17:10
Me Meylan, l’avocate de la fille de Marina S. clôt les plaidoiries de la partie civile. A côté d’elle, sa cliente est en larmes.
Me Meylan: Marina S. aura finalement été victime de l’amitié qu’elle entretenait avec Ruth Légeret. Marina aura accepté de se rendre à Vevey par amitié pour Ruth Légeret, qui souhaitait obtenir du réconfort suite à des difficultés financières avec F.L. Ma cliente n’a pas pu commencer son travail de deuil plus de quatre ans après la disparition de sa maman.
A l’instar des autres défenseurs de la partie civile, l’avocate demande des dommages pour tort moral.
Elle poursuit: l’émotion manifestée par ma cliente, ainsi que celle de Simon ce matin, est la seule que j’ai pu voir dans cette salle de tribunal. Elle contraste singulièrement avec l’attitude de F.L. depuis quatre jours.
L’avocate évoque encore en conclusion le sentiment de culpabilité éprouvée par sa cliente. Celle-ci se reproche d’avoir subi une opération du dos en décembre 2005 et de n’avoir pas alerté la police immédiatement après que sa mère ne répondait plus au téléphone.
Fin de l’audience. Reprise demain à 8h30 avec le réquisitoire du procureur.
16:50
Me Heider, l’avocat de Simon, poursuit sa plaidoirie: les difficultés venaient seulement de Monsieur F.L. Il est intervenu sans discontinuer. Simon en a eu assez. C’est pour éviter qu'elle se laisse manipuler par F.L. qu'il a demandé la mise sous tutelle de sa mère. On s'est aperçu que F.L. était un personnage double. Et c'est Simon ainsi que sa femme qui s'en sont rendu compte en premier. C’est en septembre 2005 que Marie-José réalise qu’elle et sa mère ont été roulées. Dans une lettre à F.L., elle stigmatise ce caractère double. Quand ces dames ont fermé le robinet financier, ça n’allait plus très bien, l'harmonie était brisée. F.L. était aux abois. Il n'avait plus un sou en décembre 2005. Il est allé faire le siège de sa mère jusque chez le coiffeur! Le 23 décembre, il ne sait pas que la maman a légèrement desserré les cordons de la bourse. Quand il se rend à la villa le 24, F.L. n’a plus un sou. C’est un personnage qui a énormément besoin d'argent et besoin de se mettre en valeur. On peut comprendre la rage du personnage. Ce personnage double-face est seul capable d’avoir pu trucider sa mère, son trésor. Il est devenu enragé. Son ex-femme a raconté que pour des bricoles, il faisait des montagnes! Il a commis l’irréparable, nous en sommes parfaitement convaincu. Nous voulons dire que Simon n'a jamais été le mouton noir de la famille et qu’il n’a jamais demandé d'argent à son père ou à sa mère. Le seul qui l'a fait dans la famille, c’est F.L. Simon est honorable, il n’avait plus affaire avec qui que ce soit dans la famille au moment du drame. Rappelez-vous que les victimes ont été frappées avec une violence rare! Vous devez sanctionner ce comportement dont mon client ne se remettra jamais. Nous vous demandons de sanctionner ce crime avec le plus de force possible.
16:30
Me Gillard, l’avocat de Ruth Légeret: j’ai compté 16 avocats pour F.L. dont certains ténors du barreau. Le dossier de F.L. use ses mandataires.
Au tour de Me Heider, le défenseur de Simon, d’entamer sa plaidoirie: nous sommes dans une des affaires criminelles les plus graves qui soit. Deux mortes et une disparue qu'on peut considérer comme morte, ce n'est pas courant dans ce canton.
Mon client a peur, et sa femme aussi. Il est sûr que si F.L. sortait de prison, ce serait lui la prochaine victime. Aujourd'hui, il faut penser à la situation de cette famille. J’entends sauvegarder la mémoire de cette famille.
Le jury est attentif. F.L. prend des notes.
16:10
Me Misteli, avocat de Marie-José Légeret, au terme de sa plaidoirie: Il faut éviter que F.L. soit enrichi par son crime. Les instructions que Marie-José nous donnerait si elle était encore de ce monde, c’est que F.L. ne soit pas enrichi.
Me Gillard, avocat de Ruth Légeret et de la branche tessinoise: Ruth Légeret, si elle était encore de ce monde, vous dirait de quel poids la fortune de son mari a pesé sur la famille. Ruth Légeret vivait de façon ordinaire, elle avait des habitudes de vieille dame simple. L’argent est au centre de ce drame.
