Le Tribunal criminel de Lausanne a condamné jeudi soir à la réclusion à vie l’auteur du triple homicide de Vevey (VD). Ce quadragénaire d’origine indienne a une nouvelle fois été reconnu coupable du meurtre de sa mère adoptive et des assassinats d’une amie de celle-ci ainsi que de sa sœur. L’homme avait obtenu la révision de son procès à la suite d’un nouveau témoignage. Comme le ministère public, la Cour l’a écarté et jugé «peu crédible». La défense plaidait l’acquittement.
Les réactions à la sortie du tribunal:
Eric Cottier, procureur:
«Pour moi, il n’y a pas la moindre zone d’ombre sur la culpabilité de F.L. La cour criminelle a analysé le dossier en profondeur et a réservé au témoignage de la boulangère le sort qui convenait.»
Une amie de F.L., très émue:
«On s’est défendu corps et âmes pour que la justice fasse son travail. Ce procès a été sciemment orienté en faveur des parties civiles. Mais on sera toujours avec F.L.»
Pierre de Preux, avocat de F.L.:
«Toute une série d’éléments douteux ne sont pas résolus. Nous allons faire recours auprès de la Cour de cassation.»
Robert Assaël, avocat de F.L.:
«On a vécu une erreur judiciaire en direct. La seule conclusion possible dans ce dossier est qu’il y a un doute qu doit prévaloir à l’accusé. Je suis abasourdi et choqué. On va se battre jusqu’au bout. Quant à F.L., il est anéanti de ne pas avoir été entendu.»
Dès 17h cet après-midi, la rédaction de 24?heures a suivi en direct la lecture du jugement. Retrouvez ci-dessous le fil des événements…
19:07
F.L. toujours debout, tête baissée. Les frais de la cause sont à sa charge.
Les parties pourront recourir dans les cinq jours.
19:05
Le président demande à F.L. de se lever et le condamne pour meurtre et assassinat.
F.L. a toujours la tête baissée.
19:03
Le président a abordé les considérations financières. F.L. n’aura rien de la fortune familiale. Les parties civiles obtiennent des indemnités pour tort moral.
18:56
A l’écoute du verdict, F.L. n’a pas bougé d’un centimètre, conservant la même attitude que depuis le début de la lecture.
18:52
«F.L. est coupable.» La cour se borne à maintenir le jugement précédent: détention à perpétuité.
18:50
La cour se dit convaincue que Marie-José Légeret est décédée. Elle ne peut être la complice de son frère: ils ne se supportaient plus. Sa disparition confirme qu’elle est décédée. Seule la manière dont cela s’est passé l’accuse.
18:47
La cour est convaincue que F.L. était présent sur le lieu du drame. Le tribunal aboutit au même scénario que le tribunal de Vevey en juillet 2008.
18:43
Le tribunal considère que F.L. a menti. Il a cherché à brouiller les pistes
18:40
Le président: «Le témoignage de la boulangère doit être écarté.»
Le président: «La cour ne croit pas à l’incapacité de F.L. à résister aux pressions.» Ce dernier avait en effet expliqué avoir dit qu’il était présent sur les lieux du crime en raison des pressions policières.
18:32
Rebondissement
Le président explique combien la mémoire de la boulangère n’était pas particulièrement exceptionnelle. «Son audition durant les débats a révélé qu’elle confondait souvent les dates en rapport avec cette affaire.»
Le tribunal a acquis la conviction que la boulangère fait erreur.
18:15
Le président résume les propos intéressants des témoins entendus durant le procès. Il note que d’un témoin à l’autre, les descriptions de F.L. montrent deux visages très différents de l’accusé.
Le président explique qu’il faut revenir en détail sur le témoignage de la boulangère.
Elle a déclaré avoir vu Marie-José et sa mère le 24 décembre en fin d’après-midi. Elle a répété être certaine à sûr à 100%. Elle a expliqué avoir des repères pour se souvenir de la date et de l’heure.
18:05
Pour l’heure, le président continue à énoncer les conclusions de l’enquête de police. Le suspense reste entier.
Plusieurs éléments relevés par les enquêteurs vont dans le sens de la mort de la sœur, Marie-José. Ses effets personnels comme son passeport ont été retrouvés. Sa voiture était dans le garage.
Le président procède maintenant à un résumé des auditions de F.L.
17: 50
Le président rappelle que les autopsies des deux corps ont pu exclure une mort accidentelle.
Les enquêteurs ont contrôlé le numéro de téléphone fixe de la maison de la mère. Aucun appel n’a été passé après le 23 décembre.
Alors que la lecture continue sur les détails des comptes bancaires de la mère et de l’accusé, ce dernier garde la même posture qu’il a eue durant tout son procès: tête baissée, les yeux rivés sur la table devant lui.
17:30
Le président rappelle maintenant les faits tels que retenu dans l’acte d’accusation. Puis, il enchaîne sur la façon dont ont été découverts les corps des deux victimes, à savoir la mère de F.L. et une de ses amies.
17:15
Le président Colelough lit les conclusions de l’expertise psychiatrique de F.L. faite le 6 juillet 2006. Selon les experts, il ne souffre pas de troubles psychiatriques, ni de troubles de la personnalité. Il aurait des carences affectives liées à son enfance en Inde.
On apprend qu’à l'époque le frère de F.L., Simon (nom d’emprunt) a mandaté un psychologue pour établir un rapport sur F.L. Ses conclusions ne sont pas inintéressantes mais ne peuvent se substituer au rapport des experts mandatés par la justice.
17:08
Début de la lecture. La salle est du tribunal pénal de Lausanne est pleine. Des chaises supplémentaires ont été placées pour accueillir le public. Parmi les nombreuses personnes présentes pour écouter le verdict, certaines sont venues avec une rose orange. Un moyen de signifier leur soutien à l’accusé F.L.
La lecture du verdict devrait durer environ deux heures.