Le Premier ministre français, François Fillon, a déclaré dimanche soir qu'il allait évoquer lundi avec le chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy, sa «part de responsabilité» dans la défaite de la majorité aux élections régionales. Il a qualifié cet échec de «déception».
«J'assume ma part de responsabilité et dès demain matin (lundi) je l'évoquerai avec le président de la République», a déclaré le Premier ministre en direct de Matignon après l'annonce des résultats. Auparavant, l'Elysée avait indiqué que le président Sarkozy recevrait M. Fillon lundi à 09h00 pour «faire le point».
M. Fillon a reconnu le «succès des listes de gauche»: «Nous n'avons pas su convaincre. Le rapport de force issus des régionales de 2004 reste globalement inchangé et cela constitue une déception pour la majorité».
«La crise mondiale ne nous a pas facilité la tâche», a-t-il poursuivi, évoquant «la brutalité de la récession économique». «L'enjeu régional n'a pas mobilisé les électeurs», a dit M. Fillon. Il a cependant estimé que la majorité devait «analyser lucidement» les résultats des élections régionales, tout en «gardant le cap fixé par les élections nationales».
Remaniement gouvernemental
La gauche, créditée de 54,3% des voix au niveau national selon l'institut OpinionWay, est arrivée très largement en tête du second tour des régionales devant la droite (36,1%), qui conserve toutefois l'Alsace, selon les premières estimations des institut de sondages.
Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée, a affirmé samedi dans le quotidien «La Croix» qu'il y aurait un remaniement gouvernemental au lendemain des régionales mais que ce remaniement serait «modeste» et «technique», «quel que soit le cas de figure».
Dimanche en fin d'après-midi, le chef de l'Etat a réuni autour de lui à l'Elysée le Premier ministre, le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux et le secrétaire général de l'UMP Xavier Bertrand.