15:45
Après une courte interruption, la plaidoirie des parties civiles commence.
L’avocat de Marie-José Légeret débute:
Me Misteli: aujourd’hui, Marie-José Légeret garde une toute petite voix. Nous voulons la faire parler une toute dernière fois. Je suis très choqué par le fait que F.L. a voulu accabler sa soeur. Bien sûr, dans cette version, F.L. a voulu se mettre en scène comme le sauveur de Marie-José. Mais cet accablement n’était pas nécessaire. Ce jeu m’a paru pervers.
15:20
F.L. continue à parler: le décès de ma mère et les accusations qui me sont reprochés, c’est très douloureux. Surtout dans la situation de condamné.
Silence.
Depuis ma détention, je n’ai pas pu exprimer tous mes sentiments.
Long silence. F.L., debout, fixe le bureau devant lui.
Je veux quand même dire que toute cette histoire... non seulement je perds ma mère, et en plus on m’accuse de son décès. Toute cette situation est douloureuse. Mon caractère, c’est de ne pas dire oui ou non, mais d’être complet. C’est peut-être mon défaut, mais c’est mon caractère. J’ai une mère qui m’a mis au monde, et une autre mère qui m’a donné le droit de vivre. Et ça, je l’ai toujours senti comme ça.
Le procureur: F.L. a parlé de sa soeur et de la période à son retour d’Afrique. Simon, vous n’étiez pas encore en guerre avec elle à cette époque. Comment était votre soeur?
Simon: à son retour d’Afrique, on a vu une Marie-José rayonnante. Mon père lui a donné la possibilité de s’installer en lui ouvrant son cabinet. Elle était enthousiaste de pouvoir s’installer. Ce qui lui a pesé par la suite, c’est l’introduction de Tarmed. Elle n’avait pas envie de faire de l’administratif.
Le procureur rapporte que le 22 mars 2006, F.L. a dit aux enquêteurs: «je pense que ma soeur a monté un scénario. Mais je ne souhaite pas en dire plus et l’accabler
F.L.: c’était une supposition.
Le président, d’une voix forte: c’est des suppositions très graves!
F.L.: il y avait une pression pour que je donne des réponses.
15:05
F.L. confirme que le 16 décembre 2005, il disposait de 5000-7000 frances en liquidités.
Il admet «partiellement» avoir été entretenu par sa mère: sur le plan personnel, je m'occupais de ma mère, il y avait les entretiens avec les avocats, c'était du travail.
L’accusé dit ensuite qu’il est souvent allé à la villa de sa mère jusqu'en novembre 2005 pour régler des démarches administratives.
F.L.: dès décembre, ça a changé, c’était moins lourd. Mais je me suis quand même rendu à la villa en décembre.
Me Assaël: la femme de ménage dit ne pas vous avoir vu pendant ce mois.
F.L.: je passais souvent le samedi ou le matin. C’est possible qu'elle ne m'a pas vu.
F.L. demande alors un quart d’heure pour «lever pas mal de confusions».
Le président: je vous donne 10 minutes.
Me Assaël: il a été condamné à la prison à vie, il me semble qu’un quart d'heure...
Le président à F.L: vous avez dix minutes.
F.L.: vous me mettez la pression...
F.L. a des sanglots dans la voix. Il parle avec peine après un silence interminable dans le tribunal.
F.L.: jusqu'en 1997, je ne savais rien de la gestion de la fortune familiale, je ne savais pas où étaient les immeubles. Je n’ai jamais agressé physiquement mon frère (en référence à une dispute avec Simon relatée hier par un parent).
C’est malgré moi et pour défendre ma mère que je suis entré dans la succession.
F.L. raconte encore les tensions avec son frère Simon et les relations au sein de la famille. Il refait toute l’histoire des Légeret depuis le décès de son père.
Le président: M. F.L., à votre avis, que s’est-il passé le jour du drame? Où est votre soeur?
F.L.: je ne sais pas. Parce que je n’y étais pas.
L’accusé semble affecté. Ses avocats lui parlent à voix basse.
14h35
F.L. évoque ses relations avec sa soeur Marie-José: Elle ne supportait plus son travail routinier de médecin. Elle s’absentait de plus en plus du cabinet. Ma mère m’a parlé de ses problèmes d’envoûtement, qu’elle était déprimée. Quand elle était médecin en Afrique, en Ouganda, elle est tombée amoureuse d’un délégué du CICR, un homme à femmes. Elle voulait une relation sérieuse, il a refusé ses avances, pour elle, c’était une grosse déception. A l’époque, j’avais 14-15 ans.
