Avec le froid de canard qui balaie la région ces jours-ci, nous avons tous la goutte au nez. Le mouchoir en papier devient indispensable.
Migros en vend plus d’un million deux cents mille par année et la marque Tempo en écoule à elle seule plus d’un million. Kleenex et Coop ne divulguent aucun chiffre, mais admettent de concert que ce produit a toujours le vent en poupe.
Une tendance qui ne va pas baisser, santé publique oblige. «Pour limiter le risque infectieux, il est préférable d’utiliser des mouchoirs en papier plutôt qu’en tissu», explique Giorgio Zanetti, médecin-chef du Service de médecine préventive hospitalière du CHUV. Et dès sa première utilisation, il doit être jeté. «Dans le cas contraire, les microbes déposés lors du premier usage peuvent se disséminer facilement dès qu’on réutilise le mouchoir. Et l’on risque ainsi de contaminer quelqu’un d’autre.»
Meilleurs pour la santé, mais pas très écologiques… «Leur fabrication à partir de bois nécessite de gros moyens industriels et génère une pollution conséquente», lit-on sur Consoglobe.com, site français pour une nouvelle façon de consommer. Pour préserver la planète, il faudrait se remettre à laver les bons vieux carrés de tissu de grand-papa. D’autant qu’«il suffit de les mettre en machine à 60?°C pour éliminer les microbes», poursuit Giorgio Zanetti.
Papier recyclé
La meilleure solution consiste à se moucher dans du papier recyclé ou, FSC (pour Forest Stewardship Council, provenant d’une exploitation durable de la forêt). Plusieurs marques proposent ce type de produits, même si les rayons ne sont pas encore pris d’assaut. Coop fait figure de bonne élève: «Nous observons un développement positif dans le secteur du Recycling, qui tient actuellement environ 5% des chiffres d’affaires de notre assortiment de mouchoirs en papier, explique Sabine Vulic, porte-parole. Pour les produits de marques propres, Coop n’utilise que le papier FSC ou – pour Oecoplan – le papier recyclé.»
Chez Migros: «Les ventes des mouchoirs en papier recyclé sont faibles en comparaison de celles des autres mouchoirs», explique Nathalie Eggen, porte-parole. Et Sonja Burkhardt, assistante de direction chez Kimberly-Clark, firme qui commercialise les Kleenex, explique: «Nous utilisons principalement du papier certifié FSC et avons aussi une installation de recyclage de papier sur notre site de Niederbipp.» En revanche, pas encore de papier recyclé dans l’assortiment de Tempo.
Les puristes choisiront une autre manière de se moucher: souffler fortement par les narines sans en recueillir le contenu. Ecolo, mais pas très élégant!
Blanchis au chlore ou à l’oxygène?
Il existe principalement deux procédés pour rendre les mouchoirs plus blancs que blancs. Le blanchiment au chlore et celui à l’oxygène. «Parmi les procédés de blanchiment du papier, le plus polluant est le blanchiment au chlore élémentaire», explique Lionel Cretegny, de l’Office fédéral de l’environnement. La méthode utilisée par les fabricants de mouchoirs n’est pas toujours indiquée sur le produit. Jean-Michel Zellweger, coordinateur scientifique au Département de la sécurité et de l’environnement de l’Etat de Vaud, explique: «Tout procédé industriel utilisant du chlore doit en maîtriser son utilisation, de manière à éviter toute dispersion dans l’environnement.» Et Lionel Cretegny de poursuivre: «L’emploi du chlore pollue les eaux résiduaires avec des substances difficilement dégradables. Pour limiter la pollution, l’utilisation de mouchoirs en fibres de papier recyclées et non blanchies est la meilleure. Mais les consommateurs sont sensibles à la couleur blanche et réservés quant à l’utilisation de mouchoirs non blanchis. La résistance à la déchirure est aussi un facteur important et les fibres non recyclées ont un avantage.»