Doris Leuthard a plaidé mardi pour des prescriptions de sécurité nucléaire qui seraient contraignantes au niveau international.
Devant ses homologues du G8 et du G20, la Ministre de l'énergie a présenté mardi à Paris la sortie progressive du nucléaire décidée par le Conseil fédéral. La ministre de l’énergie l’a justifiée en arguant que «la sûreté des centrales nucléaires suisses est actuellement garantie», selon le texte de son discours.
«Ainsi, nos réacteurs ne seront pas remplacés, mais ne seront pas mis à l’arrêt de façon anticipée», a-t-elle expliqué devant ses pairs lors de ce séminaire ministériel consacré à la sécurité nucléaire.
Berne met désormais l’accent «notamment sur les économies d’énergies et les énergies renouvelables pour assurer un approvisionnement en électricité sûr», a expliqué la conseillère fédérale. Et de souligner que pour le Conseil fédéral, «la priorité absolue reste la sécurité de la population».
Doris Leuthard a également rappelé que la Suisse avait déjà procédé à une «réévaluation» des risques encourus par les centrales nucléaires en cas de séismes et d’inondations.
Elle a en outre déclaré qu’»il est indispensable de procéder à une réévaluation de la sûreté» des centrales «à un niveau régional». Elle a de ce fait salué la décision européenne de mener des tests de résistance et a expliqué que la Suisse procédait à de tels tests sur ses centrales nucléaires. Les premiers examens ont commencé début juin. Les tests à rendre obligatoires
Au niveau international, la Suisse aimerait également que tous les Etats mettent en pratique «les exigences de sécurité nucléaire internationalement reconnues», a indiqué Doris Leuthard.
En outre, tous les pays devraient se soumettre à des examens par leurs pairs. Ces tests, idéalement effectués par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), devraient devenir «si possible obligatoires».
Pointant du doigt cette dernière, la ministre de l’Energie a souhaité que l’agence basée à Vienne informe «de façon plus détaillée et transparente» sur l’application des normes de sécurité et sur «le résultat» des examens.
Pour réduire les risques d’accidents et développer «une culture de la sécurité», la Suisse s’engage à renforcer la coopération internationale et les «échanges entre les autorités nationales de surveillance, les exploitants de centrales nucléaires et les instituts de recherche». Quant à la gestion des crises, il faut harmoniser les pratiques au niveau international. La rencontre de mardi, réunissant des ministres des grands pays industrialisés (G8) et émergents du Groupe des 20, vise à préparer les positions des Etats en vue de la prochaine conférence de l’AIEA. Cette dernière aura lieu à Vienne du 20 au 24 juin.