MUSÉE DES BEAUX-ARTS
Tentons les autres atouts
Lausanne, ses terrasses et sa magnifique vue sur le Léman, d’accord. Mais notre jolie petite ville, c’est aussi ses vallons et ses quartiers verdoyants. Nos beaux-arts se voyant refusés au bord du lac, tentons les autres atouts. Par exemple, tout prêt de la place de la Riponne se trouve le quartier populaire du Vallon qui n’attend qu’une douce réaffectation pour valoriser son image. Il était connu des Lausannois il y a bien longtemps pour son funiculaire (dont le tunnel existe toujours) qui rejoignait Sauvabelin, proche du musée de l’Hermitage. Au XIXe, on s’y promenait le long du Flon. Quoi de plus véritablement représentatif du charme de la ville que cette situation pour le moins atypique, entourée d’arbres et de vergers ?
A deux pas du Château, mais déjà presque en campagne, le musée pourrait remplacer l’ancienne usine d’incinération, serait voisin de lieux culturels riches en propositions nouvelles (2.21, Pulloff, Doll, Standard Deluxe), et correspondrait tout à fait à l’identité de Lausanne, en faire sa fierté, sans devoir forcément épater.
En plus, l’aménagement d’une institution culturelle dans un quartier populaire promouvrait certainement l’image d’une ville originale et audacieuse dans la réalité sociale d’aujourd’hui.
Jean-Christophe Huguenin,
Lausanne
A géométrie variable
C’est ainsi que l’on peut qualifier la politique vaudoise en matière d’aménagement du territoire, et, là, beaucoup de votants ont rejoint les arguments de Franz Weber pour protéger les rives du lac Léman.
En effet, comment expliquer qu’un agriculteur qui veut faire de modestes modifications à sa ferme en zone agricole n’en finit pas avec les tracasseries et oppositions de la part du service de l’aménagement du territoire ? Et pour ce fameux musée, que beaucoup de gens souhaitent certainement, l’Etat ose projeter un bloc en béton au bord du lac ! C’est tout à fait incompréhensible et c’est d’autant mal perçu par les gens de la campagne que le même Etat a osé bloquer tout développement éventuel de la zone agricole dans les villages qui n’ont pas de transport public !
Comme simple citoyen, je serai intéressé de connaître les arguments dudit service. Car, entre bloquer la zone agricole et laisser un développement modéré, il y a une grande différence, et l’argument du trafic sur les routes ne suffit pas. Ce diktat est antidémocratique, mais comme cela concerne peu de monde, on se permet n’importe quoi.
Gilbert Fiaux,
Hermenches
Vous avez dit: «architecture» ?
Ainsi donc les votants vaudois ont dit non au crédit d’étude pour le nouveau Musée des beaux-arts sis à Lausanne, sur la rive du Léman. Ce non signifie-t-il non au Musée ? Non à son architecture ? Non à son futur vrai coût ? Je ne me pencherai que sur son aspect architectural. Quelle tristesse que ce projet ! Un parallélépipède nu flanqué en bordure du lac ! Certains enfants auraient peut-être fait mieux !
Je propose aux architectes de tous bords de se rendre à Valence (Espagne) afin de contempler et d’apprécier les nouvelles constructions faites sur un ancien cours d’eau depuis longtemps asséché. Une visite de la Cité des Arts et de la Science s’impose de toute évidence !
Pour le néophyte que je suis en matière d’architecture, j’ai été conquis par l’audace, la beauté des courbes, des arrondis et des arabesques. L’utilisation de plans d’eau et de la végétation est pure merveille.
Nos édiles feraient bien aussi d’y aller et de se régaler les yeux sur ce site, de même que ceux qui devront attribuer un «satisfecit» au prochain projet.
Pourquoi pas sur la Riponne ? Un bâtiment sur pilotis permettrait une utilisation optimale de cette place à la si triste apparence actuelle (marchés, marchés aux puces, concerts, théâtre de rue, autres manifestations, etc.). Sur les murs de ce bâtiment, des fresques, des images en trompe-l’œil pour donner «vie et couleurs», de la végétation pour donner un peu de tendresse au cœur de ce quartier gris.
Nous pouvons toujours espérer meilleur et plus beau !
