Malgré son départ du Conseil des Etats cet automne, Dick Marty restera associé à plusieurs dossiers internationaux. Pour le Conseil de l’Europe, il a mené nombre d’enquêtes. Dès 2005, il s’intéresse aux prisons secrètes de la CIA sur sol européen. Plusieurs pays sont épinglés. En 2009, il s’intéresse au Caucase du Nord. Dossier le plus récent: le trafic d’organes au Kosovo. «On attend la création d’une juridiction crédible, indépendante, efficace, et qui assure la sécurité des témoins. Les rapports de nombreux services de renseignement signalent les liens entre crime organisé et pouvoir. L’ancienne armée de libération UCK et le nom du premier ministre kosovar, Hashim Thaçi, sont cités dès les années 1990. Pourtant, les Etats-Unis et l’Union européenne n’ont pas bougé. Personne n’a intérêt à ce qu’on fasse la vérité là-dessus. Depuis dix?ans, on ferme les yeux sur les différents trafics d’armes, de drogue ou encore d’organes. C’était bien commode de voir dans un camp les «gentils» et dans l’autre les «méchants». Reste qu’une mère qui perd son enfant, qu’elle soit Serbe ou Kosovare, vit le même drame.» Dick Marty ajoute: «De plus en plus, la Russie et les Etats-Unis se partagent les zones d’influence. La première ne s’en prend pas, si ce n’est verbalement, aux Etats-Unis, au Kosovo. A l’inverse la situation en Géorgie est passée sous silence. Et les Etats-Unis soutiennent la candidature russe à l’OMC. Ainsi tout est bloqué au Conseil de sécurité de l’ONU, notamment.»