Micheline Calmy-Rey a proposé aux membres du Conseil économique et social (Ecosoc) de l’ONU, réunis depuis hier en séance plénière à Genève, de réformer cet organe pour adapter son fonctionnement aux enjeux du moment.
Partant du constat qu’il existe un déficit dans la gouvernance mondiale sur les questions de la durabilité, la présidente de la Confédération suggère de transformer la structure existante en un Conseil du développement durable. «Nous avons besoin d’une plate-forme politique qui attire Etats, économie et société non seulement pour débattre, mais surtout pour agir», explique Micheline Calmy-Rey.
L’idée de la Suisse rejoint la proposition faite en 2009 par Angela Merkel de créer un Conseil économique des Nations Unies. La présidente de la Confédération n’a pas consulté les autres Etats. «On en est au stade de l’idée qu’on lance», explique-t-elle. Dans la tête de Micheline Calmy-Rey, les choses semblent déjà bien claires. «On pourrait créer un comité exécutif», poursuit-elle. L’Ecosoc pourrait dès lors se réunir en plus petit comité, et par conséquent plus fréquemment, pour traiter des questions relatives au développement durable. Evidemment, dans son esprit, Genève en serait le centre névralgique.
La présidente de la Confédération pousse également l’idée d’un Examen périodique universel sur la durabilité mondiale calqué sur le mécanisme mis en place au sein du Conseil des droits de l’homme. «Un instrument de ce type pourrait renforcer la gouvernance internationale en matière de durabilité», ajoute Micheline Calmy-Rey, qui voit là un moyen de contraindre les Etats à tenir leurs engagements. Cette démarche de la Suisse en faveur d’une réforme de l’Ecosoc est qualifiée de «stratégique». L’idée lancée par la présidente de la Confédération devrait être incluse dans le rapport de l’Ecosoc, qui sera soumis à l’Assemblée générale de l’ONU.