"L'Italie doit adresser ses critiques à la Libye et non à la Suisse" a indiqué mardi Mme Markwalder sur les ondes de la radio alémanique DRS. "Cela ne se fait pas qu'un état voisin se comporte ainsi", a-t-elle ajouté.
La Suisse a agi selon elle conformément aux règles de Schengen. Dès que Max Göldi pourra quitter la Libye, la Suisse sera "prête à discuter" d'une levée de l'interdiction des visas d'entrée à l'espace Schengen.
La Commission de politique extérieure du parlement italien visitera mercredi la Suisse. La conseillère nationale bernoise saisira cette occasion pour réaffirmer sa critique des déclarations de Frattini.
L'Italie a haussé le ton lundi face à la Suisse dans la crise des visas liée à l'affaire Kadhafi. Si aucun accord n'est trouvé entre Berne et Tripoli d'ici le 5 avril, Rome présentera une proposition visant à permettre à la Libye de passer outre l'opposition helvétique à l'octroi de visas Schengen.
L'immigration clandestine, un enjeu
Selon M. Frattini, la proposition italienne sera soutenue par des pays comme l'Espagne, le Portugal et Malte, lors de la rencontre des ministres européens des Affaires étrangères prévue le 22 mars.
Christa Markwalder (BE/PLR) a également indiqué qu'il n'y avait jusqu'à présent aucun indice que d'autres pays appuient l'attaque italienne. "Mais il est clair que les pays méditerranéens n'ont aucun intérêts, à laisser des immigrants illégaux passer leurs frontières", a-t-elle souligné.
Rome applique depuis mai 2009 un "accord d'amitié" signé en août 2008 avec la Libye, qui lui permet de rapatrier immédiatement les immigrants illégaux, recueillis en mer par des patrouilles, sans passage par un centre d'accueil en Italie. Depuis les flux migratoires se sont taris.
L'UE craint qu'en raison de la crise diplomatique avec la Suisse, la Libye laisse à nouveau passer des migrants de l'Afrique subsaharienne vers l'Europe.
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