F.L. raconte qu’ un mauvais sort aurait été jeté sur sa soeur en Afrique par un sorcier.
Il évoque ensuite décembre 2005: Il n’y avait pas de pression financière. L’entretien de la maison des Monts-de-Corsier, les animaux, c’était financièrement très lourd. Mais ma mère m’a toujours dit que si j’avais un problème financier, je pouvais lui demander. J’ai demandé à ma mère de m’aider pour payer les intérêts hpothécaires.
12:20
Le procureur interroge F.L. en détail sur le volet financier de l'affaire. Très posé et très ferme, F.L., toujours debout, s’explique. Face à lui, les six jurés l’observent avec attention.
Le procureur: En résumé, UBS ne vous réclamait pas 400 000 francs?
F.L. explique qu’il n’était pas sous pression de la part de la banque.
L’accusé se dit très surpris par les propos d’un témoin qui, hier, affirmait que F.L. lui avait demandé de lui prêter 50 000 francs. Il dit aussi avoir été «massacré» en faisant référence au procès de Vevey en 2008.
Le président l’interrompt sans ménagement et rappelle que c’est le procès de Lausanne ici.
L’audience est suspendue et reprendra à 14h.
12:00
Reprise après une suspension d’audience de 10 minutes.
Maître Assaël demande si Marie-José était en possession d’une arme de petit calibre. Un inspecteur confirme que plusieurs armes ont été retrouvées dans la maison du drame. Maître Assaël veut savoir si de l'argent liquide, à hauteur de 7000 francs, a été retrouvé chez F.L. L’inspecteur confirme aussi.
Il apparaît que Simon n’a pas utilisé son téléphone portable entre le 24 décembre 2005 et le 4 janvier 2006.
Le procureur: pourquoi?
Simon: car je ne l’utilise que dans un cadre professionnel.
Le président questionne F.L., qui doit se lever: je veux que vous répétiez à partir de quand et à qui vous avez dit que c’était sous la pression policière que vous avez affirmé être venu à la villa du drame le 24 décembre.
Pour mémoire, F.L. a dit lundi dernier à l’audience que c’était sous la pression de la police qu’il a dit qu’il était venu à la villa le 24 décembre. Et c’est sur le conseil de ses avocats de l’époque qu’il a maintenu cette version.
F.L. J’en ai parlé à mon avocat de l’époque dès le 6 février - (soit quelques jours après son incarcération). Je lui ai dit que ce n’était pas la vérité. Parce que je n’étais pas à la villa.
Très calme, F.L. explique que son deuxième avocat a eu les mêmes informations que le premier. Et qu’il a tenu la même position.
Le procureur: peut-on verbaliser, au fur et à mesure, ce que F.L. dit?
Me de Preux: on fait de l’enquête sur enquête! Le ministère a déjà assez de munitions pour dire que c’est invraisemblable. Je l’entends déjà plaider! Mais je ne veux pas m’opposer à ce que F.L. réponde à ces questions.
F.L.: je me sens sous pression. Je dois justifier mes relations avec mes avocats.
Le président le coupe.
F.L.: mais laissez-moi finir!
Le président: j’ai rarement vu des gens dans votre situation ne pas être sous pression. Souhaitez-vous garder le silence ou pas?
F.L. s’explique, très posé. Il raconte qu’une «multitude de volte-face» lui ont porté préjudice. Soudain, il s’arrête.
F.L.: permettez-moi Mr le président.
Le président: mais je n’ai rien dit!
F.L.: je suis sensible à vos grimaces.
La salle se marre.
F.L. dit que pendant l’instruction, on lui a soutenu qu’il avait le droit de garder le silence. Il établit la chronologie de ses relations avec ses avocats - il en a eu sept.
L’accusé ajoute qu’il avait l’intention, au premier procès de Vevey, de donner la vraie version: à savoir qu’il n’était pas impliqué dans le drame.
11:10
Simon poursuit: F.L. a déposé une plainte à mon encontre suite à la destruction d’archives. J’ai été blanchi.
Me Heider, l’avocat de Simon: toute cette affaire a entraîné des souffrances qui vous ont même, parfois, empêché de travailler.
Simon: oui, on n’en sort pas indemne. Je me suis, par la force des choses, coupé de ma famille.
Le ton monte entre la défense de F.L. et Simon.
Le président questionne F.L.: en décembre 2005, vous disposiez des clés de la villa du drame?
F.L.: non, pas du tout.
