FRANCE

Sarkozy au coeur de la mêlée pour sauver l’UMP

Par AP le 09.03.2010 à 17:29

Bien qu'il s'en défende sans convaincre personne, le président français s'engage à fond derrière ses troupes en vue des élections régionales de ce week-end.

A l’approche du premier tour des élections régionales, Nicolas Sarkozy tente de peser de tout son poids dans une campagne dont il est officiellement absent. Pour le chef de l’Etat, qui effectuait ce mardi un dernier déplacement en Franche-Comté, région un temps jugée "gagnable" par la droite, l’urgence est à la mobilisation de son camp pour atténuer autant que possible l’échec annoncé de l’UMP.

Alors que le parti présidentiel est à la traîne dans les sondages (autour de 27%, contre 31% pour le PS, selon l’institut CSA), Nicolas Sarkozy s’implique de plus en plus et use de tous les moyens à sa disposition, du soutien sur le terrain aux candidats de la majorité jusqu’à un entretien qui paraîtrait ce week-end dans le "Figaro Magazine" à la veille du scrutin.

Son rôle "n'est pas d'entrer en campagne"
Le président s’en est défendu mardi à Pontarlier, répétant que son "rôle de chef de l’Etat n’est pas de rentrer dans une campagne qui est régionale". "Bien sûr, ne soyons pas hypocrites, chacun sait quels sont mes amis (...), mais je n’ai pas à interférer", a-t-il insisté, jugeant que "c’est un grand problème français que de confondre tout le temps les échéances".

Avant d’aller dans le Doubs donner un coup de pouce au secrétaire d’Etat à la Coopération, Alain Joyandet, Nicolas Sarkozy s’est rendu successivement en Alsace et en Corse, derniers fiefs régionaux de la droite, puis dans le Centre et en Guyane, deux régions susceptibles de basculer.

Quitte à redevenir "l’homme d’un camp", au mépris de toute neutralité présidentielle, il a même reçu la semaine dernière l’équipe de Valérie Pécresse, tête de liste UMP en Ile-de-France, dont la campagne souffre des remous de l’affaire Soumaré mais aussi de divisions internes.

Implication "inadmissible" pour la gauche
"Il n’est pas admissible aujourd’hui que le président de la République, dans le cadre de ses fonctions, s’implique dans cette campagne et que des moyens de la République puissent être ainsi détournés pour soutenir les candidats de l’UMP", dénonçait lundi le porte-parole du PS Benoît Hamon.

A l’appui de cette implication, perçue comme un "sauve qui peut" par l’opposition, le président de la République multiplie les annonces ciblées: de la baisse du chômage "dans les prochaines semaines" à une rallonge de 800 millions d’euros de prêts bonifiés pour les agriculteurs en passant par la commande de deux bâtiments de guerre destinés à la Russie pour les chantiers navals de Saint-Nazaire.

Mais cette stratégie à ses limites. "Il a cru qu’il pouvait tout à tout moment et tout le temps, et il s’aperçoit que ce n’est pas vrai", analyse Daniel Cohn-Bendit, le leader d’Europe Ecologie.

Popularité en baisse constante
Les résultats de sa politique tardant à se matérialiser sur les fronts de l’emploi, du pouvoir d’achat et de la sécurité, Nicolas Sarkozy voit sa popularité décliner mois après mois. C’est donc logiquement que François Fillon, davantage épargné par les sondages, est envoyé au front dans la dernière ligne droite. Le Premier ministre, qui pourrait avoir à payer de sa personne une écrasante victoire de la gauche, enchaîne à son tour les déplacements: il en sera vendredi à Beauvais (Oise) à son 12e meeting de campagne.

Plus que jamais en première ligne, le chef du gouvernement devait également s’exprimer mardi soir dans le journal de 20h de France-2.
Dans le même temps, l’UMP tend à radicaliser sa campagne, à l’image de son secrétaire général Xavier Bertrand, qui qualifie de "nul" le bilan des exécutifs socialistes en régions et juge "très arrogant" le pronostic de "grand chelem" de Martine Aubry.

Pour l’UMP, déjà rebaptisé "l’Union pour une machine à perdre" par le site slate.fr, il s’agit désormais d’attaquer le PS tous azimuts pour arriver le plus souvent possible en tête au premier tour et convaincre les 48% d’électeurs qui se déclarent abstentionnistes.

Contre vents et marées, le porte-parole de l’UMP Frédéric Lefebvre considérait lundi l’abstention annoncée comme une "réserve de voix" voire "un gisement de voix" pour la majorité.
Reste qu’un fort taux d’abstention, au-delà des 50% prédits par les enquêtes d’opinion (contre 39,2% aux régionales de 2004), ferait le jeu du président et du gouvernement, relativisant le verdict de ces "élections de mi-mandat" qui peinent à passionner les Français.

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