"M. Hamdani sera dans quelques heures à Genève", a expliqué l'avocat libyen, qui a ajouté que le Suisse se trouvait selon ses indications à Djerba. Impossible à l'heure actuelle d'avoir des précisions sur ses conditions d'arrivée. Le Conseil d'Etat genevois a cependant informé la presse que, "en accord avec la Confédération, il n’y aura pas d’accueil officiel à l’arrivée de M. Hamdani."
Une source du ministère tunisien des Affaires étrangères a auparavant indiqué à l'ATS que Rachid Hamdani avait reçu un visa de sortie pour la Tunisie, sans pouvoir confirmer toutefois qu'il avait bien franchi la frontière. Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), la femme de M. Hamdani et son avocat français Emmanuel Altit ont confirmé que le Tuniso-suisse avait quitté le territoire libyen, sans toutefois indiquer où il était arrivé.
Rachid Hamdani a confié son soulagement à la TSR. C’est "presque un rêve", a déclaré le Vaudois de 70 ans dans un entretien réalisé à Djerba, en Tunisie. Il a aussi eu des mots de sympathie envers son compagnon d’infortune Max Göldi, toujours retenu à Tripoli.
Dernière nuit difficile
Rachid Hamdani explique que le passage en prison après son arrestation le 19 juillet 2008 a été "de loin le moment le plus dur" de sa vie. Il n’avait en effet jamais eu affaire à la justice. La dernière nuit avant l’autorisation de quitter Tripoli a été aussi un moment difficile, avec beaucoup de discussions difficiles à confirmer jusque tard dans la soirée.
Rachid Hamdani a aussi témoigné sa solidarité à l’égard de l’autre Suisse toujours retenu en Libye, Max Göldi, qui a quitté l’ambassade pour se rendre à la police et être emprisonné. Le quitter a été "très douloureux pour moi. On était toujours ensemble". La séparation a été pénible. Rachid Hamdani a déclaré être "mal à l’aise de rentrer seul". Puis de conclure: «Je dois vous laisser, je crois que je dois prendre un avion maintenant.»
Reportage de la télévision libyenne
La Libye se félicite
"La Suisse a cédé, écoutant notre avertissement, et a livré le Suisse accusé aux mains de la police judiciaire", titre triomphalement l'agence officielle Jana dans une dépêche diffusée mardi matin.
Dans ce texte, l'agence cite le ministre libyen des affaires étrangères Moussa Koussa, qui affirme: "c'est bien que la Suisse ait écouté nos demandes, dans l'intérêt de ses ressortissants, et qu'elle ait cessé de les cacher dans son ambassade" à Tripoli.
"Maintenant, finalement, le Suisse condamné (Max Göldi) pourra utiliser son droit à recourir devant la Cour suprême. Mais la chose importante pour nous, c'est d'avoir souligné notre désir d'appliquer la loi", ajoute-t-il.
Dans un communiqué diffusé mardi matin, le groupe technologique ABB, pour lequel travaille Max Göldi, a confirmé que son employé s'est rendu en prison. "Nous espérons que cette situation puisse être résolue le plus vite possible", écrit-il.
Premières déclarations de Rachid Hamdani
"Par mon séjour à l'ambassade helvétique, le gouvernement suisse m'a mené à une impasse, ce qui a compliqué encore les problèmes", a déclaré M. Hamdani à quelques journaliste, peu de temps avant son départ vers la Tunisie.
Qualifié d'"otage", tout comme son compatriote Max Göldi, par les autorités et la presse suisses, il a démenti qu'il était "détenu".
"Durant mon séjour en Libye je lisais ce qui se dit dans la presse étrangère au sujet de ma 'détention'. Ceci est complètement faux et n'a aucun fondement", a-t-il encore dit, dans sa première déclaration à la presse depuis son arrestation.
"Je vais rentrer chez moi pour me reposer et après je reprendrai mon travail comme avant pour une deuxième expérience et avec le même enthousiasme", a déclaré Hamdani.
Le départ
Vêtu d'une chemise à carreaux et d'une veste bleue, M. Hamdani a pris place dans une voiture de l'ambassade helvétique à Tripoli vers 23h devant le siège du ministère libyen des affaires étrangères. Il a été salué à son départ par des diplomates autrichiens, suisses, espagnols et allemands, qui lui ont souhaité un "bon voyage vers la Tunisie".
"Je pars en remerciant les Libyens pour le bon traitement que j'ai reçu", a déclaré M. Hamdani à des journalistes, sans préciser les raisons de son départ retardé.
Son avocat, Salah Zahaf, avait indiqué lundi en milieu de journée que son client était parti en voiture vers la Tunisie après avoir obtenu son visa de sortie des autorités libyennes. Mais en début de soirée, l'épouse de cet homme d'affaires et les autorités suisses ont affirmé que M. Hamdani se trouvait toujours à Tripoli lundi en début de soirée.
"Il m'a dit qu'il sortait du ministère de l'intérieur, qu'il devait avoir encore un entretien au ministère des affaires étrangères et qu'il pourrait partir" après, avait déclaré Mme Bruna Hamdani à la Radio suisse romande.
Göldi en prison
Alors que M. Hamdani a été autorisé à quitter la Libye, l'autre suisse, Max Göldi s'est finalement rendu lundi aux autorités libyennes qui l'ont conduit en prison.
Des représentants du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) ont pu rendre visite à Max Göldi. L'otage suisse emprisonné en Libye «va bien étant donné les circonstances», indique un porte-parole dans une prise de position du DFAE transmise à l'ATS.
La famille de Max Göldi est "très contente" que Rachid Hamdani ait pu quitter la Libye et soit prochainement en Suisse. Elle se dit en revanche "profondément attristée" que Max Göldi n'ait pas encore pu retourner chez lui.
"Nous confirmons que Max a suivi les exigences des autorités libyennes et s'est livré à la police lundi 22 février", écrit mardi matin la famille de l'employé d'ABB dans un communiqué.
"Nous sommes entièrement confiants qu'une solution sera trouvée bientôt pour lui permettre à lui aussi de retourner dans sa famille", poursuit le texte. La famille de Max Göldi lui souhaite "beaucoup de courage pour les prochains temps".
«Nous sommes tout à fait heureux pour lui et pour sa famille, mais nous ne serons totalement satisfaits que lorsque Max Göldi aura rejoint sa famille», a dit pour sa part Emmanuel Altit. L'avocat des deux Suisses, précisant que Hamdani était "en sécurité", n'a pas souhaité préciser où se trouve exactement le double-national, ni quand il retournera en Suisse.
Refugiés dans l'ambassade suisse à Tripoli, les deux hommes avaient été poursuivis et jugés pour "séjour illégal" et "exercice d'activités économiques illégales" en Libye. M. Göldi avait été condamné à quatre mois de prison alors que M. Hamdani avait été blanchi début février.
Ils avaient été arrêtés en juillet 2008 en Libye, après l'interpellation musclée à Genève d'un fils du numéro un libyen Mouammar Kadhafi, Hannibal, et de son épouse, sur une plainte de deux domestiques accusant leur employeur de mauvais traitements.