La gauche -- et ses alliés écologistes -- continuera à diriger l’immense majorité des régions françaises, après avoir remporté au niveau national 54,3% contre 36,1% au parti présidentiel UMP et ses alliés, selon l’institut de sondage OpinionWay.
Sévèrement défaite dans de nombreuses régions, avec des écarts considérables de voix avec la gauche, la droite a toutefois évité un désastre total, en parvenant à conserver l’Alsace (est) et en emportant La Réunion (océan Indien), au cours de ce scrutin qui est aussi le dernier avant la présidentielle de 2012.
Abstention sous la barre des 50%
En dépit d’une plus forte participation qu’au premier tour -- l’abstention est passée de 53,6% à environ 49% selon tous les baromètres --, la droite n’a pas suffisamment mobilisé son électorat pour conserver la Corse, une des deux seules régions de métropole (hors outre-mer) qu’elle détenait jusqu’alors avec l’Alsace.
Le Front national (extrême droite), qui était parvenu à se maintenir dans 12 régions, atteint les 8,7% au niveau national selon OpinionWay, avec une poussée à 22% dans le nord très marqué par la crise et jusqu’à 24% dans son bastion de Provence (sud) où se présentait son vieux leader Jean-Marie Le Pen.
Après la claque de dimanche dernier, la droite avait battu le rappel de ses troupes, espérant endiguer la déferlante rose-verte (socialiste et écologistes), tandis que des voix s’élevaient dans la majorité pour appeler Nicolas Sarkozy à réagir.
Remaniement ministériel
Avant le premier tour, le président français avait affirmé que le scrutin régional n’aurait pas de conséquences nationales. Mais depuis quelques jours, la presse spécule sur un prochain remaniement ministériel et sur son ampleur.
"Quel que soit le cas de figure, il n’y aura pas de grand remaniement. Ce sera un remaniement modeste, technique, parce que de petits ajustements méritent d’être faits", a prévenu dès samedi Claude Guéant, le principal collaborateur de Nicolas Sarkozy.
Défaite de la droite
Peu après l’annonce des premiers résultats, le secrétaire général de l’UMP Xavier Bertrand a reconnu la défaite: "Objectivement, ce soir, la gauche a remporté les élections régionales. Il faut le reconnaître". "C’est évidemment pour nous une réelle défaite", a dit le chef des députés UMP, Jean-François Copé.
De son côté, le maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë appelait le gouvernement à "corriger sa politique". "Pour la majorité, c’est une opinion extrêmement négative qui est exprimée de façon très large", a-t-il souligné.
Ces élections régionales se tiennent à mi-parcours du mandat de Nicolas Sarkozy, en chute libre dans les sondages ces derniers mois. En offrant une nette victoire à la gauche, elles relancent les socialistes et leur dirigeante Martine Aubry, qui devient dès ce dimanche présidentiable à gauche.
Royale satisfaite
Autre figure du PS, la candidate malheureuse contre Nicolas Sarkozy en 2007 Ségolène Royale a confirmé son assise régionale avec un score (plus de 60%) lui permettant d’espérer peser au niveau national.
Les Français élisent leurs assemblées régionales selon un mode de scrutin compliqué. Il s’agit d’un scrutin de listes à la proportionnelle, offrant une prime en sièges au vainqueur et permettant des fusions de listes entre les deux tours.