EX-OTAGE

Max Göldi: «J'ai été pris dans une affaire qui m'est étrangère»

Par ATS le 14.06.2010 à 15:28. mise à jour le 14.06.2010 à 17:42

Rentré la nuit dernière en Suisse, Max Göldi avait convoqué la presse ce lundi après-midi.

«C'est un moment très émouvant pour moi», a déclaré Max Göldi lundi devant la presse à Berne. L'ex-otage s'est dit fatigué mais heureux d'être de retour en Suisse. «Pendant 23 mois, ma famille et moi avons vécu dans l'incertitude et dans une grande peur».

«J'ai été pris dans une affaire qui m'est étrangère. Je n'ai commis aucune faute, aucun délit, de mon point de vue. Et mon entreprise non plus», a-t-il ajouté. Devant les nombreux journalistes, Max Göldi est apparu calme, ému et réservé.

«J'ai dormi. J'ai bu du vin et j'ai dormi», a-t-il déclaré à propos de la première chose qu'il a faite à son retour en Suisse. Il s'est dit étonné de la présence des nombreux photographes à l'aéroport de Zurich à son arrivée.

Après des remerciements aux différents acteurs de sa libération et à tous ceux qui ont soutenu sa famille, l'employé d'ABB a brièvement rappelé quelques étapes clé de sa détention en Libye. Parmi celles-ci, il a cité les négociations en marge du WEF de Davos avec Saïf al-Islam, un des fils du colonel Kadhafi, ainsi que les visites en mai 2009 de Micheline Calmy-Rey et celle de Hans-Rudolf Merz en août 2009.

«Comme une naissance»
Moritz Göldi, frère aîné de l'ex-otage, a déclaré que le retour de Max est «comme une naissance: c'est une grande joie, mais nous ne savons pas ce qui nous attend. Max et moi nous réjouissons d'une nouvelle vie». Et d'ajouter: «Jusque tard hier soir, nous n'y avons pas cru». Ron Popper, l'interlocuteur désigné de Max Göldi pour l'entreprise ABB, a souligné pour sa part «la force, la détermination et le courage» dont le Bernois a fait preuve durant ces deux ans.

Dans la seconde partie de la conférence de presse, l'ex-otage a répondu à de nombreuses questions des médias. Il a par exemple expliqué que par sa décision de se livrer et d'aller en prison, il avait tenté de contribuer à dénouer la crise.

Pesante incertitude
Le plus dur, pour lui, durant toutes ces journées, a été l'incertitude, de ne pas avoir d'informations, et de ne pas savoir ce qui se passe. «On se demande ce qu'on nous veut, combien de temps cela va durer, ce que font les autorités». Les moments les plus difficiles ont été les dix premiers jours, sans aucun contact, ainsi que les 53 jours de séquestration.

Sur ses conditions de détention dans un lieu secret, pendant près de deux mois dès septembre 2009, Max Göldi a déclaré: «Je vivais dans une petite pièce dans une maison. Les fenêtres étaient assombries. J'avais des livres à disposition». Max Göldi a ajouté qu'il n'avait pas de contact avec les autorités libyennes.

S'agissant de ses gardiens, l'ex-otage a qualifié leur attitude de correcte, «mais ils avaient comme consigne de ne pas entretenir de contacts amicaux. Il y avait donc de la distance et pas de communication».

Courrier autorisé à la fin
Les quatre derniers mois, une correspondance par lettres a été possible entre l'otage et sa famille. De même, deux employés de l'ambassade de Suisse à Tripoli donnaient très régulièrement des nouvelles de l'otage à sa famille, a précisé son frère Moritz.

L'ex-otage a confié que son expérience laissera des traces mais qu'il a de la peine à évaluer dans quelle mesure. Il ne sait pas encore s'il écrira un livre pour raconter ses péripéties.

Max Göldi a aussi préféré ne pas répondre à certaines questions. Il n'a ainsi pas voulu s'exprimer sur l'éventualité de demander des dédommagements au canton de Genève suite aux photos de police d'Hannibal Kadhafi publiées dans la presse. Il n'a rien voulu dire non plus sur la visite de Hans-Rudolf Merz ni sur ses problèmes de santé qu'avait évoqués son avocat.

Max Göldi n'a pas souhaité non plus revenir sur son affirmation de la veille selon laquelle il ne retournerait «plus jamais» au pays de Mouammar Kadhafi.

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