«L’effet Fukushima» s’est réduit et le franc fort inquiète, à dix semaines des élections fédérales. C’est l’un des constats du baromètre électoral de la Société suisse de radiodiffusion et télévision (SSR), paru hier. Selon ce sondage, mené par l’institut GFS auprès de quelque 2000 Suisses entre le 25 juillet et le 6 août, l’environnement est considéré comme «le thème le plus urgent que doit résoudre la politique suisse» par 16% des sondés (contre 28% en avril). La crise monétaire est passée de 2 à 7% dans le même laps de temps. Les migrations sont devenues le premier thème, caracolant à 26% (contre 19% en avril).
En termes d’intentions de vote, l’Union démocratique du centre (UDC) reste la première force politique avec 27,4%. Le Parti socialiste (PS) stagne à 18,5%, et les libéraux-radicaux (PLR), à 16,1%. Peu de changements par rapport au printemps, mais ces trois partis accusent une baisse depuis les élections de 2007 (entre 0,5% et 1,6%). Le Parti démocrate-chrétien (PDC), en revanche, progresse légèrement (+ 0,5%) à 15%, tout comme les Verts (+ 0,5%) à 10,1%. Les Vert’libéraux connaissent la plus forte progression en quatre ans: ils récoltent 4,6% d’intentions de vote, alors qu’ils réunissaient 1,4% des suffrages en 2007. Le Parti bourgeois-démocratique (PBD) est crédité de 2,9% (il n’existait pas en 2007).
Le PDC se réjouissait hier de ces chiffres, et lie sa progression à la hausse des préoccupations liées à la crise. Dans ce contexte, «les Suisses se rendent compte que nos finances sont saines en comparaison des autres pays, et la politique qui a permis cela est celle des partis du centre», dit Christophe Darbellay, président du PDC.
La chute des inquiétudes liées à l’environnement (depuis l’accident de Fukushima en mars) n’entame pas pour autant la progression des Verts, qui dépassent la barre psychologique des 10%. «Notre progression n’est pas liée à un thème en particulier, c’est notre analyse globale de la situation qui convainc des citoyens, pense Ueli Leuenberger, président des Verts. Les thèmes sont un peu aléatoires du fil du temps. Par exemple, la radioactivité n’a jamais été aussi forte qu’en ce moment au Japon, mais cela ne fait plus que quatre lignes dans les journaux.» Pour le conseiller national Roger Nordmann (PS/VD), «la question nucléaire reste un mouvement de fond et il demeure inchangé, même si l’intérêt des citoyens saute d’un sujet à l’autre.»
Le thème des migrations reste la première préoccupation de l’électorat (43% des sondés le citent). Preuve pour Yvan Perrin, vice-président de l’UDC, que son parti «a bien fait d’en rester aux préoccupations de fond des Suisses. Un gros problème à 10?000 kilomètres concerne moins qu’un problème sur le pas de sa porte.»
Les problèmes prioritaires