Le PLR à Lausanne. L’UDC à Zurich. Aujourd’hui les deux grands partis de droite tiennent leur assemblée des délégués. Autrefois unis, ils se toisent désormais, quand ils ne s’invectivent pas. Mais pourquoi tant de mésentente? «Nous, c’est nous: le PLR. Un parti qui travaille pour la Suisse depuis toujours et on ne veut plus de confusion!» Fulvio Pelli, le président du PLR, l’a mauvaise quand on le lance sur l’absence – presque totale – d’accord entre le PLR et l’UDC en cette année électorale. En 2007, les deux partis apparentaient leurs listes dans huit cantons (AG, BE, JU, NE, ZH, TG, BL et VD). En 2011, seul Vaud renouvelle l’expérience.
«Le phénomène d’Alleingang de l’UDC est général sur l’ensemble de la Suisse. Loyaux, les membres de l’UDC tiennent leurs engagements. Au PLR…» Pour Yvan Perrin, le vice-président de l’UDC, le divorce est prononcé. D’autant que chacun accuse l’autre d’être le «cocu».
«Ces apparentements n’ont rien apporté. Dire que nous y avons gagné est une hypothèse», rétorque Fulvio Pelli. En 2007 à Zurich, le PLR Félix Gutzwiller était élu conseiller aux Etats grâce aux voix UDC. Ueli Maurer échouait, lui, faute d’avoir bénéficié des suffrages PLR. A Neuchâtel, l’apparentement a garanti au PLR ses deux sièges au National. Sans que le Grand vieux parti ne renvoie l’ascenseur lors des échéances électorales suivantes. Dans le Jura, c’est l’inverse! L’UDC Dominique Baettig a raflé un siège promis au PLR.
Au-delà de savoir qui, de l’UDC ou du PLR, a réellement bénéficié de l’arithmétique des apparentements de listes, les divergences entre les deux partis sont profondes. Le PLR accuse l’UDC de mettre en danger la prospérité du pays avec ses positions extrêmes. En 2007, il avait fermé les yeux sur la campagne des moutons noirs. En 2011, l’initiative UDC contre l’immigration massive ne passe plus. «Après les dernières Fédérales, nous avons pris la décision de principe de ne plus nous mêler aux autres», explique Fulvio Pelli. Un vote confirmé en mai dernier par l’assemblée des délégués du PLR. «En ce moment, chacun montre à quel point il est pertinent de voter pour soi et non pour l’autre», analyse Yvan Perrin.
Aussi, les assemblées du jour se concentrent sur les fondamentaux de chacun. Le PLR déclinera «l’emploi» jusqu’à plus soif. L’UDC renouvelle, elle, son «contrat avec le peuple» de 2007. Pour Yvan Perrin, la diversité de l’UDC d’aujourd’hui invite à rappeler «trois points non négociables: Non à l’Union européenne. Renvoi des étrangers criminels. Moins d’impôts.»
Et si on se réconciliait?
Et dans ce contexte, déjà chaud, des élections d’octobre, il faut encore tenir compte des enjeux de l’élection au Conseil fédéral du 14 décembre. Les deux ministres PLR, sans soutien de l’UDC, seront en difficulté. «Les non-alliances électorales n’ont rien à voir avec une élection au Conseil fédéral», tranche Fulvio Pelli. «Il sera bien temps de procéder à une appréciation judicieuse des intérêts des uns et des autres», assure Yvan Perrin. Cela s’appellerait un remariage de raison.