Nicolas Sarkozy a souhaité vendredi que la nationalité française puisse être retirée aux délinquants d’origine étrangère en cas d’atteinte à la vie d’un policier ou d’un gendarme. Le président de la République a également annoncé une évaluation des droits et prestations auxquels ont actuellement accès les immigrés en situation irrégulière.
"Nous allons réévaluer les motifs pouvant donner lieu à la déchéance de la nationalité française", a déclaré le chef de l’Etat lors d’un discours sur la sécurité à Grenoble où il était venu installer le nouveau préfet de l’Isère Eric Le Douaron, nommé après les violences urbaines dans le quartier de la Villeneuve à la mi-juillet.
"La nationalité française doit pouvoir être retirée à toute personne d’origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d’un policier, ou d’un militaire de la gendarmerie ou de toute autre personne dépositaire de l’autorité publique", a-t-il ajouté. "La nationalité française se mérite, il faut savoir s’en montrer digne".
Le chef de l’Etat a également annoncé l’extension des peines plancher "à toutes les formes de violences aggravées". "Dès le 7 septembre prochain, les peines planchers, qui fonctionnent bien (...) seront désormais étendues à toutes les formes de violences aggravées", a-t-il annoncé. En outre, "l’instauration d’un peine de prison incompressible de 30 ans pour les assassins de policiers ou de gendarmes sera discutée à la rentrée", a ajouté le chef de l’Etat.
Le chef de l’Etat a par ailleurs demandé à la garde des Sceaux Michèle Alliot-Marie de conduire une "réforme profonde du droit pénal applicable aux mineurs". "L’ordonnance de 49 est-elle adaptée aux mineurs de 2010?", s’est-il interrogé.
Passant au thème de l’immigration clandestine, le président de la République a annoncé une évaluation des droits et prestations pour les sans-papiers. "Nous allons évaluer les droits et les prestations auxquels ont aujourd’hui accès les étrangers en situation irrégulière", a-t-il dit.
"Nous subissons les conséquences de 50 années d’immigration insuffisamment régulée qui ont abouti à un échec de l’intégration", a affirmé le chef de l’Etat lors d’un discours sur la sécurité à Grenoble. "Pour réussir ce processus d’intégration, il faut impérativement maîtriser le flux migratoire".