Simon n’avait pas les clés non plus. Il ajoute que sa mère vivait de façon très modeste mais qu’elle était totalement dépassée par la gestion financière du patrimoine familial.
La fille de Marina S. parle de sa maman. D’origine alémanique, elle peine à s’exprimer en français. Elle dépeint une mère qui aimait voyager, faire la fête, ouverte d’esprit. Elle connaissait Ruth Légeret depuis une vingtaine d’années.
L’avocate de la fille: pourquoi est-elle venue à Noël 2005 à Vevey?
La fille de Marina S. fond en larmes. Entre deux sanglots: Ruth voulait voir ma mère car elle avait des problèmes avec F.L. Je lui ai dit: vas-y.
10:55
Les 6000 francs mensuels versés à F.L. auraient servi à lui financer une nouvelle formation, indique un notaire.
Le notaire ajoute que les liquidités de la succession de Ruth Légeret sont «en fin de course»: dans peu de temps, nous serons en difficulté. Il faudra peut-être envisager la vente de la villa de Vevey. La situation devient tendue.
Le procureur s’adresse à Simon: comment ont été perçues les arrivées de F.L. et de son autre frère adoptif dans la famille?
Simon: c’était un accueil chaleureux. Ca s’est très bien passé avec mon autre frère. On avait beaucoup de connivence. Avec F.L., j’ai eu moins de contact. Quand il est arrivé en Suisse, j’avais 22 ans, je suivais mes études. Mon épouse s’est occupée de lui sur le plan scolaire, mais moi j’ai eu moins de contact, car j’étais quasi hors du nid familial.
Le procureur: c’est votre mère qui tenait à avoir une grande famille.
Simon: oui.
Le procureur: les relations entre votre père et F.L. étaient-elles mauvaises?
Simon: mon père était exaspéré parce que F.L. venait toujours à la maison pour réclamer de l’argent. Notre père nous a inculqué l’amour du travail. Et F.L., de ce point de vue-là, était un fainéant.
Le procureur: votre autre frère travaillait....
Simon: oui, mais ce n’était pas évident dans le village du Tessin où il vivait.
Le procureur: vous aviez des relations régulières avec votre mère?
Simon: oui, mais ça s’est espacé avec les histoires de succession. Il y a eu une période où je n’avais plus de contact. Mon père avait mal pris le fait que je reprenne le bureau d’architectes. Quelques années après, les relations sont redevenues normales.
Le procureur: à partir de quand les relations se sont-elles détériorées très sensiblement?
Simon: il y a eu des épisodes avec des moments de froid. Mais c’est à partir du moment où j’ai demandé sa mise sous tutelle que les ponts se sont coupés. Je me suis rendu compte que F.L. avait de plus en plus d’emprise sur ma mère. J’ai reçu une lettre manuscrite de ma mère qui disait qu’elle donnait tout ses pouvoirs à F.L. Je me suis demandé ce qu’il fallait entreprendre pour sauver ma mère.
Simon sanglote.
On peine à le comprendre.
La solution qui s’est imposée, c’était de la mettre sous tutelle. C’était une question de vie ou de mort. Voilà les raisons qui ont conduit à la mise sous tutelle. Dès 2000, je ne la voyais plus qu’au tribunal. Je me suis rendu compte qu’on ne pouvait plus sauver quelqu’un contre son gré. La dernière fois que je l’ai vu, c’était en 2003, lorsque j’ai demandé à sortir de l’indivision.
Le procureur: vous n’aviez plus de contacts, même téléphoniques?
Simon: non.
Le procureur: et les relations avec Marie-José et F.L?
Simon: elles étaient aussi inexistantes.
Le procureur: vous n’avez pas d’alibi pour la journée du 24 décembre 2005?
Simon: si. On a rendu visite à un locataire à Vevey.
Le procureur confirme la visite, mais en fin de journée.
Simon: la journée, j’ai fait les achats de Noël le matin avec mon épouse. Et l’après-midi, j’ai fait du travail de bureau. Je suis indépendant. En fin de journée, nous avons rendu visite à ce locataire.
Le procureur: à part votre femme, personne ne peut confirmer ce que vous avez fait la journée du 24 décembre 2005?
Simon: non, personne. A part peut-être des gens croisés en ville.
Un inspecteur dit que la police n’a pas fait de recherches approfondies sur l’emploi du temps de Simon la journée du 24.
Simon ajoute que F.L. et Marie-José détiennent 37 millions de tout le patrimoine immobilier familial.
10:20
Le procureur souhaite connaître plus en détail la situation financière de F.L. en 2006. L’inspecteur peine à répondre.
