En six mois seulement cette année, le nombre de défaillances de sociétés en Suisse représente déjà 60% des ouvertures de faillite enregistrées sur l'entier de 2009, a indiqué vendredi Creditreform. A l'image des mois précédents, la hausse traduit également les nouvelles dispositions du Code des obligations.
Longs délais parfois
Sans ce facteur, qui intègre désormais les carences dans l'organisation (article 731b), la progression du nombre de faillites de sociétés ressort à 18,4% (2352 cas). Sur le seul mois de juin, Creditreform a compté 514 ouvertures de faillite, un effectif stable en rythme annuel cette fois.
Le délai courant entre l'apparition de difficultés pour une entreprise et sa mise en faillite peut prendre du temps. Il n'est en effet pas rare de devoir compter en mois, voire en années.
Concernant les cas de faillites de privés, leur nombre a reculé de 2% au cours des six premiers mois de l'année, à 2796. Le mois de juin a revanche noté une dégradation à 512 (+18,5%). Creditreform relève que c'est la première fois que l'effectif des défaillances de sociétés dépasse celui des privés.
Suisse romande moins touchée
Au total, 5933 ouvertures de faillite ont été recensées au premier semestre, un nombre en hausse de 11,1%. Il faut remonter à l'année 2007 pour trouver une valeur aussi élevée (5423), note l'institut de recouvrement, qui se décrit comme la plus grande association suisse de créanciers. En juin, la progression se situe à 22,4%.
En considérant les régions, la Suisse romande apparaît peu affectée par le bond des mises en faillite. Elle n'enregistre ainsi qu'une modeste hausse de 0,9% du nombre total, même si la baisse pour les privés (-6,8%) masque l'augmentation pour les sociétés (+12,9%).
La situation la plus délicate revient à la Suisse du Nord-Ouest (région de Bâle), qui accuse un bond de 33,5% du nombre total de faillites. Derrière, figurent la Suisse centrale (+24,3%), la Suisse orientale (+22,7%), le Tessin (+7,5%), Zurich (+5,6%). Berne est la seule région à tirer son épingle du jeu (-1%).
Inscriptions dynamiques
Les nouvelles inscriptions au Registre du commerce montrent pour leur part un autre visage de l'économie suisse, celle de son dynamisme. Leur nombre a ainsi bondi de 18,3% en juin à 3478, et de 9,2% au premier semestre à 18'757.
Par régions, la plus forte progression est le fait de Berne (+17,2%). La Suisse romande est en revanche à la traîne, avec une avancée limitée à 5,2%, soit le même coefficient que pour Zurich. La société à responsabilité limitée (Sàrl) a concentré à elle seule 34% des inscriptions.
A l'inverse, les cas de radiation ont touché 12'997 entreprises au premier semestre, et 2386 sur le seul mois de juin. Les taux de croissance (respectivement 12,5% et 6,5%) reflètent en partie un phénomène de mises à jour des statistiques dans les cantons au niveau des sociétés fantômes.
Par régions, Zurich a connu la plus forte hausse (+33,3%), un chiffre à relativiser toutefois dans la mesure où le canton opère ces mises à jour rapidement. La Suisse romande n'a quant à elle enregistré qu'une modeste poussée de 2,1%.