Il était moins une! La semaine dernière encore, Mat Rebeaud était résigné. Convaincu de devoir faire une croix sur le Free4Style d’Estavayer-le-Lac de ce week-end. Un rendez-vous international de freestyle qu’il ne voulait pourtant manquer sous aucun prétexte, histoire de faire monter la température devant son public avec quelques autres pointures mondiales. «Mais, comme par magie, tout s’est enchaîné au niveau de ma guérison. Ça a progressé si vite que j’ai pu renfourcher la moto lundi. C’est sûr, je vais sauter dès vendredi», assure-t-il.
Pas encore en condition
Certes, la star payernoise – dans le top 5 mondial depuis plusieurs années – est loin de tenir la grande forme. Ses traits sont tirés quand il enlève son casque, après de brèves prestations qui servent surtout à le rassurer. Il boite bas et ne lâche sa canne que pour monter sur sa KTM. «Mon souci est surtout d’ordre musculaire. Je n’ai plus mal au fémur ou à la cicatrice. Je dois juste trouver de bonnes sensations avec ma jambe.»
S’il n’y avait cette étape staviacoise, «Airmat» aurait sans doute pris plus de temps avant de renouer avec un cérémonial qui lui manquait. «C’est incroyable ce que le simple fait de renfiler sa combinaison ou son casque fait du bien. Juste après l’opération du 17 mars, je n’en menais pas large. Mon médecin me prédisait cinq ou six mois de pause. Alors ce qui se passe là, c’est un miracle. Maintenant, il me dit simplement que c’est à moi de juger, de sentir mes limites, en évitant si possible de gros chocs (rire).»
Le Broyard, en l’occurrence, en avait fini avec trois mois d’intense préparation, en Californie, quand l’incident s’est produit. «J’étais de retour en Suisse depuis deux semaines, sûr d’être au top pour 2011, quand j’ai chuté dans un bac à mousse. Je réalisais pour la ixième fois ma nouvelle figure, le Volt (ndlr: le pilote effectue un tour sur lui-même au-dessus de sa bécane) et je n’ai pas pu rattraper la moto. Je suis retombé dessus et le guidon m’a cassé le fémur.»
Du très beau monde
Outre le lent processus de retour en forme, qui s’est accéléré ces derniers jours, Mat Rebeaud a connu la frustration en voyant ses rivaux internationaux entamer le X-Fighters World Tour sans lui. Mais sa condition physique défaillante mise à part, tout semble déjà être de l’histoire ancienne pour le Vaudois. Résolument tourné vers l’avenir. «A Esta, on s’éclate chaque année. Et ce week-end on sera encore un cran en dessus. Parmi les 9 pilotes engagés, il y aura deux de mes potes de la filière Red Bull, l’Américain Lance Coury et le Mexicain Erick Ruiz. A 16?ans, ce dernier est annoncé comme le tout grand de demain. En raison de sa petite taille, il réalise des figures qu’aucun autre ne maîtrise.»
Et puis, le 15 juillet, aura lieu l’étape madrilène des X-Fighters. Mat Rebeaud aimerait bien en être. «Ça serait le pied, mais ça va être difficile. Je vais continuer à bosser à fond comme je l’ai fait ces derniers jours, à rendre visite chaque jour au préparateur physique de Didier Cuche, Florian Lorimier, et on verra. Mais, comme le gratin mondial sera présent, pas question d’y aller si c’est pour faire de la figuration.»