Elections fédérales 2011

«Réunir des partis qui perdent ne fait pas gagner»

Par Xavier Alonso Berne le 05.04.2011 à 21:59

Attaqué à Zurich. Pressé d’unir le centre-droite par Couchepin. Le président du PLR Fulvio Pelli se rebiffe

«Je suis le président du PLR Suisse, je porte évidemment ma part de responsabilité dans la défaite des élections zurichoises. Je ne me défausse pas.» Fulvio Pelli avait, hier, le verbe haut. La maîtrise qui le caractérise ne le quitte pourtant pas, mais le président du PLR est comme animé par une «colère pragmatique». C’est ainsi qu’il définit ses accès de furie toujours corsetée dans sa placidité d’intellectuel. «Je ne réponds pas à des critiques anonymes. Si quelqu’un veut discuter de mon bilan de six ans de présidence, je suis prêt. Mais je rappelle que toutes les décisions stratégiques sont prises avec la conférence des présidents des partis cantonaux», lance Fulvio Pelli.

Depuis le revers du PLR à Zurich dimanche dernier, les attaques contre Fulvio Pelli se multiplient dans la presse zurichoise. Sa démission est évoquée. Et de manière à peine moins hargneuse, il lui est reproché de ne pas savoir communiquer, d’être trop sinueux. Dernier exemple: la prise de position en deux temps sur l’accident nucléaire de Fukushima (d’abord minimisé, ce dernier a ensuite remis en question la ligne du PLR sur le dossier de l’énergie) a été interprétée comme une inacceptable volte-face.

«Il n’y a aucune logique dans ce reproche. A Zurich, ce ne sont pas les pronucléaires qui ont progressé! Nous avons perdu des voix parce que les Verts libéraux sont indexés à droite comme antinucléaires», explique Fulvio Pelli qui reste convaincu que Zurich est un résultat particulier dans un contexte particulier. «Trois semaines avant Fukushima, les sondages nous plaçaient en bonne position», estime le Tessinois de 60?ans.

En revanche, la lente érosion ne date pas de dimanche dernier et ne peut être imputée à Fulvio Pelli. A Zurich justement, le PLR est passé en vingt ans de 50 à 23 sièges au Grand Conseil. Ce qui fait dire à certains que le parti n’est pas suffisamment incarné en Suisse alémanique. Depuis l’année 2001 et le départ de Franz Steinegger, le PLR n’a connu qu’une seule présidence marquante: celle latine de Fulvio Pelli, en poste depuis 2005. Gerold Bührer, Rolf Schweiger et Marianne Kleiner n’ayant fait que des passages éclairs: une année chacun. Et deux ans pour la Vaudoise Christiane Langenberger.

«Le problème de la Suisse alémanique est qu’ils n’ont pas proposé de candidats depuis des années. Mais je n’ai pas tellement envie de me défendre sur tout. Je crois avoir fait du bon travail. Objectivement», constate Fulvio Pelli. Le Tessinois a annoncé, il y a plus d’une année, qu’il quitterait la présidence du PLR en 2012. Aura-t-il le temps de mettre en route un dernier défi: une coalition du centre? Une idée qui fait son chemin parmi certains PLR et PDC. Et que soutient l’ex-conseiller fédéral radical Pascal Couchepin (lire nos éditions d’hier).

Pas d’alliance dans un système de concordance

«Réunir des partis qui perdent n’a jamais fait gagner personne. Et ce concept de tous ensembles contre quelqu’un n’est pas la bonne recette, et c’est bien de cela dont il s’agit», s’emporte Fulvio Pelli. «Le PLR doit parfois travailler avec l’UDC pour faire passer des projets favorables à l’économie, à la fiscalité. D’autre fois, le PLR soutient des sujets de société et nous devons chercher de l’appui à gauche. C’est cela le libéralisme!»

Fulvio Pelli ne veut pas entendre parler d’alliance, de coalition… «Je sais où je suis politiquement. Et d’ici, je collabore très volontiers avec tous les partis pour ce que je crois être l’intérêt de la Suisse, martèle le président du PLR. Ce système de fonctionnement a un nom, il s’appelle la concordance. C’est le nôtre, spécifique à la Suisse. Et il fonctionnait bien tant que, à notre gauche comme à notre droite, on ne préférait pas ses propres intérêts à ceux de la Suisse.»

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