Dans le cadre de leur assemblée générale ordinaire, à Bâle, les actionnaires d’UBS viennent de refuse la décharge aux personnes à la tête de la première banque helvétique en 2007 : l’objet a été rejeté par 52,75% des suffrages valables. Ce score constitue un énorme succès pour le directeur de la fondation genevoise Ethos, Dominique Biedermann.
« Je suis très satisfait de ce résultat. Nous espérons que le conseil d’administration saura ternir compte de la décision des actionnaires et engagera des poursuites civiles contre les managers à la tête d’UBS en 2007 », prévient Dominique Biedermann.
Marcel Ospel, Peter Wuffli et Marcel Rohner apparaissent comme les premières personnes susceptibles d’être visées par d’éventuelles actions judiciaires.
Les actionnaires acceptent les bonus de justesse
Réunis en assemblée générale ordinaire à Bâle, les actionnaires d’UBS viennent d’accepter le versement de bonus à hauteur de 3 milliards de francs au profit des dirigeants de la banque. Ce résultat s’est joué à une courte majorité : 54,72% des suffrages valables. Personne n’avait en effet oublié la perte nette de 2,74 milliards de francs au terme de l’exercice écoulé.
Le directeur de la fondation genevoise Ethos, Dominique Biedermann, a donc échoué dans sa promotion du non contre le rapport de rémunération 2009 : « C’est la première fois qu’un signal d’opposition aussi fort est donné à un conseil d’administration en Suisse. Et j’estime qu’il n’est pas seulement valable pour UBS, mais pour tous les établissements de la place financière helvétique. »
Avant d’obtenir ce maigre succès, le président du conseil d’administration d’UBS, Kaspar Villiger, a paru avoir très peur. Avant l’ouverture du scrutin, l’ex-président de la Confédération a quasiment supplié l’assistance, et les caisses de pension en particulier, de bien vouloir le croire : « Approuver le rapport de rémunération est dans votre intérêt d’actionnaire à long terme. »
Le septuagénaire n’a en outre cessé de répéter que des bonus s’avéraient nécessaires pour attirer et garder les compétences dont la première banque helvétique a besoin. Dominique Biedermann a toutefois réfuté cet argument : « Je suis convaincus que de bons salaires doivent être versés. Mais pas des chèques dorés. Les parts variables doivent en plus être réduites. Nous ne pouvons accepter les 95% actuels. Il faut être raisonable.»
Nombre d’actionnaires se sont aussi interrogés sur les bonus prévus au bénéfice d’ex-dirigeants, comme Marcel Ospel, Peter Kurer (5,1 millions de francs) ou Marcel Rohner (2,7 millions).
Kaspar Villiger: «Ne croyez pas tout ce que vous lisez dans les journaux!»
L’assemblée générale ordinaire des actionnaires d’UBS suit son cours. Les rapports annuels des comptes consolidés et de ceux de la maison-mère viennent d’être approuvés par 97,53% des suffrages valables. Après cette première étape sans douleur, les sujets qui fâchent vont être abordés. A commencer par le rapport de rémunérations.
Sur cet objet, il ne s’agit certes que d’un vote consultatif. Afin d’éviter un pénible revers, le président du conseil d’administration, Kaspar Villiger, a toutefois pris soin de solliciter la prudence des actionnaires: «Ne croyez pas tout ce que vous lisez dans les journaux!» Le conseil sera certainement suivi à la lettre.
Oswald Grübel remercie presque les contribuables
Après le président du conseil d’administration, Kaspar Villiger, celui du directoire, Oswald Grübel, est monté à la tribune. Et l’ex-patron de Credit Suisse s’est fendu de remerciements à l’intention de l’Etat, autrement dit des contribuables.
« Nous sommes très reconnaissants envers le Conseil fédéral pour l’important soutien qu’il nous a accordé dans une phase difficile », a déclaré Oswald Grübel. Le PDG s’est ensuite empressé de préciser qu’UBS ne recommencerait plus : « Avant toute chose, nous prendrons en effet soin que notre banque ne se retrouve plus dans la situation qu’elle vient de connaître.»
Oswald Grübel a ensuite manifesté toute la compréhension qu’il éprouvait pour les parlementaires helvétiques : « Après la une décision complètement inattendue du Tribunal administratif fédéral, le gouvernement a décidé de soumettre l’accord américano- suisse d’août 2009 aux Chambres fédérales. Et il est absolument évident pour moi que cette tâche est difficile et extrêmement désagréables pour les membres de nos institutions politiques. Et, en ce sens, je comprends que les colères continuent de se concentrer comme toujours sur UBS. La banque se trouve en effet à l’origine de cette situation. »
Le leader plénipotentiaire de la première banque helvétique a ensuite rappelé que les enjeux dudit accord ne s’arrêtaient cependant pas aux seuls intérêts d’UBS. Et, malgré le climat peu amène de l’assemblée, Oswald Grübel est parvenu à être gratifié d’applaudissements nourris en rappelant une performance récente : « Votre banque retrouve la rentabilité. Nous nous attendons en efet à un bénéfice avant impôts d’au moins 2,5 milliards de francs au premier trimestre 2010. »
Après avoir annoncé environ 1500 licenciements en Suisse en avril 2009, le président du directoire vient d’indiquer que les objectifs de réduction des coûts fixes avaient tous été à peu près atteints en décembre dernier.
« En 2009, nous avons fait tout juste ! »
Le président du conseil d’administration d’UBS, Kaspar Villiger, commence l’assemblée générale ordinaire des actionnaires en dénonçant ce qu’il perçoit comme une injustice : « En 2009, nous avons fait tout juste, mais nous subissons toujours une avalanche de critiques. »
Le septuagénaire s’est en outre efforcé de préparer le terrain pour le vote consultatif imminent sur les bonus (rapport sur les rémunérations) : « Est-ce qu’une banque bénéficiant du soutien de l’Etat, ou une banque reconnaissant des pertes, peut verser des bonus ? Je suis d’avis que des excès ont été commis au cours des dernières années, notamment au plus haut niveau des hiérarchies. Mais si nous voulons attirer ou garder des collaborateurs compétents, entourés d’équipes atteignant de hauts rendements, nous devons maintenir des rémunérations conformes aux usages sur le marché du travail. »
L’UBS pèse encore trois fois le PIB de la Suisse
Alors que va s’ouvrir à Bâle l’assemblée des actionnaires de l’UBS, la fondation Ethos a dénoncé mercredi les risques que font peser sur la Suisse des banques comme le Credit Suisse et l’UBS à cause de leur taille. Avant la crise, l’UBS représentait cinq fois le PIB du pays, après la crise, elle représente encore trois fois ce PIB, a expliqué à la radio romande le directeur de la fondation Ethos Dominique Biedermann.