Le roi du violon est de retour! Impeccable costume rayé malgré la canicule, Maxim Vengerov était hier à Coppet pour une annonce qui va certainement bouleverser la vie musicale de la région. L’illustre virtuose russe est en effet le nouveau conseiller de l’Académie de musique Menuhin (lire ci-dessous).
«Je viendrai ici aussi souvent que nécessaire pour assister et inspirer les seize étudiants de l’académie», affirme d’emblée Maxim Vengerov. Pas question pour lui de servir de simple prête-nom à l’institution. «Quand j’étais enfant, en Sibérie, Menuhin était mon idole. Humaniste et homme de paix, il a toujours placé la musique dans une perspective plus large qu’une simple carrière. Je suis fier de poursuivre sa tradition, qui n’est pas tributaire de la mode, mais bâtie pour durer.»
Pause forcée
Comme son modèle, Maxim Vengerov, 37?ans depuis trois jours, est aujourd’hui bien plus qu’un violoniste, par la grâce d’un… accident. En 2007, alors qu’il est au sommet de sa gloire, acclamé partout comme un «showman» ébouriffant, le virtuose sibérien se voit forcé par un problème au bras de poser son stradivarius pour un temps indéterminé.
Celui que les médias acclament comme le meilleur violoniste de sa génération doit abandonner les interminables tournées de concerts à travers le monde, la ronde des festivals, les sessions d’enregistrement pour les labels les plus prestigieux. «J’avais vraiment besoin d’une pause, j’étais fatigué par la vie du virtuose itinérant.»
Loin de se décourager, Maxim Vengerov en profite alors pour développer de nouvelles activités: il reprend des études de direction d’orchestre et se met à enseigner le violon. Il devient aussitôt un chef très demandé et un pédagogue acclamé. Un changement de vie qu’il résume avec philosophie: «Grâce à mon accident, j’ai appris deux autres métiers! Tout arrive pour une raison…»
Ambitions pour Coppet
Aujourd’hui parfaitement remis, Maxim Vengerov peut reprendre son archet en toute sérénité. Au printemps dernier, il a rejoué les trois
Sonates pour violon
de Brahms dans la même soirée. Mais pas question pour lui de revenir à la «vie frénétique d’avant»: «Désormais, je veux maintenir un équilibre entre mes trois facettes d’interprète: violoniste, chef d’orchestre et pédagogue.»
La proposition de l’Académie Menuhin de Coppet arrive donc à point nommé. Maxim Vengerov dirigeait déjà l’Orchestre du Festival Menuhin à Gstaad. Le voici embarqué dans une aventure didactique au long cours sur les rives du Léman.
Et il ne cache pas ses ambitions: «Coppet est un terreau fertile pour faire pousser l’Académie Menuhin. Je pense qu’ici les conditions sont réunies pour élargir ses activités. J’aimerais augmenter le nombre d’étudiants, de manière à pouvoir constituer un véritable orchestre de chambre. Il y a tellement de jeunes musiciens doués dans le monde!» souligne le virtuose.