«Ferme ta gueule!» Une insulte pour toute sommation. Mardi matin vers 7?h?30, alors qu’il ouvrait son kiosque dans les hauts de Lausanne, c’est tout ce que le tenancier a entendu de la part des deux jeunes qui venaient d’entrer (24?heures de jeudi), deux frères de 15 et 17?ans. Le commerçant reçoit aussitôt un coup de poing dans la figure, si violent qu’il s’écroule et se brise la hanche. Interpellés, ces fils de requérants turcs au bénéfice d’un permis F (admission provisoire) font risquer l’expulsion à toute leur famille pour quelques cartouches de cigarettes volées. «C’est une possibilité, même si leurs frères et sœurs n’y sont pour rien», admet le président du Tribunal des mineurs.
Car les deux frères ne sont pas inconnus des services de police et de justice: vols en tout genre, bagarres, actes de violence… Leur casier est loin d’être vierge. Suivis par le Service de la protection de la jeunesse, ils ne sont plus scolarisés, mais l’aîné suit une formation dans une école professionnelle et le cadet un stage dans une institution spécialisée, à Lausanne. Pour expliquer leur violence, un des deux frères aurait avancé le climat de «terreur» que ferait régner leur père à la maison. Toujours est-il que les deux frères connaissaient bien le kiosque auquel ils se sont attaqués. Ils y auraient effectué des repérages. Ils s’y rendaient fréquemment pour acheter des bonbons. Pire: ils auraient remarqué la faible corpulence de leur victime, certains qu’il serait «une proie facile».
Cinq jours après les faits, le kiosquier est toujours hospitalisé. A noter que son commerce avait déjà été cambriolé quelques jours avant l’agression. Les voleurs s’en étaient pris à la caisse. La justice n’a pour l’heure pas fait le lien entre les deux agressions.