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Le conducteur du Glacier Express a accéléré trop tôt

Par ATS le 30.07.2010 à 19:28

L’accident du Glacier Express est dû à une erreur humaine: le déraillement de trois wagons a été provoqué par une accélération trop précoce et une vitesse trop élevée dans un virage limité à 35 km/h.

Le conducteur de la locomotive aurait dû attendre que le dernier wagon franchisse le panneau indiquant 55 km/h avant d’accélérer. Or il l’a fait alors que la locomotive se trouvait à une trentaine de mètres du panneau, a déclaré ce vendredi lors d’une conférence de presse à Brigue l’expert fédéral Walter Kobelt.

Le convoi filait à une vitesse de 56 km/h avant que le dernier wagon n’atteigne le panneau indicateur. La force centrifuge était tellement importante que le dernier wagon est sorti des rails deux pylônes avant le panneau, entraînant dans son mouvement les deux wagons le précédant.

Le conducteur n’a pas expliqué le pourquoi de sa manoeuvre. Ni l’expert ni les dirigeants de la compagnie Matterhorn Gotthard Bahn (MGB) ne s’expliquent ce qui s’est passé. Le MGB continue à apporter à son employé, qui travaille depuis plus de huit ans pour le MGB, tout son soutien, malgré la gravité de sa faute, a déclaré son directeur Hans-Rudolf Mooser.

La compagnie emploie 98 mécaniciens de locomotives. Leur formation correspond aux exigences élevées appliquées en Suisse, a précisé M. Mooser. Et il est clair pour chacun que la vitesse maximale autorisée ne peut être dépassée sous aucun prétexte. «Nous appliquons la tolérance zéro pour critère.»

Tout a été examiné
L’expert et son équipe ont aussi ausculté les wagons impliqués dans leurs moindres détails. Aucune défectuosité n’a été constatée, a dit M. Kobelt, ni dans la carrosserie ni dans la partie roulante, essieux ou suspensions.

La géométrie des rails a été mesurée et contrôlée aussi par un organe externe. Aucune anomalie n’a pu être constatée. La météo et la géologie de l’endroit le jour de l’accident et les jours précédents n’ont montré aucune particularité susceptible d’expliquer le déraillement.

La vitesse enregistrée par la boîte noire a été comparée à la vitesse indiquée par la locomotive et à la vitesse réelle lors de différents tests avec la motrice impliquée. La différence est de 1 km/h, a précisé l’expert.

Les données de la boîte noire confirment que le train est entré dans le virage à 35 km/h comme l’imposent les limitations de vitesse. Au moment du freinage d’urgence dû au déraillement il circulait à 56 km/h.

Le rapport de l’expert sera transmis au juge instructeur chargé de l’enquête pénale. Celle-ci durera encore plusieurs semaines, a précisé la police cantonale.

Condoléances du gouvernement
Le vice-président du gouvernement valaisan Jacques Melly a présenté la sollicitude et la compassion de l’exécutif cantonal aux victimes de l’accident et à leurs familles. Le vice-consul du Japon à Genève était présent à la conférence de presse, donnée en français, allemand et anglais devant de nombreux journalistes japonais.

L’accident a fait un mort, une ressortissante japonaise de 64 ans, et 40 blessés dont 38 ont été hospitalisés, neuf dans un état grave. Parmi tous les blessés il y avait 28 Japonais, cinq Suisses, quatre Espagnols, deux Autrichien et un Indien.

Actuellement huit personnes, toutes de nationalité japonaise, sont encore dans les hôpitaux de Viège, Sion, Lausanne, Genève et Berne. Trois pourront rentrer au Japon dans les prochains jours. L’état de santé des blessés les plus gravement touchés est stable. Leur vie n’est plus en danger.

Le MGB fête cette année ses 80 ans. Cet accident est le plus grave de son histoire.

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