La motion, qui résulte d’un compromis entre la majorité UMP et l’opposition socialiste et écologiste, a été adoptée à l’unanimité du conseil général du Haut-Rhin moins une abstention, mais sa portée reste symbolique.
La Communauté urbaine de Strasbourg a de son côté adopté vendredi une résolution demandant l’arrêt de Fessenheim, une partie de la droite soutenant la demande. Lundi, le conseil municipal de Strasbourg avait voté une motion similaire, lui aussi à l’unanimité moins une abstention.
La plus vieille installation du parc électronucléaire français, dont les deux réacteurs de 900 MW ont été mis en service en 1977, fait actuellement l’objet de sa troisième visite décennale. L’ASN doit rendre d’ici la fin juin son avis relatif à la poursuite de l’exploitation du réacteur numéro 1, inspecté l’an dernier.
C’est au ministre de l’Industrie qu’il appartiendra de délivrer une nouvelle autorisation mais celle-ci peut être différée sans que le fonctionnement du réacteur doive être interrompu.
Quant au réacteur numéro 2, qui vient d’être arrêté pour un an en vue d’être inspecté à son tour, le conseil général demande qu’il ne soit pas remis en route avant les conclusions de l’audit, attendues fin 2011 ou début 2012.
Message aux Suisses
Le conseil général a également adressé un message aux régions suisses et allemandes voisines, qui ont exprimé leurs inquiétudes vis-à-vis de Fessenheim, voire demandé sa fermeture, mais qui abritent elles-mêmes des centrales nucléaires.
Soulignant l’indépendance et le pouvoir d’initiative des Commissions locales d’information et de surveillance (Clis) qui supervisent l’exploitation des centrales françaises, il demande la création d’une Clis trinationale.
Celle-ci aurait pour mission d’analyser «l’état et le fonctionnement des treize réacteurs ayant un impact sur le Rhin supérieur» et «compétence pour mener des expertises indépendantes».