Non, pas lui. Pas ça. Pas le dernier jour. Pas dans le stade d’arrivée d’un somptueux 50?km départ groupé! Pas à un souffle d’une seconde médaille qui pouvait être en or ou argent ou en bronze. Non, Dario Cologna, finalement 10e, ne méritait en aucun cas une fin de JO aussi amère.
Le prodige du Val Müstair a vu son rêve de monter une seconde fois sur le podium se briser à quelque 100?mètres de l’arrivée. Dans un sprint lancé par l’Allemand Axel Teichmann, l’Helvète s’est déporté sur la droite du Suédois Johan Olsson. Juste derrière Petter Northug, le Grison avait pris la bonne option.
C’était sans compter sur ce dernier virage à gauche, synonyme de cauchemar, où il est parti, tout seul, à la faute. Adieu, veaux, vaches, cochons et podium! Son grand rival Northug avait le champ libre pour fêter une troisième médaille après celles conquises dans le relais 4x10?km (or) et le sprint individuel (bronze). De la même manière, Axel Teichmann (2e) et Johan Olsson (3e) se sont emparés de l’une des médailles promises au grand malchanceux de la journée.?
Plaque de glace fatale
Une journée où le nouveau messie du ski de fond suisse avait fait tout juste depuis le départ donné sous un ciel chargé de nuages de pluie. Convaincu de pouvoir jouer la gagne, Dario Cologna est parti avec une grosse envie. Mais sans répéter l’erreur de trop vouloir en faire sur une distance où il faut savoir gérer ses envies. Toujours bien placé dans le peloton des favoris, le Grison a mené sa course avec la tête et les jambes. Après trois changements de ski, il s’est porté en tête pour tester ses adversaires à 800?mètres de l’arrivée. Petter Northug, Johan Olsson et Axel Teichmann ont répondu à son accélération. Jusqu’à ce sprint haletant qui s’est transformé en cauchemar.
Honnête et bon perdant, Dario Cologna a commenté l’incident avec lucidité. «Tout était parfait jusque-là. J’avais mené ma course comme je l’entendais. Le matériel était parfait. J’avais de bonnes jambes et un gros cœur afin de disputer ce sprint. J’étais persuadé de pouvoir revenir dans la ligne droite mais j’ai dû me déporter afin de passer Olsson. Ma malchance, c’est que je suis tombé sur une plaque de glace. Il n’y avait rien à faire.» Avec encore un sourire au coin des lèvres, l’Helvète s’est surtout employé à garder un bon souvenir des Jeux. «C’est la vie, c’est le sport et j’ai quand même une médaille d’or autour du cou. Je vais rentrer à la maison avec des souvenirs merveilleux. Et ce n’est pas ce coup du sort qui va changer mon point de vue. Sans compter que j’aurai, certainement, d’autres occasions de monter sur un podium.»
Northug n’a pas vu la chute
Petter Northug, que représente pour vous cette première médaille d’or individuelle décrochée dans des Jeux olympiques?
C’est un beau rêve qui se réalise. J’avais vraiment envie de l’avoir mais il a fallu cravacher. Je suis le plus heureux des hommes. Et j’ai vécu des JO absolument magnifiques. Même si je suis passé à côté du sujet lors des 15?km. J’ai tout de même accroché de l’or avec le relais norvégien et encore du bronze dans le sprint individuel. Je ne peux pas me plaindre non?
Comment avez-vous géré la course?
Tout s’est bien passé. Je n’ai pas connu de problèmes particuliers. Je me suis arrêté deux fois pour changer de skis. Et j’avais prévu de rester dans le groupe de tête afin de pouvoir attaquer dans la dernière ascension. Mais je ne me suis pas affolé quand j’ai vu Teichmann tenter de partir avant moi.
Racontez-nous votre sprint?
Avec Teichmann, je pense que nous sommes les deux meilleurs sprinters du circuit. De ce fait, j’ai profité de son sillage dès l’entrée dans le stade. C’était ma seule chance de pouvoir gagner et j’ai réussi à le passer en me donnant vraiment à 100%. J’étais mort au passage de la ligne.
Avez-vous vu ou entendu la chute de Dario Cologna?
Je ne me suis aperçu de rien. J’avais mobilisé toute mon énergie et bien sûr ma concentration pour cet emballage final. Tomber dans le dernier virage, ce n’est vraiment pas de chance. (lg)
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