L’atmosphère est tendue autour de l’équipe de Suisse, après le médiocre match nul contre Malte mercredi (0-0).
Il convient néanmoins de relativiser la portée du ratage de Ta’Qali, au cours d’un match amical qui n’a pas semblé concerner plus que cela les internationaux suisses. On peut du reste s’interroger sur la pertinence d’une telle affiche, coincée entre des échéances importantes en club pour les joueurs et peu avant une partie capitale dans la course à l’Euro.
"Heureusement, en match officiel, nous avons souvent été largement meilleurs que cela", apaise Alexander Frei. Tandis que Gelson Fernandes évoque Malte comme "un match piège", le sélectionneur Ottmar Hitzfeld assure qu’il ne se fait pas de souci pour le déplacement à Sofia. "Contre la Bulgarie, les circonstances seront différentes. Nous serons plus concentrés et la préparation ne sera pas la même. Mais nous savons que nous devons hausser notre niveau."
Les joueurs critiques
Ce 0-0 poussif face à une des plus faibles nations européennes soulève tout de même plusieurs questions de fond. Que le sélectionneur est moins enclin à se poser que les joueurs. "Marquer le premier penalty nous aurait apporté plus de tranquillité, analyse Hitzfeld. Le match aurait été différent."
L’Allemand se dit satisfait de la deuxième mi-temps, durant laquelle ses joueurs ont été "plus agressifs en attaque et se sont procuré des occasions de but". "L’équipe n’a jamais abandonné et a sans cesse jouer pour gagner, poursuit-il. Malte a évolué de manière très compacte. Il est positif de n’avoir pas pris de but. Le comportement défensif général a été très bon."
Les joueurs, eux, sont bien moins cléments envers l’équipe. Alexander Frei: "Cela ne sert à rien de trop discuter après un tel match, qui appartient clairement à la même catégorie que la défaite contre le Luxembourg." Le capitaine espère que la Suisse tirera les conséquences des couacs de la soirée. "Et il y en a eu beaucoup. Nous n’avons jamais trouvé notre jeu."
Marco Streller n’y va pas par quatre chemins non plus. "Les temps sont durs pour la Suisse, reconnaît-il avant d’atténuer. Mais nous aurions aussi pu gagner 5-0 à Malte et connaître de gros problèmes en Bulgarie."
Frei, qui affirme qu’il ne tirera plus de penalty en équipe nationale après son deuxième échec de suite, ne s’inquiète pas uniquement de l’absence totale d’un projet dans le jeu de la Suisse. "Nous devons absolument retrouver notre efficacité sur balles arrêtées. C’est ainsi que nous avons inscrit beaucoup de buts lors des éliminatoires du Mondial 2010."
Position inconfortable
"Je ne voudrais pas être à la place de Peter Gilliéron." La phrase, glissée dans un sourire avant de monter dans l’avion par le directeur de la SFL Edmond Isoz, témoigne aussi d’un autre malaise, extérieur au terrain cette fois-ci. La prolongation du contrat de Hitzfeld, de 2012 à 2014, divise en effet les partisans de la signature rapide (avant la Bulgarie) et ceux de l’attente (après l’Angleterre en juin).
Ardent défenseur d’une signature immédiate, le président Gilliéron est désormais bien emprunté, d’autant que la majorité nécessaire au Comité central de l’ASF (composé de sept membres) pour prolonger le contrat de l’Allemand n’est vraisemblablement de loin pas acquise.
"Bien sûr, ce n’est pas la sérénité, concède M. Gilliéron. Mais, à mon sens, cela ne change rien. Chacun peut avoir son opinion et je comprends l’étonnement de certains. L’unanimité n’existe que dans les mondes fantaisistes."
Dans ce bras de fer qui oppose les entités de l’ASF, des retournements de situation (ou de veste) peuvent encore avoir lieu. Il paraît alors moins évident qu’il y a peu que Hitzfeld obtienne un nouveau contrat avant le 26 mars. Les discussions d’ici là promettent d’être âpres.