Le Sentier

Hold-up et prise d’otage avortés à la vallée de Joux

Par Textes le 14.12.2010 à 23:59

«Couchez-vous et on ne vous fera pas de mal.» Arme au poing, un malfaiteur encagoulé oblige trois employées, une femme de ménage et une cliente à s’allonger par terre. Hier aux environs de 9?h?30, pendant qu’un voyou ligote et bâillonne les cinq femmes, ses trois comparses réussissent rapidement à faire main basse sur les montres exposées dans les vitrines. Tout le butin est mis dans un sac de sport. Les voleurs sont sur le point de sortir de la Bijouterie Jacot, sur la Grand-Rue du Sentier.

«Couchez-vous et on ne vous fera pas de mal.» Arme au poing, un malfaiteur encagoulé oblige trois employées, une femme de ménage et une cliente à s’allonger par terre. Hier aux environs de 9?h?30, pendant qu’un voyou ligote et bâillonne les cinq femmes, ses trois comparses réussissent rapidement à faire main basse sur les montres exposées dans les vitrines. Tout le butin est mis dans un sac de sport. Les voleurs sont sur le point de sortir de la Bijouterie Jacot, sur la Grand-Rue du Sentier.

Mais voilà que la présence d’une vieille Clio immatriculée dans l’Ain (F), mal garée sur la neige et avec son moteur qui tourne, attire l’attention d’un policier. Loin de se douter du hold-up qui se déroule en face de lui, le gendarme est sur le point de dresser une contravention. Les bandits ne savent plus quoi faire. Ils retournent sur leurs pas et vont menacer les cinq femmes. «Où est la sortie de secours?» Une des employées désigne l’issue qui se trouve au rez inférieur. Ils quittent alors la bijouterie et se retrouvent dans la partie locative du bâtiment.

C’est alors que deux voyous tentent un coup d’un culot inouï. «Ils sont sortis tranquillement par la porte principale du locatif attenant à la bijouterie», déclare un témoin. En marchant. Comme des personnes qui viennent de sortir de leur domicile. Affairé autour de la Clio, le policier est à mille lieues d’imaginer ce qui se passe sous son nez.

A l’intérieur, les cinq femmes malmenées sont soulagées: les voyous sont partis et la porte de la joaillerie ne peut s’ouvrir de l’extérieur. Une d’entre elles réussit à se libérer et à crier au gendarme: «Arrête ton PV. Il y a un braquage!» C’est l’alerte générale.

Téléphone en plein braquage

Décontenancés par la tournure des événements, les deux autres bandits se retrouvent prisonniers dans le locatif en rénovation. A l’extérieur, les renforts de police arrivent de partout. Tout le quartier est quadrillé. Affolés, les deux malfrats – non armés selon deux sources concordantes – montent au premier étage. Ils frappent à une porte-fenêtre. Une sexagénaire d’origine italienne ouvre. Elle est prise en otage.

Pendant ce temps, Raymond Jacot, le patron de la bijouterie, a réussi à se mettre à l’abri avec quelques employées. Joint en plein braquage au téléphone par 24?heures, il est obligé de mettre fin à sa description du hold-up. «Je dois raccrocher car ça court dans tous les sens en haut», lâche-t-il sur un ton ému. Les policiers sont en train de passer à l’assaut pour libérer l’otage.

Les tireurs d’élite du Détachement d’action rapide et de dissuasion (DARD) se sont positionnés dans les maisons environnantes. Locaux de la BCV, bureau de poste, commerces, tout est fermé. Un regroupement se forme à

l’extérieur du périmètre de sécurité. «Tous ces policiers armés et portant des gilets pare-balles à la vallée de Joux! On se croirait à Chicago!» s’étrangle une Combière, qui dit avoir aperçu «deux malfaiteurs qui couraient sur le toit du bâtiment». La peur au ventre, des parents d’élèves viennent aux nouvelles. Mais la police a déjà sécurisé l’école primaire, située à une trentaine de mètres de la bijouterie.

Heureux dénouement

A 12?h, la tension monte mais il n’y a pas encore eu la moindre détonation. Par une température de –7?degrés, on tremble de froid et d’effroi. Après une longue et interminable poignée de minutes, des policiers sortent enfin du bâtiment, le visage radieux. Ils sont félicités par d’autres gendarmes. Le dénouement heureux de l’histoire ne fait plus l’ombre d’un doute. Fait plus rassurant, c’est un fourgon de la police qui se rapproche de l’entrée de la bijouterie et non une ambulance. Les preneurs d’otage sont arrêtés. Le butin récupéré. Le bouclage de la Grand-Rue est levé à 12?h?15. La circulation reprend. Deux gendarmes français, qui étaient venus appuyer leurs collègues vaudois, reprennent le chemin de la frontière toute proche.

C’est seulement lors du visionnage des images de vidéosurveillance avec les employées et le patron de la bijouterie que les policiers se rendent compte du coup osé et réussi par les deux jeunes que l’on voit sortir de l’immeuble en marchant. Ça téléphone alors de partout. La police lance une battue pour retrouver les deux fugitifs.

En face de la bijouterie, un père de famille pousse un ouf de soulagement. «Ma fille est à l’intérieur. Je viens de la joindre au téléphone. Elle est choquée mais n’a pas eu la moindre égratignure.» Hier soir, deux des malfrats couraient toujours.

Les lieux du hold-up avorté

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