Le procureur enchaîne: F.L. dépensait-il plus que ce qu’il recevait?
L’inspecteur: pour 2005, il y a une différence négative de 25 000 francs malgré les prêts et les dons de Ruth Légeret.
Le procureur: peut-on dire qu’en 2005, il a un besoin rapide, voire totalement urgent, d’argent?
L’inspecteur: oui, tout à fait.
Me Assaël: il ressort des retraits au bancomat en novembre 2005 de 10 000 francs. Et le compte n’est pas négatif à la fin de l’année.
L’inspecteur: oui, c’est juste.
Me Assaël: donc il avait des liquidités pour ses besoins courants en novembre. On trouve encore 3000 francs de retrait effectués en décembre. Je veux mettre en évidence qu’il avait de quoi vivre à cette période.
10:05
Me Assaël, l’avocat de F.L.: est-il exact que le 25 décembre, selon les relevés, le téléphone de F.L. se trouvait-il aux Monts-de-Corsier?
Un inspecteur: oui, on peut le supposer.
Me Assaël: et on peut supposer qu’il se trouvait avec son téléphone.
Le procureur Eric Cottier rouvre à nouveau le volet financier.
Le procureur: avez-vous une estimation de ce qui a été versé par Ruth Légeret à son fils F.L. ces dernières années?
Un inspecteur, spécialiste financier: entre 380?000 et 400?000 francs pour 2004. Et pour 2005, trois virements: un virement de 67?000?francs, un autre de 60?000?francs et un dernier de 50?000. Soit 177?000?francs.
Le procureur: ces montants comprennent-ils ce que Ruth a fourni à F.L. pour l’acquisition de l’un ou l’autre bien immobilier?
L’inspecteur: nous n’avons pas pu le préciser.
Le procureur: mais le million versé à F.L. par Ruth pour la propriété des Monts-de-Corsier vient-il se rajouter à ces sommes?
L’inspecteur: oui, c’est juste.
Le procureur: combien de temps les montants versés en 2004 et 2005 restaient-ils sur ses comptes?
L’inspecteur: il faisait des retraits à coup de 5000?francs, toujours en cash. On n’a pas pu déterminer précisément à quoi était utilisé cet argent.
Le procureur: et à fin novembre 2005, où se situait le compte?
L’inspecteur: à 11?francs. Et un compte BCV à - 42?000?francs. Un autre compte encore, alimenté par des versements de 2700?francs par mois, présentait un solde de 520?francs à la fin de l’année, et il y a aussi un compte épargne sur lequel se trouvaient 10?000?francs.
L’inspecteur parle encore d’un compte UBS, négatif de 6900?francs, et d’autres comptes encore.
Le procureur: il n’y a donc quasi aucun compte qui ne soit pas en négatif, ou dont les lignes de crédit sont dépassées?
L’inspecteur: oui, c’est juste.
Le procureur: savez-vous si F.L. était à jour dans le paiement de ses impôts personnels?
L’inspecteur: non
9:45
Le procureur parle de la touffe de cheveux retrouvés dans la main du cadavre de Ruth Légeret: appartiennent-ils bien à sa fille Marie-José?
Une inspectrice: oui, totalement.
Le procureur évoque maintenant un échange de SMS dans la nuit du 4 au 5 janvier, aux alentours de minuit entre F.L. et son ex-amie. Ce soir-là, les inspecteurs ont cherché, en vain, à contacter l’accusé qui se trouvait chez lui.
F.L.: Selon mon souvenir, j’ai seulement relevé le SMS de mon ex-amie.
Un inspecteur: on a aussi retrouvé un SMS sortant.
Le procureur: après le 23 décembre, quelle est la première tentative d'appel vers la villa du drame à Vevey?
Un inspecteur: le 25 décembre, à 19h24.
Le procureur questionne la fille de Marina S., l’autre octogénaire retrouvée morte au côté de Ruth Légeret: quand avez-vous cherché à joindre votre maman?
La fille de Marina S.: j’ai cherché à l’appeler le 24 après midi, et le soir aussi.
On a analysé le tél de F.L. Est-il correct de dire que le 1er janvier, F.L. a formé le no de téléphone de la villa?
Un inspecteur: c’est juste.
9:20
L’audience reprend. Le public est à peine plus clairsemé que d'habitude, la salle est quasi pleine. F.L. a posé trois bouteilles de Coca et trois mandarines devant lui. Il porte une chemise à fines raies bleue marine.
Tarifs CFF: la nouvelle hausse annoncée est-elle acceptable?