Les huit navires Belle époque du Léman font aussi du transport public. Et cela n’a pas échappé à l’Association des amis des bateaux à vapeur du Léman (ABVL). C’est notamment pourquoi elle a décidé, samedi, de s’opposer à toute variante de restructuration de la Compagnie Générale de Navigation (CGN), «qui mettrait en péril la pérennité et les possibilités d’affectation, en service horaire de haute saison, de la flotte Belle Epoque».
En clair, l’ABVL ne veut pas que les bateaux à vapeur soient gérés dans une entité séparée de la CGN, selon la volonté des cantons de Vaud, de Genève et du Valais. Pour l’instant, l’association n’entend pas cesser de rechercher des fonds si la variante de restructuration de la CGN ne lui convient pas. Mais elle s’apprête, cas échéant, à lancer une initiative dans les trois cantons lémaniques, afin d’assurer la pérennité des huit unités à vapeur du Léman. «Nous n’utiliserons cette voie qu’en dernier recours, assure Maurice Decoppet, président. Pour l’heure, nous planchons déjà sur une procédure de classement de ces huit bateaux. Et nous comptons surtout sur notre force de lobbying pour parvenir à un consensus.»
Des vagues à l’horizon
L’ABVL met en avant son poids de principal actionnaire-contributeur de la CGN, avec ses 17% de parts au capital-actions, sans compter ses 10 millions de bons de participation, ses 1009?membres et ses 20?000?donateurs. En outre, l’association rappelle qu’elle a récolté 17 millions de francs depuis 2003, qui ont servi à rénover trois bateaux à vapeur.
La pression sur les cantons riverains devrait encore monter. Ils recevront en effet ces prochains jours la prise de position de la CGN sur les variantes de restructuration possibles. Et l’entreprise lacustre écarte tout aussi fermement la séparation entre ses activités touristiques et de transport public. Elle donne sa préférence à une version améliorée de sa structure actuelle, avec davantage de transparence comptable.
Mais la CGN dit «pouvoir s’accommoder d’une structure en forme de holding», composée d’une filiale «exploitation» et d’une filiale «bateaux Belle Epoque». «Pour les Vaudois, les Valaisans et les Français, la mission de la CGN doit surtout être orientée vers les transports publics, alors que, pour Genève, elle est avant tout touristique, analyse Kurt Oesch, président du conseil d’administration. Ce qui explique la complexité de notre tâche.» Le conseiller d’Etat vaudois François Marthaler est, lui, encore favorable à une séparation des activités de la CGN: «Et si nous ne parvenons pas à nous entendre, ce sera la fin des subventions et des contrats de prestations.»