Jean-Pierre Brand,
Le Sentier
Sur la Riviera
Je suis déçu par le refus de créer un nouveau musée à Bellerive. Mais je reste persuadé, comme beaucoup de citoyens, de la nécessité de mettre en valeur notre patrimoine artistique. (…)
La votation de ce week-end suggère heureusement d’autres pistes. Une majorité de citoyens des districts de Nyon et de La Riviera-Pays-d’Enhaut ont voté en faveur d’un musée alors que Lausanne et l’arrière-pays ont voté non. Relevons que l’acceptation des citoyens de la Riviera est encore plus nette si on soustrait le refus des habitants du Pays-d’Enhaut.
Accueillir un musée cantonal sur la Côte ou sur la Riviera correspondrait donc assez bien à l’intérêt manifesté par les habitants de ces deux régions lémaniques. Edifier un musée à Nyon poserait le problème de sa concurrence avec les riches musées genevois et de sa localisation périphérique dans le canton. La Riviera, en revanche, a pas mal d’atouts. Sa population de 72?000 habitants en fait la troisième ville virtuelle de Suisse romande et la septième de Suisse.
Cette ville en devenir se trouve à un carrefour autoroutier européen et un RER circulera bientôt entre Montreux et Lausanne. Son important potentiel touristique et la richesse de son offre culturelle sont d’autres qualités à faire valoir pour l’implantation d’un Musée cantonal des beaux-arts sur la Riviera. Les emplacements envisageables ne manquent pas. Les possibilités de réalisation méritent donc d’être explorées.
Ce serait un formidable projet rassembleur si les autorités locales manifestaient leur intérêt commun à un tel projet. Une majorité de citoyens de la région ont déjà esquissé la voie par leur vote.
Jacques Vallotton,
La Tour-de-Peilz
Le bon sens a triomphé
Ni les prises de position des autorités politiques et de diverses personnalités, ni les importants moyens financiers de la campagne des «oui au musée» n’ont réussi à influencer les citoyens. Ils ont montré leur détermination à préserver – comme la Loi l’exige d’ailleurs – les rives du lac. Le bâtiment aux murs aveugles, «joyau architectural» pour certains, véritable «bunker» pour les autres, est enterré avant d’être érigé. A la suite de cette votation, une large réflexion s’impose sur la nécessité impérieuse d’un nouveau musée et sa localisation… dans le centre-ville, mais peut-être pas forcément de la capitale…
Et si, en un premier temps, l’on prêtait à des musées existants dans les grandes agglomérations du canton, des œuvres entassées dans les réduits du Palais de Rumine ? Cela permettrait de dépoussiérer ces chefs-d’œuvre en offrant un regain de vitalité à certains musées, et permettrait aux Vaudois de se faire une idée plus précise de ces trésors cachés.
Annie Mumenthaler,
Pully
La claque !
Le projet du Musée des beaux-arts s’est pris une claque. Qui peut encore, aujourd’hui, se demander pourquoi ? Ce n’est certainement pas l’idée de musée qui a choqué les Vaudois, mais bien plutôt sa conception. Les arguments de pas mal de gens étaient: on ne veut pas de cette verrue, de ce gros bloc de béton, etc. Les gens en ont marre de la mise en valeur de l’ego (au travers de sa création) humain.
Personne ne traitera jamais de verrues les montagnes d’en face ou un cèdre dans un parc. La beauté de la nature dépasse toute création humaine. Imaginez un musée qui mettrait en valeur cette beauté originelle (après tout n’est-ce pas ce qu’ont souvent essayé de faire les peintres ?) et qui, miracle, s’intégrerait en embellissant celle-ci. Quel bonheur !
Thierry Chaibi,
La Croix-sur-Lutry
Que s’est-il passé ?
Incroyable, un projet inéluctable et génial, ficelé dans les meilleures règles de l’Art, avec un grand A, présenté sous ses plus augustes coutures au bon peuple, est réduit à néant par ce dernier!
A croire que les Vaudois, dans leur majorité, sont des imbéciles…
On comprend parfaitement la nécessité pour les meneurs de jeu – qu’ils relèvent du politique, de l’économique ou du culturel – d’élaborer de temps à autre de grandioses projets porteurs d’espoir et de futurs radieux. On entend bien, que pour les faire passer auprès d’administrés, frileux par définition, il faille user de toutes les techniques de marketing appropriées.
Toutefois, lorsque ces techniques se déroulent en rouleau compresseur, écrasant de manière soviétique toute velléité d’opposition, on comprend aussi que celle-ci se fait alors rampante et discrète pour gagner les plus larges couches de la société.
