La mère d'Alessia et de Livia demande qu’un médiateur fasse le lien entre la famille, la police, les avocats et les médias.
«Je me suis retrouvée toute seule avec mes proches», déplore Irina Lucidi dans une interview au «Matin Dimanche». En Suisse, «il n’y a pas d’institution spécialisée dans les enlèvements parentaux, les fugues, les rapts d’enfants par des tiers». Et Mme Lucidi de citer en exemple la France, où «une permanence téléphonique offre un support juridique et une aide psychologique».
Or, un soutien de ce type est crucial pour les proches, souligne- t-elle. «Un parent a besoin d’être informé lorsqu’il vit un tel drame. Il a besoin de connaître l’évolution de l’enquête. A moi, la police me disait juste: «On n’a rien de neuf.» Les victimes ont besoin d’être rassurées. Si elles ne le sont pas, c’est terrible.» Médiateur
Pour remédier à la situation, la mère des jumelles propose la création d’un poste de médiateur. Celui-ci ferait le lien entre la famille du disparu, la police, les avocats et les autres intervenants. Il pourrait aussi parler au nom de la famille.
En l’absence de structure publique, Irina Lucidi a elle pu profiter de l’aide d’une fondation privée spécialisée dans la recherche de personnes disparues, Swissmissing. «Nous nous appelons tous les jours, encore aujourd’hui, pour connaître le déroulement de l’enquête.» «Il faut les retrouver»
Quant à ses deux filles disparues, Irina Lucidi souhaite que les recherches se poursuivent, «qu’elles soient vivantes ou qu’elles aient été tuées, comme Matthias l’a écrit dans l’une de ses lettres». Et d’insister: «Dans les deux cas, elles sont quelque part. Il faut les retrouver. Ne pas les retrouver crée un vide inacceptable.»
«Peut-être que nous ne saurons jamais ce qui s’est passé. Mais avant de le dire, il faut absolument avoir épuiser toutes les pistes possibles et imaginables.»
Les jumelles de six ans ont disparu de Saint-Sulpice le 30 janvier dernier. Leur père s’est jeté sous un train à Cerignola en Italie le 3 février, après avoir transité par la Corse.