Denis Maillefer, metteur en scène: "Je suis plutôt un cycliste, mais avec mes enfants j'emprunte le M2 pour revenir des bords du Lac."
"L'idée du métro, c'est l'idée de ville. On peut aller très vite d'un côté à un autre de Lausanne. On peut être même désiorenté parfois comme à Paris. Ce métro agrandit et rétrécit la cité à la fois. "
Laurent 55 ans de Nyon: « Moi je suis un grand marcheur, mais si comme aujourd’hui je suis monstre en retard, je cède pour le métro. »
Régina, 15 ans, passe aujourd'hui un entretien de stage sur Lausanne, c'est avec le M2 qu'elle s'y rend. Mais elle le prend aussi dans d'autres circonstances: « Le métro facilite la vie. J’arrive d’Yverdon à la gare et puis en deux minutes, je suis au Flon pour faire du shopping ! »

Jean-Pierre Blanc, 80 ans: « Vous voulez faire quoi d’une voiture à Lausanne ? Il n’y a pas de places de parc. Le métro permet aussi d’éviter les bouchons.»
Nieves Fernandez, 67 ans, retraitée: «Le métro ça change ! Avec mon mari, on descend en bus et puis on remonte chez nous avec le M2.»
Susana, 20 ans : « Moi je viens de Fribourg. J’arrive à la gare et après je vais au Flon ou à Croisettes. J’ai essayé une fois de prendre le bus au lieu du métro. Pour faire le même trajet, c’est 15 minutes de plus ! Avec le M2, je gagne du temps. »
Aima, 34 ans, peut se rendre d’Yverdon à son travail à Lausanne grâce au train et au métro. Mais il y a tout de même un bémol. Le Vaudois déplore que le métro soit bondé le matin : « je ne comprends pas pourquoi ils ont supprimé le bus 45, ajoute-il. Je préférerais qu’il y ait les deux et ça désengorgerait peut-être le métro entre la gare et le Flon aux heures de pointe. »
Bernette et son amie Dorianne, 62 ans sont toutes deux Jurassiennes : « On vient de la campagne, de Lucens et Carouge, et pour faire des journées entre amis à Lausanne, finie la circulation en centre-ville ! C’est trop pénible. On laisse notre voiture sur les hauts de Lausanne et on prend le M2. Plus de stress comme ça. Ça change, c’est très direct, agréable. Pour se rendre chez le médecin ou faire du shopping, c’est pratique. »
Michel Béguelin partisan du métro à Lausanne depuis ses débuts et ancien conseiller aux Etats : « Le métro a rempli toutes les espérances. Mais il faut penser aux développements futurs et pour augmenter la cadence, densifier le trafic, la simple voie sous la gare est un obstacle. »
Pauline, 40 ans, décoratrice d’intérieur: "J’ai un passé parisien, le métro était alors mon pain quotidien. J’apprécie vraiment qu’il y en ait un aussi à Lausanne surtout que j’ai la chance d’habiter sur la ligne !"
Quand on croise Orlando à 8h30 à l’arrêt de la Sallaz, le vaudois de 26 ans s’est déjà déplacé en train et en vélo avant de prendre le métro. Ce sont donc trois moyens de transports, qu’il doit utiliser pour se rendre au travail.
Grâce au M2, il peut finir son trajet matinal sans trop se fatiguer: « on peut mettre le vélo dans le métro, c’est génial ! Nous explique-t-il. C’est pour ça que je le prends. En bus, c’est plus difficile et moins rapide.»

François Marthaler, conseiller d’Etat vaudois en charge des transports: "Par son caractère "révolutionnaire", le M2 éclipse un peu le reste du réseau. Mais le succès est au rendez-vous sur l’ensemble des lignes : plus 18% de fréquentation pour les TL entre 2008 et 2009."

Même si la Lausannoise Géraldine Savary, conseillère aux Etats socialiste, n'habite pas près d'une station du M2, elle l'utilise souvent: "Dans la vie politique, on doit se déplacer aux quatre coins de Lausanne et grâce au M2, tout est accessible en peu de temps. Pour moi qui ne cicule pas en voiture, ça donne un vrai sentiment de liberté."

Comme Daniel, 28 ans, les usagers sont nombreux à apprécier le M2, surtout parce qu'il leur fait gagner du temps. Le jeune Lausannois l'emprunte tous les matins de la Riponne à Fourmi. D’un point de vue moins pratique, c’est aussi l’allure du métro qui lui plaît : "C’est joli et ça donne à Lausanne l’air d’une métropole!"
Pour Bernard, 60 ans, le M2 a été mis en service pile au "bon moment": "Je me rendais au travail à moto avant et puis suite à un accident, il y a deux ans, j’ai arrêté. Du coup, on a un véhicule de moins à la maison et moi, je prends le métro depuis le début. Parfois je m’ennuie, alors vous voyez je fais des mots-croisés pour passer le temps. C’est un rythme excellent de là où je vis, à Croisettes, jusqu’à mon travail à Grancy, j’ai toujours une place assise."
Mais emprunter le métro, c’est aussi une question de coût : "Il faut quand même reconnaître qu’en deux ans le prix de l’abonnement n’a pas augmenté et avec 600 CHF par an, je dépense beaucoup moins qu’en essence par mois."
Alors qu'il fête ses deux ans, le M2 est déjà à l'étroit
Le M2 fête aujourd’hui ses deux ans d’exploitation entre Ouchy et Epalinges sur un bilan très positif. Victime de son succès, certains de ses trains sont même saturés entre la gare CFF et le Flon. Pour faire face à la hausse continue du nombre de voyageurs, l’une des mesures envisagée est de réaménager l’intérieur des rames, pour permettre aux gens de mieux se répartir dans les convois. «A Lausanne, les usagers ne réagissent pas comme à Paris, explique Michel Joye, directeur des Transports publics de la région lausannoise (TL). Quand ils montent dans le métro, ils préfèrent rester près des portes.»
La première année, le métro lausannois a véhiculé 21 millions de personnes. La deuxième, on arrive à 24 millions de passagers, selon le décompte des portes palières des stations. La gestion automatique du M2 est aussi devenue bien plus fiable, après les pannes à répétition des premiers mois. Corollaire de ce bon niveau de performance: il est parfois difficile de trouver une place aux heures de pointe. Un phénomène constaté surtout entre la gare CFF et le Flon, mais aussi jusqu’à la station Bessières et, fait nouveau, entre la Sallaz et le CHUV.
«Le nombre de voyageurs devrait continuer à augmenter ces prochaines années, commente Michel Joye. Les chiffres devraient au moins doubler dans les quinze ans à venir à la gare CFF.» Le directeur des TL ajoute que des spécialistes sont donc en train de plancher sur tout un catalogue de mesures permettant d’accueillir davantage de monde dans le M2.
«La capacité dite théorique des rames est de 222?personnes, continue Michel Joye. Actuellement, elles en accueillent 170 à 180. Avec des changements ciblés, par exemple la disparition des strapontins, on pourrait atteindre le chiffre de 200 voyageurs par rame. Sans que les gens se sentent forcément plus à l’étroit qu’aujourd’hui.»
Les autres pistes
Les autres pistes sont plus techniques: diminution du temps durant lequel les trains font demi-tour, ou de celui que dure la fermeture ou l’ouverture des portes, augmentation de la vitesse maximale en descente…
«A moyen terme, il faudra probablement commander de nouveaux trains, ce qui se chiffrerait en dizaines de millions de francs, conclut Michel Joye. Mais combien et quand, la réponse dépend fortement de ce que nous arriverons déjà à faire avec le système actuel.»