Le point figure à l'ordre du jour de l'assemblée générale du 14 avril à Bâle.
Les actionnaires de la grande banque en difficulté sont appelés à donner leur décharge non seulement pour l'exercice écoulé mais aussi pour 2008 et 2007, années pour lesquelles le vote avait été différé, situation exceptionnelle oblige. En cas d'acceptation, les responsables de la débâcle seront ainsi définitivement blanchis.
Passer à autre chose
La mesure devrait notamment profiter aux anciens présidents de l'UBS Marcel Ospel, en fonction jusqu'au printemps 2008 et qui incarne la descente aux enfers de la banque, et Peter Kurer, en poste un an jusqu'en avril 2009 et administrateur déjà auparavant.
Au niveau de la direction générale, la décharge concerne les présidents successifs Peter Wuffli (jusqu'en juillet 2007) et Marcel Rohner (jusqu'en février 2009). Le poste est occupé depuis treize mois maintenant par Oswald Grübel, ancien patron du Credit Suisse, chargé de redresser la barre.
Les dirigeants actuels, le président Kaspar Villiger et Oswald Grübel, avaient annoncé en décembre qu'ils n'intenteraient aucune poursuite judiciaire à l'encontre des personnes ayant précipité la banque dans l'abîme. L'UBS dit vouloir de la sorte clore le chapitre pour ne pas ajouter de publicité négative à sa situation.
Déboires américains
Les déboires de l'UBS viennent des Etats-Unis, où l'établissement a aidé des clients à frauder le fisc et s'est empêtré dans la crise du subprime (crédits hypothécaires à risque). Afin de sauver l'établissement d'un naufrage, outre une aide temporaire de la Confédération, des actifs toxiques ont été placés dans un fonds de stabilisation géré par la Banque nationale suisse (BNS) créé pour l'occasion.
Le ministère public du canton de Zurich a par ailleurs rejeté par deux fois des plaintes pénales émanant du Parti socialiste. Il a estimé qu'il n'y avait pas d'indice que la banque aurait eu un comportement répréhensible du point de vue du droit suisse dans ses activités aux Etats-Unis.
Reste l'éventuelle institution d'une commission d'enquête parlementaire (CEP) par les Chambres fédérales. Celle-ci aurait notamment pour tâche d'évaluer le comportement de l'Autorité de surveillance des marchés financiers (FINMA).
Un nouvel administrateur
Le communiqué publié jeudi par l'UBS sur l'ordre du jour de la prochaine assemblée générale signale encore la proposition de réélire dix membres du conseil d'administration. Parmi eux figurent l'ancien conseiller fédéral Kaspar Villiger (l'actuel président) et Bruno Gehrig, ancien vice-président de la BNS.
En cas de réélection, Michel Demaré, chef des finances d'ABB, accédera à la vice-présidence, en remplacement du patron de Fiat Sergio Marchionne. Les actionnaires se verront également proposer pour élection le patron de la compagnie aérienne allemande Lufthansa (Swiss), Wolfgang Mayrhuber.
De la sorte, le conseil d'administration aura été presque entièrement renouvelé en l'espace d'un an et demi. Onze des douze sièges prévus au maximum seront occupés, le dernier restant vacant en attendant le choix d'un nouveau titulaire "en temps voulu", selon l'UBS.
Les actionnaires voteront enfin sur la création d'un capital conditionnel d'un montant maximal de 38 millions de francs, conformément à une annonce antérieure.