«L’enquête suit son court. Tout ce que l’on peut dire pour l’heure, c’est que ces ossements datent d’avant 1960.» Du côté de l’Office du juge d’instruction du Bas-Valais, on se montre avare en commentaires sur la découverte macabre, faite l’été dernier par un commerçant montheysan. Le 11 juillet, Thierry Paccard, patron du Petit Marché, avait eu la surprise de découvrir deux squelettes, alors qu’il réalisait des travaux de terrassement dans sa cave.
François Wiblé confirme pourtant que ces vestiges sont antérieurs à 1960… Et pas qu’un peu: «On peut estimer qu’ils remontent à la fin du premier millénaire ou au début du deuxième, précise l’archéologue cantonal valaisan. Il est très difficile d’articuler une fourchette plus précise. Le site est très perturbé et on ne trouve pas de matériel qui permette de dater ces tombes.»
Deux ardoises déposées verticalement et formant un angle droit autour des squelettes avaient été mis au jour par Thierry Paccard. «Ce détail semble indiquer la présence d’un coffre - d’un cercueil - en dalle, explique François Wiblé. On n’est donc vraisemblablement pas dans une affaire criminelle.» L’Office du juge d’instruction ne donne cependant aucune précision quant à l’âge ou au sexe des deux personnes qui reposaient depuis des siècles sous le Petit marché.
Les deux corps ont-ils été enterrés simultanément? Reposaient-ils dans la nécropole liée à l’église voisine? Difficile de répondre à ces questions. «A cette époque, les cimetières n’étaient pas forcément organisés comme ceux que l’on connaît de nos jours.»
Seule certitude: Thierry Paccard pourra bel et bien reprendre les travaux dans sa cave. Mais avec un peu plus de prudence: «On ne sait jamais; peut-être que d’autres vestiges se cachent à cet endroit. En tout cas je suis soulagé: ces corps n’ont rien à voir avec un crime commis chez moi.»