Encore faut-il que les députés confirment mercredi en seconde lecture leur décision. Ce n'est pas évident: les députés ont adopté ce qui s'est avérée être la seule disposition prêtant véritablement à discussion par 46 voix contre 40 et trois abstentions.
Non seulement le score a été serré, mais une vingtaine de députés étaient absents. Le débat pourrait être à nouveau ardu mercredi. Pour le reste, le parlement fribourgeois a été largement unanime pour juger une telle loi nécessaire et sur l'ensemble de ses modalités.
La loi a pour but de lutter contre la prostitution forcée et d'assurer la mise en oeuvre des mesures de prévention et d'encadrement sanitaire et social dans ce milieu. Elle entend également préciser les restrictions auxquelles est subordonné l'exercice de la prostitution de rue, en vue du maintien de l'ordre public.
Le débat sur la question de l'annonce préalable à la police avant d'exercer la prostitution a beaucoup occupé les députés et assez clairement divisé les groupes. «Comment faire pour bien faire», a dit la députée socialiste Erika Schnyder, résumant le dilemme de bien des députés.
Alliance paradoxale
Bon nombre de socialistes se sont prononcés contre l'obligation de s'annoncer. Selon eux, celle-ci ne ferait que stigmatiser les clandestines, qui de toutes façons de s'annonceront pas, et les précariser encore plus en les livrant aux dangers de la dénonciation des «régulières».
Le même argument a été avancé par les libéraux-radicaux. Les partisans de l'obligation sont surtout venus des rangs PDC et UDC. Il est à noter que les associations proches des prostituées déconseillent l'obligation de s'annoncer.
Tarifs CFF: la nouvelle hausse annoncée est-elle acceptable?