Quelques précédents avaient pourtant largement donné le ton: souvenez-vous des votations sur la candidature de Lausanne aux JO, sur la bretelle de la Perraudettaz, ou encore celles sur la campagne de l’Hermitage ! S’il ne faisait alors jamais bon d’afficher de doute en public, les résultats, eux, n’en laissèrent aucun.
Que les concepteurs de ces grands projets aient des trous de mémoire est bien compréhensible, tant ils sont occupés à en creuser par ailleurs. Il serait toutefois bon qu’ils comprennent aussi la qualité subliminale du message donné par un peuple moins stupide qu’ils ne le croient: à savoir que le bétonnage tous azimuts et la densification à outrance sont des valeurs dépassées, relevant d’une politique réactionnaire de fuite en avant !
Michel Curchod,
Lausanne
Osons l’avenir…
Musée et stade au bord du lac, pourquoi ne pas lier les deux projets dans un même site, un même objet architecturalement audacieux, aux normes écologiques les plus innovantes ? Osons l’avenir, mais de grâce avec de l’innovation futuriste et non passéiste.
Un stade non utilisé ne rapporte rien, un musée est vivant tous les jours, je suis persuadé que Migros ou Coop financerait en bonne partie cette idée. Que les politiques se secouent et qu’ils proposent au peuple cette alternative, ils seront suivis.
Ernest Bosson,
L’Abergement
A la Blécherette ?
Or donc les Vaudois ont refusé le crédit d’études du futur musée à Bellerive. Avec cette décision, ils ont très probablement définitivement mis au placard d’importantes œuvres qui n’attendaient qu’à être exposées. Les généreux donateurs iront tout simplement voir ailleurs ! En rejetant de peu le crédit d’études, la population ne s’est pas opposée au musée mais bel et bien à son implantation. La crainte de voir une verrue apparaître au bord du Léman l’a malheureusement emporté sur la raison. Et comme toujours dans notre frileux canton (…), on ne juge que sur pièces. Reste qu’un nouveau projet verra prochainement le jour mais que l’inauguration dudit musée est repoussée aux calendes grecques !
Afin de gagner du temps et puisque le projet Métamorphose devrait bientôt démarrer, je propose que le futur musée prenne place sur le plateau de la Blécherette, là où les initiateurs de la Pontaise ne souhaitent pas de nouvelles habitations. Ainsi, ce quartier de Lausanne bénéficierait non seulement d’un pôle attractif important mais également d’un nouveau stade d’athlétisme. Le futur tramway deviendrait indispensable pour desservir les habitants du quartier, ainsi que les visiteurs du musée.
Avec cette solution, les initiateurs de la Pontaise seraient très probablement ravis et laisseraient enfin en paix le futur stade de football qui mérite, lui, d’être construit à Vidy, dans un avenir proche.
Et non pas aux calendes grecques… Il en va de l’avenir d’un certain FC Lausanne-Sport.
Julien Frutig,
Lausanne
Foin du béton, vive la légèreté !
Il est curieux de constater que les tenants de feu le musée de Bellerive cherchent toutes les raisons du refus dans la conjoncture actuelle et glissent comme chat sur braise sur la laideur, la monstruosité de ce cercueil de béton posé sur un bunker, trop lourd, trop haut, un crime de lèse-paysage face à la beauté du lac.
Pourquoi ne pas contacter les architectes japonais qui ont conçu le Rolex Learning Center à l’EPFL, cette vague originale, claire, ondoyante, qui aurait été en harmonie avec le lac. Foin du béton, vive la légèreté! La réussite future devra en tenir compte. Lèse-majesté
Yvette Helfer,
Lausanne
La nouvelle m’a laissé sous le choc !
Les Vaudois n’auront pas de musée au bord de l’eau. La nouvelle m’a laissé sous le choc. La dernière fois que j’ai ressenti une chose pareille, Zidane donnait un coup de boule à un Italien tatoué en finale de la Coupe du monde. En finale de la Coupe du monde ! Et en quelques secondes, les choses basculent. L’impensable est fait. C’est la vie. Il faudra s’habituer à vivre avec.
Pourtant, l’art mérite un joli cadre. C’est comme la gastronomie. On ne sert pas du Rochat dans des assiettes en carton.
Mais, c’est la vie. Personne n’effacera le coup de boule ni le musée rejeté d’ailleurs. On n’y peut rien. Il faut vivre avec.
Hadi Barkat,
Lausanne
Tarifs CFF: la nouvelle hausse annoncée est-elle acceptable?