le prochain numéro de L’Educateur.

De son côté, Anne-Catherine Lyon refuse de dramatiser: «C’est un incident isolé. Ces séances se passent bien. J’aime sentir la salle réagir, chercher le meilleur chemin pour l’Ecole vaudoise. Même quand les gens sont un peu rudes, cela appartient au débat. Mais me faire apostropher de la sorte, cela m’a fait un coup.»

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